"Une violence meurtrière et inacceptable" : deux Casques bleus de l’ONU assassinés dans une embuscade
Ce lundi 24 août, dans le Jonglei, un État du centre du Soudan du Sud, deux Casques bleus de nationalité éthiopienne ont été tués par des "individus non identifiés". Depuis plusieurs mois, les combats ont repris entre les forces gouvernementales fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir et des milices d’opposition loyales à son rival Riek Machar, vice-président déchu placé en résidence surveillée.
Deux Casques bleus de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) ont été tués ce lundi dans une "embuscade" tendue par des "individus non identifiés" à une patrouille dans le Jonglei, un État du centre du pays, a annoncé la Minuss, sans préciser la nationalité des victimes.
Dans un communiqué reçu à Nairobi, la Minuss "condamne fermement l’embuscade tendue aujourd’hui, par des individus armés non identifiés, à une de ses patrouilles se déplaçant vers Pajut dans l’État du Jonglei". "Deux Casques bleus ont été tués […] et plusieurs personnes blessées, dont trois Casques bleus, deux membres de la police du Soudan du Sud et deux employés civils" de l’ONU, ajoute la Minuss, rappelant que les attaques contre les Casques bleus sont susceptibles de constituer des crimes de guerre."Une telle violence meurtrière visant le personnel de la Minuss, qui sert pour favoriser la paix au Soudan du Sud, est inacceptable", s’insurge Anita Kiki Gbeho, cheffe de la Minuss dans le communiqué.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a "condamné fermement" l’attaque. "Les deux Casques bleus tués étaient de nationalité éthiopienne", a précisé Stéphane Dujarric. Sept autres personnes ont été blessées dans l’attaque, parmi lesquelles figurent "trois Casques bleus de l’ONU, deux policiers sud-soudanais et deux membres du personnel civil", a-t-il encore détaillé.
Dernier IDH du monde
Selon les derniers chiffres disponibles de l’ONU, plus de 160 membres de la Minuss ont péri depuis sa mise sur pied, le 8 juillet 2011, à la veille de l’indépendance du Soudan du Sud lorsqu’il s’est séparé du Soudan après des décennies de conflits entre rebelles du Sud et pouvoir de Khartoum au Nord. Le plus jeune pays du monde a rapidement sombré en 2013 dans la guerre civile sur fond de lutte pour le pouvoir entre partisans de MM. Kiir et Machar, anciens frères ennemis de la lutte pour l’indépendance.
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En 2018, un accord de partage du pouvoir entre les deux rivaux a mis fin à la guerre qui a fait 400 000 morts. Mais les affrontements ont repris depuis à travers le pays entre forces des deux camps, après l’arrestation en 2025 de M. Machar, placé depuis en résidence surveillée à Juba.
Le Soudan du Sud figure en dernière place de l’Indice de développement humain (IDH). Il est également considéré comme le plus corrompu au monde dans le classement établi par l’ONG Transparency international.