Une mobilisation qui vire au chaos, nouvelles concessions de Trump à Poutine… Les cinq infos à retenir du week-end

Une voiture brûle tandis que des flammes se propagent sur la chaussée et qu’une épaisse fumée noire s’élève près du monument à la République, lors de violents troubles en marge d’une manifestation contre la vie chère sur la place de la République, à Paris, le 17 octobre 2026

Une voiture brûle tandis que des flammes se propagent sur la chaussée et qu’une épaisse fumée noire s’élève près du monument à la République, lors de violents troubles en marge d’une manifestation contre la vie chère sur la place de la République, à Paris, le 17 octobre 2026 GAUTHIER BEDRIGNANS / HANS LUCAS VIA AFP

Vous avez décroché de l’actualité ces deux derniers jours ? « Le Nouvel Obs » vous propose un résumé des principales informations à retenir de ces samedi 17 et dimanche 18 octobre.

· Une mobilisation qui vire au chaos

La journée de contestation du 17 octobre contre la vie chère, au huitième anniversaire de l’émergence des gilets jaunes et après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne a viré au chaos dans toute la France. Des affrontements inédits et des scènes de pillage ont touché au moins 1 500 commerces et ciblé plusieurs édifices publics, dont l’Hôtel de Ville de Limoges, partiellement incendié. Le bilan fait état de plus de 1 800 interpellations, dont 855 à Paris, et 600 blessés dans les rangs des forces de l’ordre selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Toutefois, dans un bon nombre de quartiers, les manifestants dans des cortèges dispersés ont pu déambuler dans une ambiance bon enfant. Dimanche en début d’après-midi, de nouvelles tensions sont apparues à Paris place de la République, épicentre des violences de la veille. Un rassemblement non déclaré a été dispersé, avant de se reformer. Des pillages ont eu lieu de manière sporadique en fin d’après-midi.

· Mairies ciblées

En marge des manifestations, des attaques violentes visant des institutions et des bâtiments administratifs se sont multipliées à travers la France. À Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants ont fait irruption dans les halls des mairies ou des préfectures avant de commettre des actes de vandalisme. La situation a pris une tournure tragique à Lyon, où une antenne de l’office de tourisme a été incendiée, et à Limoges, où l’Hôtel de Ville, un édifice patrimonial datant du XIXᵉ siècle, a été en grande partie ravagé par les flammes. Le préfet a confirmé que l’incendie avait pu être circonscrit dimanche matin.

· Réactions divisées des responsables politiques

Face aux pillages et dégâts matériels très lourds, l’exécutif promet la fermeté et des poursuites systématiques, tandis que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’oppose vivement à Jean-Luc Mélenchon, accusé d’encourager le désordre. Le leader de LFI et une partie de la gauche (PS, Écolos) mettent en cause la gestion des forces de l’ordre, dénonçant une stratégie d’affrontement et un manque de moyens sur le terrain. De leur côté, la droite et l’extrême droite fustigent les casseurs et réclament une réponse pénale intransigeante.

· Un maire français agressé en Cisjordanie occupée

Une visite de terrain en Cisjordanie occupée a tourné à l’agression violente ce week-end. Un convoi de diplomates européens accompagnant des élus a été pris à partie et attaqué par des colons israéliens. Au cours de l’assaut, Bernard Baudoux, maire d’Aulnoye-Aymeries (Nord), venu signer un accord de jumelage et ramasser symboliquement des olives, a été frappé et roué de coups. Le gouvernement israélien a, dans un premier temps, condamné les agissements des « émeutiers », puis s’est ravisé et dénoncé une campagne de « diffamation » contre Israël et ses colons. Des colons israéliens multiplient actuellement les attaques pour empêcher la récolte annuelle des olives dans le territoire palestinien occupé depuis 1967.

· Washington exempte la Russie de nouvelles sanctions

Donald Trump a décidé d’exempter la Russie de l’application de nouvelles sanctions économiques adoptées par le Congrès (le Graham Act), ciblant notamment le secteur énergétique, la flotte fantôme russe ainsi que Vladimir Poutine et d’autres hauts responsables russes. Cette exemption intervient quelques jours après un accord entre Washington et Moscou pour lever des sanctions, afin de permettre aux États-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe.

Cette décision arrive alors même que Moscou intensifie ses bombardements stratégiques contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine à l’approche de l’hiver. À Kiev, l’annonce suscite une vive inquiétude, les autorités ukrainiennes dénonçant un signal d’encouragement envoyé au Kremlin.

Par  Le Nouvel Obs