Une fusion des zones de police du Val de Dendre (et Senne) est-elle peu probable ? "Les incitants ne sont pas suffisants…"
Après le vote, en mai dernier, pour la fusion des six zones de police de la région Bruxelles-Capitale en une zone unique, le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a présenté un objectif clair : passer de 176 zones de police à l'heure actuelle, à 60. Pour ce faire, il a décidé d'encourager les fusions volontaires en Wallonie et en Flandre en offrant des incitants financiers. Mais aujourd'hui, l'efficacité de ces incitants est déjà remise en question lorsqu'on interroge les principaux responsables de la zone Sylle et Dendre.
"Dans notre zone de police, cela fait un an qu'on a mis le sujet de la fusion sur la table", explique Thierry Dierick, chef de corps de la zone Sylle et Dendre. "On s'est dit qu'il valait mieux anticiper les événements que les subir. Pour le moment, il y a des discussions entre les responsables politiques pour évoquer les différentes possibilités. Depuis début juin, le gouverneur de province fait également le tour des zones pour analyser les différents scénarios."
Certains rapprochements existent pourtant déjà. "On a déjà mis en place, il y a deux ou trois ans, une mutualisation avec les zones d'Ath, des Collines, et de Beloeil/Leuze-en-Hainaut, donc une fusion n'est pas tout à fait inimaginable. Un élargissement avec la zone de la Haute-Senne pourrait aussi arriver. À l'heure actuelle, tout est possible. Il n'y a encore rien de concret. Il y a des esquisses, oui, mais cela restera, in fine, une décision politique."
Dans le monde politique, justement, l'avis est assez similaire. Isabelle Galant (MR), bourgmestre de Lens, préside le collège de police de la zone Sylle et Dendre. "À l'heure actuelle, on se base sur les synergies déjà existantes. On se pose alors deux questions : maintient-on ces synergies ? Et si demain, une fusion venait à être obligatoire, continuerait-on à travailler avec ces zones-là ? Je crois que ça se passe bien et que l'on continuera à le faire. Mais de toute manière, comme le minimum fixé est de 350 effectifs pour une zone, une fusion de ces quatre zones ne serait pas suffisante."
La bourgmestre de Lens ne semble donc pas vraiment attachée à une fusion rapide des zones de police : "L'idée est de se dire que, si demain une fusion devait être obligatoire, on aura déjà pris les devants, et on essaiera de ne pas se faire imposer une fusion indésirable. Personne n'est contre, personne n'est enthousiaste, mais on se dit que s'il faut le faire, autant y réfléchir que de se retrouver face au fait accompli."
Des incitants qui n'incitent pas
"Tout est bon à prendre, me direz-vous", explique Isabelle Galant. "Mais il est clair que les incitants ne sont pas super intéressants. Puis je ne suis pas sûre qu'une fusion permette des économies à court terme. À long terme, je ne le remets pas en question, mais si une fusion advenait, on ne licencierait pas des travailleurs pour cela."
À l'heure actuelle, les annonces du ministre Quintin laissent présager que seule la taille des nouvelles zones de police définira les incitants. Vient alors la question des besoins de chaque zone. "Dans notre zone de police, Pairi Daiza est tout de même un site qui nécessite des ressources policières plus importantes. Cette année, cela se passe plus ou moins bien pour les équipes, mais on a connu des périodes où on a eu besoin de beaucoup d'équipes sur le front pour le parc. Un recalcul devait être réalisé pour tenir compte de la présence de ce genre d'activité dans la zone, mais nous n'avons, à ce jour, reçu aucun retour."
Thierry Dierick rejoint la bourgmestre de Lens sur la faiblesse des aides financières. "Les incitants qui sont sur la table ne sont pas suffisants pour pousser les zones à fusionner. On a fait le calcul rapidement : si on devait se réunir à cinq zones (ndlr : à savoir Ath, Beloeil/Leuze-en-Hainaut, Collines, Sylle et Dendre ainsi que la Haute-Senne), on parlerait d'environ 400.000 € par an. À l'échelle des zones, cela représente 80.000 € par an, ce n'est vraiment pas énorme."
"Une chose est sûre : si une fusion se fait, ce ne sera pas pour les incitants financiers" conclut Thierry Dierick.
Reste à voir si, à terme, les pouvoirs locaux et les zones auront encore le choix de "refuser" une fusion, laquelle pourrait un jour s'imposer. Sans incitant du tout ?
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