midmed-news.com
  • 2026-07-19 16:34:13 +0000 UTC

    Jul 19, 2026

    Violences, discriminations... Ce qu'il faut retenir du rapport d'une association sur le consentement en gynécologie

    L'association StopVOG a recueilli plus de 10 000 témoignages sur les parcours des patientes lors de suivi gynécologique ou de grossesse à travers tout le territoire. Elle a publié vendredi le résultat intégral de cette enquête.

    France Télévisions

    Publié le 19/07/2026 18:34

    Temps de lecture : 4min

    Une patiente lors d'un examen de suivi de grossesse, le 16 mai 2022 à Valence (Drôme). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)
    Une patiente lors d'un examen de suivi de grossesse, le 16 mai 2022 à Valence (Drôme). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

    Le consentement ne va toujours pas de soi dans les cabinets de gynécologie, selon une enquête mise en ligne, vendredi 17 juillet, par StopVOG. L'association, engagée dans la lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques, a recueilli les témoignages de 10 152 personnes, à 98% des femmes, "réparties sur tout le territoire", sur la base du volontariat, à travers un questionnaire en ligne disponible du 30 juillet au 31 décembre 2025.

    Ce rapport de 240 pages ne "prétend pas être représentatif de l'ensemble des consultations gynécologiques réalisées en France", même s'il a été mené avec l'appui de chercheurs. Il met en lumière l'ampleur de ces violences médicales et le désir des patientes d'être davantage respectées. Franceinfo vous résume les chiffres clés de cette première enquête nationale sur le sujet.

    Un consentement rarement respecté pleinement

    Parmi les répondants, plus de huit sur 10 rapportent au moins une atteinte à leur consentement lors d'un examen gynécologique, par exemple lorsqu'un médecin n'a pas demandé leur accord avant de réaliser un examen des zones intimes ou un frottis. StopVOG pointe aussi le fait que plus de 84% des sondées disent "ne pas avoir toujours reçu une information suffisante" sur l’intérêt de chaque examen et son déroulé, ce qui constitue selon l'association "un obstacle majeur à un consentement éclairé".

    La moitié des répondantes signalent des atteintes graves au consentement, "pouvant s'apparenter à des violences sexuelles", selon StopVOG, comme un examen réalisé sans prévenir la patiente ou malgré son refus, un examen accepté sous pression ou par sentiment d'obligation ou un examen douloureux. "Le médecin a inséré ses doigts dans mon vagin sans me prévenir au préalable de son geste. Je l'ai vécu comme un viol. Il a été très brutal et j'ai eu très mal", rapporte une patiente.

    Une répondante sur deux dit avoir déjà subi un examen "trop douloureux pour elle, mais qui a été poursuivi malgré la douleur ou la demande d'arrêter. "Les actes les plus fréquemment cités sont la pose du spéculum (20%), le toucher vaginal (15%), le frottis (14%), la pose de stérilet (13%) et l’échographie endovaginale (12%)", détaille le rapport. L'enquête relève en outre des "gestes déplacés sur les parties intimes" pour près de 10% des sondées.

    "La présence d'un tiers dans le cadre d'un soin gynécologique reste encore trop souvent banalisée, alors qu'elle doit faire l'objet d'un accord explicite et préalable de la patiente", souligne par ailleurs l'étude. Celle-ci fait état de nombreux témoignages de patientes ayant mal vécu la présence d'étudiants en médecine, imposée sans leur consentement.

    Près d'une personne sur deux victime de violences

    Au total, 45% des interrogées disent avoir été victimes de violences lors d'une consultation. Près de 30% font état de violences gynécologiques, c'est-à-dire au cours du suivi (classique et en cas de recours à l'avortement), et un quart rapporte des violences obstétricales, survenues lors du suivi d'une maternité (grossesse, accouchement, séjour à la maternité). Les auteurs de ces violences, selon le rapport, sont à 40% les gynécologues, à 15% d'autres médecins (radiologues, anesthésistes, échographistes, médecins généralistes) et à 13% les sages-femmes.

    "Lors de mon premier examen, je me suis sentie très mal, le médecin ne m'a pas demandé mon consentement avant d'insérer un outil et a minimisé mon mal-être en plaisantant, alors que j'étais mineure et n'avais jamais eu de pénétration auparavant", raconte une des répondantes.

    Par ailleurs, l'enquête révèle une information parcellaire lors des consultations sur les différentes méthodes de contraception, et des pratiques ne respectant pas les bonnes pratiques médicales, comme un examen vaginal ou i,e échographie endovaginale avant tout rapport sexuel avec pénétration vaginale (18% des répondantes), un examen vaginal avant 17 ans (35%), un frottis avant 25 ans (67%) ou un toucher vaginal sans port de gants (4%). L'association StopVOG rappelle que le frottis, qui permet de prélever des cellules superficielles du col de l'utérus pour dépister un cancer, n'est recommandé par la Haute Autorité de santé qu'après 25 ans.

    L'enquête a également mis en lumière de nombreux cas de violences subies par des enfants jeunes lors de consultations médicales. "La demande de consentement est souvent effectuée uniquement par l'intermédiaire des titulaires de l'autorité parentale, sans information ni assentiment de l'enfant", note StopVOG, rapportant de témoignages faisant état de traumatismes liés à des touchers rectaux effectués sur de jeunes enfants.

    De nombreux cas de discriminations

    Près de 40% des répondants disent avoir subi des discriminations dans leur parcours de soins, poursuit l'association. Elle énumère les différents cas enregistrés : "sexisme, grossophobie, racisme, discriminations liées à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre, au handicap, aux choix reproductifs".

    Un impact sur la santé mentale et le suivi médical

    Globalement, le rapport témoigne d'un ressenti négatif largement partagé concernant le suivi gynécologique ou obstétrical. Plus de sept personnes sur dix déclarent "s'être déjà senties mal physiquement et/ou psychologiquement en sortant d'une consultation gynécologique, sans que cela soit lié à une inquiétude pour leur santé".

    Pour une personne sur deux, cela a eu un impact sur le suivi médical, parfois jusqu'à entraîner un arrêt de tout suivi gynécologique. L'association pointe aussi les risques de troubles psychiques (perte de confiance, anxiété, troubles du sommeil, sexualité dégradée...). Quant aux violences subies lors d'un suivi de maternité, elles sont corrélées à une hausse du risque de dépression post-partum, selon l'enquête.

    C'est pourquoi l'association préconise de renforcer la prévention et l'information sur les droits et le consentement, et d'intégrer les violences obstétricales et gynécologiques à la formation des soignants. StopVOG émet d'autres recommandations, qu'elle souhaite voir adoptées dans le cadre de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui doit être examinée à la rentrée par le Parlement.

    À regarder

    • Anne-Sophie Pic (cheffe étoilée) : "On a l'impression qu'on invente des choses, mais tout a été dit"

      • 2 min

    • Affaire Jubillar : le mystère s’éclaircit

      • 3 min

    • Pompiers, dans le cœur des Français

      • 3 min

    • Pourquoi les moustiques s'acharnent sur vous ?

      • 3 min

    • Séismes au Venezuela : un chat sorti des décombres près d'un mois après la catastrophe

      • 2 min

    • Des inondations impressionnantes quelques heures avant la finale du Mondial à New York

      • 2 min

    • Didier Deschamps va devenir "un supporter silencieux" de l'équipe de France

      • 2 min

    • Nabil Attar, un chef syrien réfugié à Orléans

      • 3 min

    • Guerre au Moyen-Orient : reprise des frappes après la mort de deux soldats américains

      • 1 min

    • Monaco : les images choc de l'explosion

      • 2 min

    • Les conseils de l'IA pour changer son pneu de vélo

      • 2 min

    • Guerre un Ukraine : plus de 300 drones lancés vers Moscou

      • 2 min

    • Que valent les T-shirts anti-UV ?

      • 3 min

    • Sous la plage, de drôles de bactéries ?

      • 2 min

    • Un glissement de terrain meurtrier en Chine

      • 1 min

    • Isère : un mort dans un bâtiment foudroyé

      • 2 min

    • Attaque à Monaco : les images choc de l'explosion

      • 2 min

    • Comment la Seine climatise le Louvre et l'Assemblée nationale ?

      • 3 min

    • "Cette photo est complètement folle" : Lionel Messi-Lamine Yamal, un cliché iconique

      • 2 min

    • "La plus belle chose qui me soit arrivée" : la dernière conférence de presse de Didier Deschamps

      • 2 min

    • Il y a 50 ans, un casse magistral sans arme, ni haine ni violence

      • 3 min

    • FORT BOYARD : les travaux titanesques pour le remettre en état

      • 2 min

    • Des plongeurs de la gendarmerie pour résoudre des cold cases

      • 3 min

    • Espagne : des incendies hors de contrôle

      • 2 min

    • De nouveaux emojis dans nos conversations

      • 2 min

    • Grêle, tornade : la France balayée par les orages

      • 3 min

    • Les goémoniers bretons menacés par le réchauffement de l'océan

      • 3 min

    • Matricule RIO des policiers : obligatoire et pourtant peu visible

      • 3 min

    • Gaza aussi célèbre cette Coupe du monde

      • 2 min

    • "Méfiez-vous des sondages" : Emmanuel Macron, interrogé sur une potentielle victoire du RN en 2027

      • 2 min

    2026-07-19 16:34:13 +0000 UTC