Une partie du futur Plan Loup dévoilée: "Protéger avant, indemniser mieux et agir quand il le faut, c'est le cap du nouveau plan"
Au goutte-à-goutte, le futur tant attendu Plan Loup se dévoile. Interpellée par la députée Anne Laffut (MR), la ministre Anne-Catherine Dalcq, elle aussi libérale, a dévoilé ce mercredi en séance plénière du parlement wallon quelques éléments du futur plan, qui sera soumis au gouvernement wallon avant la fin de l'année.
"Je ne vais pas vous détailler toutes les mesures du Plan Loup qui sont encore en finalisation, avance la ministre, mais je peux déjà vous dire que j'ai demandé que l'effarouchement par tir non létal puisse être utilisé, que quand un loup s'attaque encore et encore à des troupeaux protégés, il faudra pouvoir intervenir. Pour la première fois, le plan le rendra réellement possible, dans le respect du droit européen. "
Cette dernière mesure, la ministre Dalcq, en marge de la Foire de Libramont, l'avait déjà annoncée: un loup qui s'attaque à répétition à des troupeaux pourrait être abattu.
Si tel sera le cas, la question pourra légitimement se poser concernant la meute du massif de Saint-Hubert qui ne cesse de s'attaquer à des élevages depuis cet été.
Indemnisations renforcées
La ministre informe qu'elle a également demandé que les indemnisations soient renforcées et étendues et que les outils de protection soient plus nombreux.
"Je n'attends pas le nouveau plan pour agir, ajoute-t-elle. Nous avons accéléré les indemnisations. Il fallait plus d'un an en 2020. Il faut aujourd'hui une centaine de jours. C'est encore trop. Une procédure simplifiée arrive. Protéger avant, indemniser mieux, agir quand il le faut. C'est le cap du nouveau plan."
La bourgmestre de Libin, Anne Laffut, dans son interpellation, est partie de l'attaque à Ronchampay (La Roche-en-Ardenne), où deux moutons ont été tués à une dizaine de mètres des habitations. "L'inquiétude ne concerne désormais plus uniquement les éleveurs, relève la députée. Lorsque des attaques se produisent à proximité immédiate des habitations, ce sont également les riverains et plus largement les citoyens qui commencent à s'interroger, voire à exprimer certaines craintes."
Particularité également de cette attaque, pour laquelle il faut encore déterminer si elle est bel et bien l'œuvre d'un loup, elle est survenue à quelques mètres de la zone élargie de présence permanente du loup à Saint-Hubert. L'éleveur n'a donc pas droit aux subventions pour protéger son troupeau.
Protection sans frontière administrative
Ce sera l'une des nouveautés du futur Plan Loup, annonce la ministre. "C'est un des éléments que le nouveau Plan Loup va corriger, explique-t-elle. La protection ne dépendra plus d'une frontière administrative."
Notons qu'avant d'amorcer ces quelques mesures, la ministre a d'abord tenu à s'adresser à tous les éleveurs touchés, mesurant ce qu'ils vivent. "Une bête perdue, c'est un troupeau choqué, un travail et un revenu abîmé et des nuits sans sommeil." Celle qui était auparavant agricultrice sait de quoi elle parle.
Sensibiliser les décideurs européens
La députée Anne Laffut salue les mesures. "Elles apportent des perspectives concrètes aux éleveurs, réagit-elle. À titre personnel, je pense aussi que nous devons pouvoir faire remonter au niveau européen nos interrogations quant aux limites de cette cohabitation dans des territoires ruraux comme les nôtres. La Wallonie n'est pas la France: la configuration de notre territoire est différente. Nous ne disposons pas des mêmes vastes espaces peu habités et, chez nous, les zones naturelles, les élevages, les villages et les habitations sont souvent très proches les uns des autres. Cette réalité territoriale doit aussi pouvoir être prise en considération lorsqu'on réfléchit à la place du loup et aux conditions de sa présence sur notre territoire."
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