Trois réacteurs nucléaires à l’arrêt à cause de méduses
20 Minutes avec AFP
Publié le 11/08/2026 à 13h44 • Mis à jour le 11/08/2026 à 13h44
Le courant ne passe décidément plus entre EDF et les méduses. Un afflux massif de ces animaux marins a contraint le groupe à arrêter trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, lundi. Le groupe a annoncé cette nouvelle sur son site, ce mardi, alors que le nucléaire français est à la peine.
Les réacteurs n° 2, 3 et 4 ont été arrêtés et la puissance de l’unité de production n° 1 a été réduite à 50 %. Seul le réacteur n° 6 fonctionne actuellement à 100 %, le n° 5 étant en arrêt programmé pour maintenance, a précisé EDF. Le groupe assure que cet incident « n’entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l’environnement ».
Un phénomène grandissant
Ce n’est pas la première fois que les méduses perturbent le fonctionnement de la centrale de Gravelines. La plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale, installée sur le littoral de la mer du Nord, avait déjà connu un épisode similaire exactement un an plus tôt. Quatre réacteurs avaient alors été automatiquement arrêtés. Leur remise en service s’était faite progressivement, le dernier n’ayant été reconnecté au réseau électrique national qu’une dizaine de jours plus tard.
La présence de méduses sur les côtes du nord de la France est un phénomène régulier et saisonnier. Mais de grands bancs sont signalés chaque été dans cette zone avec une fréquence croissante, selon un expert interrogé par l’AFP l’an dernier.
Le nucléaire français fragilisé par la chaleur
La prolifération des méduses à travers le monde peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont la hausse des températures des océans liée au réchauffement climatique.
L’incident de Gravelines survient par ailleurs dans un contexte déjà compliqué pour le parc nucléaire français, confronté à un niveau record d’indisponibilité en raison de la sécheresse et de la canicule. Dimanche, 15,6 % de la puissance nucléaire française était indisponible, selon des calculs de l’AFP réalisés à partir des données publiées par EDF depuis 2015. Jamais, en d’autres termes, autant de puissance nucléaire électrique n’avait été indisponible en France en raison de la hausse des températures des cours d’eau et de la baisse de leur débit.