« Une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner » : Raphaël Glucksmann remporte la primaire de la gauche

Glucksmann

Raphaël Glucksmann le 8 octobre 2026.

© SEBASTIEN BOZON

La Rédaction 11/10/2026 à 18:17, Mis à jour le 11/10/2026 à 19:06

L'eurodéputé a devancé Olivier Faure et Ségolène Royal dans la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il sera le candidat PS et Place publique à la présidentielle.

Les 120 000 votants ont tranché. À l'issue du vote c'est Raphaël Glucksmann qui l'emporte avec 66,2 %. Il sera le candidat PS et Place publique à la présidentielle. Il devance Olivier Faure (14,5 %) et Ségolène Royal (7,6 %). Suivent Emmanuel Maurel (5,9 %) et Jérôme Guedj (5,8 %).

Alors que le vote ne se fait que par voie électronique, une cyberattaque, lancée vendredi matin à l'ouverture du scrutin, a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu'à dimanche 18 heures.

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Dans les sondages pour la présidentielle des 18 avril et 2 mai, il est actuellement crédité de 9% à 14% des intentions de vote, loin derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, donnée grande favorite, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron Edouard Philippe (centre-droit) et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

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Politicien atypique, intellectuel défenseur des droits de l'homme, de l'Europe et de l'Ukraine, Raphaël Glucksmann a émergé ces dernières années comme l'un des rares espoirs de la gauche modérée. C'est depuis le Parlement européen, où il est élu depuis 2019, qu'il a construit son ambition présidentielle. Par deux fois, il a mené une liste commune entre son petit parti, Place publique, et le Parti socialiste, aux élections européennes.

Anti-Mélenchon

Fils du philosophe André Glucksmann, lui-même essayiste, il a forgé ses premières expériences politiques en Géorgie, aux côtés du président Mikheil Saakachvili. Ses contempteurs lui reprochent souvent d'être trop éloigné des réalités des Français. À l'accusation d'être « trop parisien » ou « hors-sol », l'essayiste, nourri d'internationalisme, rappelle son expérience comme documentariste sur le génocide des Tutsis au Rwanda puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de l'ex-président géorgien Mikheil Saakachvili de 2008 à 2012. « Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation », rétorque-t-il.

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Il a multiplié pendant l'été les déplacements dans les régions françaises et revendique un projet ancré à gauche, cherchant à concilier transition écologique et progrès social. Mais il exclut toute alliance avec le parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI). Il a qualifié en mars Jean-Luc Mélenchon de « Jean-Marie Le Pen de notre époque », en référence au fondateur du parti d'extrême droite française. Le tribun de LFI venait, lors d'un meeting, de plaisanter sur la prononciation de son patronyme, issu d'une famille juive ashkénaze, comme il l'avait fait avec d'autres noms de famille à consonance juive.

« Jusqu’à la victoire en 2027 »

« Ce soir nous avons gagné ensemble cette primaire. Merci à celles et ceux qui nous ont fait confiance, à toutes celles et tous ceux qui ont fait campagne avec cœur et détermination. Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner. Elle peut parler de justice, d’écologie et de République sans renoncer à rien, a écrit l'eurodéputé sur X. Nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle : tourner la page du macronisme, empêcher l’extrême droite et changer la vie. Cette première place ne me donne aucun droit. Rien n’est gagné. Elle m’oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage. Pour chercher chaque voix, ensemble. Jusqu’à la victoire en 2027. »

Le vainqueur de la primaire sera-t-il soutenu par ceux qu'il a réussi à battre ? Rien n'est moins sûr. Et tapis dans l'ombre, traîne un ancien président de la République qui rêve de revanche.