Van Aert qui avoue un nouvel objectif, un record de Pogacar qui tombe et Mas qui grappille : voici ce qu'il faut retenir de la 12e étape de la Vuelta

Le pouvoir des plus hauts sommets est qu'ils ouvrent, souvent, de nouveaux horizons. Perché à plus de 2100 mètres d'altitude, le Calar Alto a offert, jeudi, une nouvelle perspective sur le peloton de cette Vuelta au bout d'une 12e étape riche en enseignements.

Les pois et le vert : van Aert avoue un nouvel objectif

La statistique traduit le flair d'un authentique coursier. Sur les 39 courses sur lesquelles Wout van Aert a intégré la principale échappée du jour, celle-ci a été au bout à 20 reprises. Un taux de réussite de plus de 50 % que le coureur de chez Visma | Lease a Bike a mis à profit pour viser, cette fois, autre chose que la victoire d'étape.

Membre du groupe d'une trentaine d'hommes qui s'est dégagé à un peu plus de 100 kilomètres de l'arrivée, l'Anversois a fait le plein de points pour un maillot vert (20 pts) plus que jamais solidement accroché sur ses épaules. Mais aussi pour un classement de la montagne (11 pts) dont WVA ne cache plus faire un objectif ! Deuxième d'un ranking qu'emmène Buitrago pour 22 unités de mieux, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix aimerait refaire le coup de 2024 lorsqu'il occupait la tête de ces deux classements annexes… avant de devoir abandonner la Vuelta sur chute.

"C'est très probablement la dernière semaine qui sera décisive pour ce classement de meilleur grimpeur, mais oui j'y pense, analysait van Aert. J'ai d'autres objectifs avant cela sur lesquels je me concentre d'abord, mais je n'avais pas envie de laisser filer des points gratuitement ce jeudi. On saura plus tard si cette ambition est réaliste. J'ai en tout cas envie de tenter le coup si c'est jouable. Entre ces unités glanées et la bonne opération pour le maillot vert, le bilan de ma journée est plutôt satisfaisant (sourire)…"

Omrzel fait mieux que Pogacar

Si son nom n'est pas encore familier aux oreilles du grand public, Jakob Omrzel n'est pas un inconnu pour les suiveurs assidus. Plus jeune coureur de cette Vuelta (20 ans depuis mars), le coureur de chez Bahrain-Victorious a déposé sa carte de visite en levant les bras jeudi en haut du sommet andalou. L'ancien vainqueur du Giro Next Gen (2025) a, du même coup, fait mieux que son compatriote Tadej Pogacar en 2019 puisqu'il est devenu le 2e vainqueur d'étape le plus jeune de l'histoire de la Vuelta.

Un destin plein de promesses qui a failli basculer en septembre 2024. Favori du Giro della Lunigiana, une course pour juniors réputée et remportée cette année-là par un certain Paul Seixas, le Slovène avait été victime d'une terrible chute après avoir percuté un signaleur. Un accident qui avait provoqué un arrêt cardiaque. Si son pronostic vital avait été un temps engagé, l'intervention rapide des secours avait sauvé un talent déterminé à profiter de chaque instant.

"Cette victoire d'étape sur mon premier grand tour ne me surprend pas véritablement, souriait jeudi Omrzel, désormais 6e du général. Je sais à quel point j'ai travaillé dur. La question était plutôt de savoir quand elle allait tomber."

"Pour Enric, c'est sans doute l'année ou jamais…" Directeur sportif du maillot rouge Mas, l'ancien champion de Belgique Jurgen Roelandts a apprécié le coup de force du leader de la Movistar sur les pentes de la montée finale.

En attaquant à un peu plus de dix kilomètres de l'arrivée, le Majorquin a piégé ses rivaux Roglic ou Gall. "Reprendre 27 nouvelles secondes à mes plus proches poursuivants au classement général, c'est évidemment une super opération, souriait l'Espagnol. J'ai choisi de passer à l'offensive d'assez loin et j'avoue que les derniers kilomètres m'ont paru long (rires)… Je connaissais bien cette montée pour y être venu en stage. On y avait beaucoup souffert. Cette fois, le lieu a une autre saveur."

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