Violences policières à Carcassonne : "Il n’est pas excité ni énervé, ni armé"… le frère de la victime brise le silence et demande une sanction contre le policier
Quelques jours après le décès de Youssef, 29 ans, son frère Hamza revient sur l’épisode violent qu’il a vécu lors de la Fête de la musique à Carcassonne. Et si aucun lien n’a été établi entre le moment où il a été jeté au sol par un policier et son décès, ses proches réclament toutefois des sanctions pour que ces violences policières cessent une bonne fois pour toute. Mais l’enquête IGPN n’a pas encore donné ses conclusions.
Après la mise en cause récente de la police municipale de Carcassonne, c’est un agent de la police nationale dont le comportement a été pointé du doigt, en fin de semaine dernière. Vendredi 11 septembre, une vidéo filmée lors de la Fête de la musique, en juin dernier, montre en effet un policier jeter violemment au sol un homme, Youssef, alors même que celui-ci ne semblait pas présenter de danger immédiat.
S’il est décédé quelques semaines après cet incident d’un arrêt cardiaque, sans qu’aucun lien entre cette scène et son décès n’ait pu être établi, son frère Hamza a décidé de prendre la parole dans La Dépêche pour exprimer son désarroi. Découvrir ces images est "extrêmement choquant pour notre famille", indique-t-il. "Lors d’un repas de famille, il nous avait dit qu’il avait été bousculé par un policier. Mais il ne voulait pas nous inquiéter. Il a minimisé", poursuit-il.
Sur les images "mon frère ne représente pas de menace", estime Hamza. "Il n’est pas excité ni énervé, ni armé. Les syndicats de police disent que mon frère a été violent avant la séquence filmée. Or mon frère n’était pas un violent, il fait 50 kg, il était alcoolisé ce jour-là", ajoute le frère du défunt.
Il explique en outre à nos confrères que son frère a demandé s’il pouvait "récupérer son téléphone portable qui est branché à l’enceinte". La policière lui aurait répondu par l’affirmative, selon Hamza, mais lorsqu’il s’est avancé, un "policier s’est dirigé vers lui pour le plaquer violemment au sol, sans raison". "J’ai déposé une plainte au commissariat de Carcassonne", confie-t-il.
Enfin, Hamza souhaite aussi en prenant la parole laver l’honneur de son frère, qui n’était "ni toxicomane, ni SDF". "ll était domicilié chez ma sœur, à Carcassonne, mais il vivait un peu en marge tout en gardant le contact avec nous. Il est décédé lors d’une partie de pêche, dans un camping", indique-t-il. Aujourd’hui, il attend uniquement que le "policier national mis en cause soit sanctionné pour ces violences".