Violentes émeutes après une collision : le policier qui a renversé un jeune motard est un élu municipal du Rassemblement national
Le policier impliqué dans la collision avec un motard le 19 septembre à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) est un élu municipal du Rassemblement national dans la Vienne.
La collision avait déclenché de violents affrontements entre des jeunes du quartier et les forces de l’ordre. Quatre jours après qu’un policier a renversé un jeune motard, le 19 septembre, à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), de nouvelles informations ont émergé quant à l’identité de l’agent au volant du véhicule.
D’après nos confrères d’ICI Touraine, qui citent la déléguée départementale du parti à la flamme, Hager Jacquemin, le policier impliqué serait un élu municipal d’opposition du Rassemblement national (RN) à Coussay-les-Bois (Vienne).
L’homme de 36 ans, qui est aujourd’hui en arrêt maladie, exerce au commissariat de Tours depuis quelques années mais a toujours des attaches dans la Vienne, fait savoir La Nouvelle République. Lors des dernières élections municipales, il s’est ainsi présenté dans son village de Coussay-les-Bois pour le parti de Jordan Bardella.
Versions différentes
Les violences entre les forces de l’ordre et plusieurs dizaines de jeunes avaient éclaté samedi soir en début de soirée et s’étaient poursuivies jusqu’à quatre heures du matin. À l’origine de ces heurts, la collision entre une voiture de police et une moto lors d’une intervention pour mettre fin à un rodéo urbain. Le jeune homme d’une vingtaine d’années au guidon de la moto est grièvement blessé à une jambe et est transporté à l’hôpital avec un pronostic vital non engagé.
Le policier au volant a d’abord été placé en garde à vue, puis libéré dans la soirée de dimanche et placé sous le statut de témoin assisté. Si des témoins ayant assisté à la scène parlent d’un acte délibéré, la police fait quant à elle mention d’un défaut de frein.
Dans la foulée, la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita- Minard, a ouvert trois enquêtes distinctes : une pour blessures routières avec ITT de moins de trois mois, une pour rodéo urbain et refus d’obtempérer ainsi qu’une enquête pour participation avec arme à un attroupement avec visage dissimulé.
Une actualité marquée par le scandale de Carcassonne
Maître Abed Bendjador, avocat du jeune motard, avait réagi à l’engagement politique du policier auprès de nos confrères : "Je lutte tous les jours pour que l’appartenance ethnique ne fasse pas preuve de culpabilité, je ne serais pas avocat si je ne pouvais pas en faire de même quand il s’agit de politique", a-t-il indiqué à la radio publique.
Dans une précédente déclaration auprès de France 3 Région, il avait fait part de l’incompréhension de son client face à cette collision : "À ce moment-là, il était en train de ralentir. Mon client dit qu’il n’essayait pas de fuir […] Mon client a envisagé de se garer, de se stationner. À voir si c’est corroboré par les témoignages et d’éventuelles vidéosurveillances."
Après avoir admis que "l’actualité en cours", marquée par l’affaire des policiers de Carcassonne, pouvait "faire pression sur l’instruction", l’avocat a rappelé que "la présomption d’innocence fonctionne pour tout le monde".