Violences en marge du 17 octobre : Lecornu et Mélenchon s’écharpent sur les responsabilités du chaos
Réponse immédiate du candidat de la gauche radicale, qui a fait de la jeunesse l’un des piliers centraux de sa stratégie électorale et compte sur la mobilisation lycéenne pour gagner des points à six mois de la présidentielle.
Il a accusé le gouvernement d’avoir « joué avec le feu, en comptant sur le pourrissement » de la situation. « Vous n’êtes pas un homme d’État. Juste un commis qui est en train de provoquer une crise de régime ».
Plus tôt dans l’après-midi, alors que les affrontements, les dégradations et les pillages se multipliaient dans plusieurs villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nice, Limoges…), le Premier ministre avait dénoncé « une violence d’une extrême intensité » contre les forces de l’ordre. Et visé directement LFI, accusée de vouloir faire de ces débordements « un tour de chauffe » avant la présidentielle.
« Nous ne nous laisserons pas intimider », « personne n’imposera son agenda politique par la violence », avait-il martelé.
Répondant aux accusations le visant, Jean-Luc Mélenchon, qui a participé à la manifestation à Paris, a remis en cause la stratégie de maintien de l’ordre des autorités.
« Fascisme rouge »
Avant de lancer un appel au calme : « ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage », a-t-il assuré.
« Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes », a ajouté le candidat insoumis à la présidentielle.
Le mouvement de gauche radicale a également fait l’objet d’accusations de l’extrême droite.
« Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence (…) cherchent à précipiter le pays dans le chaos », a assuré Marine Le Pen, la candidate du RN à la présidentielle.
Le président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella, a, lui aussi, fustigé « les professionnels du chaos » et Éric Ciotti, allié du Rassemblement national, a dénoncé « le fascisme rouge » dans la rue aujourd’hui.
Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul responsable de gauche à remettre en cause la réponse des autorités au cours de cette journée de mobilisation.
La patronne des Écologistes Marine Tondelier, elle aussi présente dans le cortège parisien, a appelé le gouvernement à « revoir » sa doctrine qui, à ses yeux, met en danger « manifestants et policiers ».
« La doctrine de maintien de l’ordre doit être profondément modifiée ! C’est la désescalade qui doit être recherchée, pas la confrontation qui favorise le jeu du chat et de la souris avec des casseurs qui s’en servent pour justifier leurs actes », a commenté le patron du PS, Olivier Faure.
En retour, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fustigé « les paroles ambigües » de certains responsables politiques. Il a notamment reproché à Marine Tondelier de critiquer le dispositif sans « avoir un mot pour condamner les casseurs ».