Violences du 17 octobre : Gérald Darmanin annonce 67 personnes incarcérées et plus de 2 500 gardes à vue, celles-ci passeront de 48 à 72 heures

Le ministre de la Justice a annoncé 2 513 gardes à vue et 67 incarcérations à la suite des violences du week-end. Il a ordonné aux parquets de requalifier ces actes en criminalité organisée, permettant des gardes à vue prolongées et l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les suspects.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé ce lundi 19 octobre 2 513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées depuis les violences qui ont émaillé les manifestations ce week-end.

Lors d’une interview sur TF1, le garde des Sceaux a également indiqué avoir envoyé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée", qui permettra de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures et "faire des géolocalisations des écoutes téléphoniques qui vont nous permettre de savoir […] où ils étaient au moment où on a pillé des magasins, attaqué des mairies".

Gérald Darmanin a également annoncé le recours à la reconnaissance faciale, de manière à comparer le fichier policier du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ), dans lequel "il y a des millions de personnes", avec les images de violences diffusées sur les réseaux sociaux, afin de "regarder si on n’a pas les mêmes images".

À propos de l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, survenu samedi, "le parquet national anti-terroriste s’est placé en position d’observateur et va savoir, dans les prochaines heures, s’il se saisit" a encore assuré Gérald Darmanin.

"S’il se saisit, cela veut dire que c’est un acte terroriste, c’est-à-dire que des personnes, notamment d’ultragauche, auraient organisé de façon évidente cette destruction de l’hôtel de ville", a-t-il poursuivi.

"Impitoyables avec les casseurs"

Après plusieurs semaines de relative discrétion médiatique, le garde des Sceaux se montre à l’offensive depuis les violences du week-end : il a rappelé lundi soir avoir demandé aux procureurs "d’être impitoyables avec les casseurs", assurant que "le peuple français veut de l’extrême fermeté".

"J’ai demandé aux procureurs généraux, et notamment à la procureure générale de Paris, de faire appel systématiquement pour toutes les peines qui ne seraient pas à la hauteur de ce que nous avons vécu", a-t-il ajouté, alors que des comparutions immédiates ont déjà eu lieu lundi dans de nombreux tribunaux correctionnels.

À Paris, Bobigny ou Toulouse, lors d’audiences auxquelles les journalistes de l’AFP ont assisté, plusieurs peines d’emprisonnement fermes ont été prononcées, parfois d’un quantum supérieur à celui réclamé par le procureur.

Dans la capitale, un jeune homme qui avait été interpellé samedi midi place de la République a néanmoins bénéficié d’une relaxe.