La fabrique du monde - VIH-Sida, des progrès à portée de main à condition de les financer
La Conférence internationale s'est ouverte lundi 27 juillet à Rio de Janeiro au Brésil. L’Onusida, l’organisme onusien de lutte contre le Sida en profité pour faire le point sur la lutte contre la maladie : si jamais la science n'a fait de telles avancées, mailgré, la lutte contre le virus est menacée par la chute des financements.
La difficulté principale concerne le financement de la lutte. Et notamment la baisse de l’aide en provenance des États-Unis depuis l’an dernier, l’élection de Donald Trump et la suppression de l’USAID, le principal organisme américain d’aide publique au développement. Désormais, l’aide américaine qui existe toujours, est négociée directement avec les pays concernés mais sur une base transactionnelle, c'est-à-dire de la main à la main, donnant-donnant. Cette baisse de l’aide américaine s’accompagne également de la baisse de l’aide publique dans plusieurs pays européens comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. La baisse en ce qui les concerne est même de plus de 50% depuis 2011. Le résultat, c’est que malgré les décisions américaines, les États-Unis ont augmenté leur part dans l’aide publique mondiale. Ils sont à l'origine des trois-quarts des financements.
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Changement radical en Afrique
L’Onusida appelle les pays notamment africains à se réorganiser. Parce qu’on ne met pas en place de bonnes politiques de prévention et de santé autrement que sur des réalités. Et la réalité elle est double : l’aide publique mondiale a baissé de près de 20% rien que l’an dernier et bien que le nombre d’infections et de décès baissent au niveau mondial, ils augmentent dans une vingtaine de pays à faibles revenus et notamment en Afrique subsaharienne. C’est là que se trouvent plus de 60% des personnes infectées et c’est là que les nouvelles infections se trouvent dans les mêmes proportions. C’est pour cela que la semaine dernière, la directrice exécutive de l’Onusida, l’Ougandaise Winnie Byanyima, appelait à un changement radical en Afrique. Elle préconise aux gouvernements des pays africains de revoir leurs priorités et l’organisation de leurs systèmes de santé. Ajoutons au passage que l’Onusida s’inquiète de la mise en place de législations qui visent des personnes à risque et notamment les personnes LGBT+ dans plusieurs pays africains comme le Ghana ou le Sénégal. La patronne de l’Onusida appelle notamment les pays du continent à davantage d’intégration régionale et à développer une production locale de médicaments.
Limiter la propagation
Parce qu’il y a vraiment des progrès dans les traitements. Paradoxalement, malgré les difficultés financières, l’Onusida estime qu’il est possible d’atteindre l’objectif de mettre fin au Sida comme menace de santé publique d’ici à 2030, autrement dit demain. Cela ne veut pas dire éliminer la maladie, il n’existe pas encore de traitement curatif ou de vaccin pour cela. Mais cela signifie limiter la propagation. Pour cela, il y a des médicaments, les antirétroviraux, qui progressent. La PReP, un traitement de pré-exposition qui protège notamment les femmes enceintes et allaitantes. La semaine dernière, le groupe pharmaceutique américain Merck a annoncé avoir conclu des accords pour permettre à quelques fabricants en Afrique et en Inde de vendre des versions génériques de son comprimé préventif à prise mensuelle. Le graal, ce serait de rendre plus largement accessible le lenacapavir, un traitement antirétroviral à injecter deux fois par an seulement. Mais pour cela, il faudrait convaincre son fabricant, le laboratoire pharmaceutique américain Gilead, qui travaille pour ses actionnaires. Cela signifie que des progrès importants sont à portée de main, mais qu’il faut le vouloir.
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