Une influenceuse gardoise disparue qui correspond au cadavre retrouvé à Saint-Gilles : sa famille dénonce le harcèlement en ligne et veut savoir la vérité

Une jeune influenceuse gardoise, disparue le 10 août, pourrait être la victime retrouvée carbonisée à Saint-Gilles le 12 août. Sa famille, convaincue de son identité, dénonce le harcèlement en ligne et les commentaires haineux qui persistent même après sa mort. Elle appelle à la justice et à l’aide pour identifier le coupable. Elle annonce des dépôts de plainte contre ceux qui saliront la mémoire de la défunte sur les réseaux sociaux.

Elle allait fêter son anniversaire mais sa famille va organiser ses obsèques.Six jours après la découverte du corps d’une femme dans les vignes à Saint-Gilles, une femme se présentant comme la sœur de victime, portée disparue depuis le 10 août, témoigne. Car, selon elle, le corps découvert le 12 août est assurément celui de sa sœur de 29 ans, tuée dans des conditions qui font frémir. Et, hier, les terres de ces vignobles portaient encore les traces d’incendie où la dépouille a été retrouvée par un ouvrier agricole qui démarrait son travail dans les champs.

« Des fumerolles au-dessus du corps »

« C’est un collègue qui a découvert le corps en allant travailler dans les vignes. Quand il est arrivésur la parcelle, il a vu le cadavre, il y avait encore des fumerolles au-dessus du corps, cela ne devait pas faire longtemps que le feu avait été mis. Cela arrive régulièrement quel’on trouve des voitures volées dans les champs, il y a même une fois où un véhicule a été incendié, on avait eu peur que cela mette le feu aux cyprès. Mais ce cadavre alors... c’est la première fois qu’on retrouve un corps », a confié un témoin ce lundi dans un champ de vignes situé à quelques dizaines de mètres des lieux de la découverte du cadavre.

« On allait préparer son anniversaire, elle aurait eu 30 ans le 30 septembre, on avait prévu d’organiser une fête… Elle est tombée sur le mauvais gars au mauvais moment », avance cette sœur effondrée qui affiche une volonté farouche pour que justice soit rendue. Ce lundi, au cours d’un entretien dans les locaux nîmois de Midi Libre, accompagnée par de deux ses amies, elle oscille entre détermination et accablement car elle soutient et supporte presque seule toute une famille dans la peine. Ce chagrin est aussi terrifiant que les circonstances de la mort de cette Gardoise dont on sait qu’elle a été aspergée de produit inflammable, sans doute pour retarder son identification et du même coup l’avancée des investigations. 

Plus de 250 000 abonnés sur TikTok

Mais la sœur assure que le corps retrouvé est bien celui de cette influenceuse qui cumule plus de 250 000 abonnés sur TikTok, qui a été très présente sur les réseaux sociaux ces derniers mois. D’ailleurs, si l’identité de la victime n’a pas encore officiellement été confirmée par le parquet de Nîmes, le décès de la jeune femme a d’ores et déjà été annoncé sur certains réseaux sociaux. Voilà pourquoi, cette femme qui se présente comme la sœur de la victime a accepté de témoigner : pour dénoncer les messages haineux et les commentaires tout aussi terrifiants publiés sur TikTok. « Je crois que les gens ne se rendent pas compte, j’ai écrit à un homme qui s’était permis des commentaires horribles, ensuite il s’est excusé… », raconte-t-elle.

Des gens utilisent les photos de ma sœur pour faire du buzz.

« Des gens se sont permis de prendre des photos sur le compte TikTok de ma sœur et ont dit que c’était elle qui avait été découverte calcinée.J’ai alerté TikTok pour qu’il ferme les comptes mais pour l’instant rien n’y fait.Les gens vont trop loin, c’est affreux et ils racontent n’importe quoi.C’est du harcèlement, il y en a même qui disent qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé. Des gens utilisent les photos de ma sœur pour faire du buzz. », ajoute-t-elle. « Nous demandons aux gens de respecter notre deuil et de laisser notre sœur reposer en paix », implore encore la jeune femme, tout en prévenant qu’elle attaquerait en justice tous les débordements et toutes les atteintes à la dignité de la défunte. 

Téléphone localisé et prothèses mammaires

L’avenir ? « C’est très difficile, c’est très compliqué pour nous, c’est inimaginable.Je n’aurais jamais pensé qu’il arrive ça à notre famille surtout que c’était une fille solaire, gentille, aimée des gens.Je suis choquée de vivre dans un monde aussi cruel. C’est une injustice qui nous arrive, on ne mérite pas de vivre ça. » 

Si le chagrin incommensurable pèse sur cette famille, certains proches demeurent mobilisés pour découvrir la vérité. Lors de l’entretien, la sœur aînée a ainsi révélé avoir réussi à localiser le téléphone portable de la malheureuse. « Oui, on avait le partage de position », développe la Gardoise. Enfin, selon la famille, la jeune influenceuse de 29 ans était porteuse de prothèses mammaires et d’une bague qui correspondraient aux éléments retrouvés sur la dépouille calcinée.

« On demande justice, on aimerait savoir ce qui s’est passé ce soir-là, on demande que les gens nous aident à trouver le coupable et à l’arrêter », note la jeune femme qui lance un appel : « si quelqu’un sait quelque chose qu’il le dise aux gendarmes ». L’enquête ouverte par le parquet de Nîmes pour « assassinat » se poursuit.

La prudence des autorités

Des indices concordants mais pas de confirmation officielle.Si plusieurs points de similitudes permettent de penser que le cadavre de la jeune femme retrouvé ce 12 août correspond aux éléments de description fournis par sa famille, les autorités font preuve de grande prudence tant que les résultats ADN ne seront pas communicables. La section de recherches (SR) de Nîmes poursuit l’enquête avec la brigade de recherches de Nîmes. La SR est service qui est spécialisé dans les affaires criminelles complexes et qui affiche un taux d’élucidation très élevé. Ainsi, entre les moyens du groupement de gendarmerie du Gard et les enquêteurs de la section de recherches, ce ne sont pas moins de 40 enquêteurs qui ont été déployés dans cette affaire. Les uns pour analyser la scène, les autres pour assister à l’autopsie, d’autres encore pour effectuer les actes d’enquête habituels (auditions de témoins, analyses éventuelles de la vidéosurveillance, etc.). Les gendarmes poursuivent donc l’enquête pour comprendre le scénario de cet assassinat et surtout identifier avec certitude la victime. À l’heure actuelle, selon nos sources, une douzaine d’enquêteurs seraient encore déployés sur ce mystérieux dossier criminel.