Une extension à 4,1 millions d'euros à l'arrière du château Delcominette pour accueillir le CPAS d'Amay : "Notre bâtiment a atteint ses limites"
La Commune d'Amay enclenche la deuxième dans un dossier qui avait été initié la précédente mandature par la désignation d'un bureau d'architecture avec le concours de l'intercommunale SPI en tant qu'assistant et conseil au maître d'ouvrage. Elle vient d'introduire une demande de permis d'urbanisme visant la rénovation et l'extension du château Delcominette abritant actuellement les services techniques (travaux, urbanisme) au numéro 74 de la chaussée Freddy Terwagne. La bâtisse datant de 1872 se partage le site administratif avec l'hôtel de ville et le CPAS situé à l'arrière dans le parc.
Le citoyen accueilli dans un seul bâtiment

L'extension attendue à l'arrière du château vise à relocaliser le CPAS dans un pôle regroupant aussi les divers services communaux de premier contact avec le citoyen dont le service population actuellement à l'hôtel de ville. Autrement dit, les Amaytois n'auront plus de raison de se rendre à l'hôtel de ville si ce n'est pour les cérémonies protocolaires (mariages) et pour assister au conseil communal. "La volonté est de rapprocher les deux entités que sont la Commune et le CPAS, affirme le bourgmestre Samuel Moiny. Avec cette extension, nous assurerons l'accueil du citoyen dans un seul bâtiment au lieu de trois actuellement. Cette synergie renforcée entre les deux entités participera à l'amélioration de l'efficience des services publics."
Projet initial revu pour donner plus de place au CPAS

Pour les travailleurs sociaux du CPAS amaytois, ce déménagement ouvrira la porte à une amélioration substantielle de leurs conditions de travail et de l'accueil du public. Avec de nouveaux besoins enregistrés depuis 2024 et encore à venir qui ont conduit le nouveau collège communal à adapter le projet initial pour réserver encore plus de surface au CPAS. "Notre bâtiment actuel a atteint ses limites, considère Amandine Fraiture, la présidente du CPAS. Même si nous avons ajouté un pavillon préfabriqué en 2025 pour que chaque assistant social puisse avoir son bureau, il y a toujours un enjeu en termes d'espace de travail et d'accueil des bénéficiaires. Avec la prise en charge des exclus du chômage, nous avons dû engager deux personnes et confirmer une troisième en CDI. On verra ce que l'avenir nous réserve encore. Et puis, notre bâtiment est vétuste avec ce container datant d'il y a 20 ans et mal isolé. Des fenêtres et des volets ne s'ouvrent plus. Il est grand temps d'offrir un autre environnement de travail."
Construite sur la dalle existante
Concrètement, l'extension sera construite sur la dalle existante à l'arrière du château Delecominette (au-dessus des archives). "Ce qui est construit l'a bien été, la structure est bien faite, assure l'architecte Emeric Marchal pour l'Atelier CHORA. On va y ajouter trois niveaux dans une structure en bois pour que la structure existante puisse supporter la charge. Au niveau de l'architecture, on a voulu faire dialoguer l'architecture de la fin du XIXème siècle et la contemporaine dans un style mosan avec une maçonnerie de briques et des ornements en pierre. Les façades seront revêtues de céramique déclinée dans des couleurs qui reprennent la palette du bâtiment historique."

Le château Delcominette sera accessible par deux entrées : l'actuelle côté chaussée Terwagne et une autre côté parc qui pourra répondre à la confidentialité souhaitée par les bénéficiaires du CPAS dont les bureaux se répartiront sur les deux étages. Le rez-de-chaussée, lui, concentrera les services communaux ouverts au public afin de faciliter les démarches administratives. "Côté chaussée Terwagne, le hall d'entrée donnera une perspective sur la grande salle d'accueil avec des bureaux de chaque côté pour les services communaux, continue l'architecte. Au niveau moins un avec sa deuxième entrée, on trouvera une salle pour le personnel, des locaux techniques et de stockage."
Le bâtiment sera à 80 % autonome au niveau énergétique avec un nouveau système de chauffage et des panneaux photovoltaïques sur la toiture plate de l'extension. À noter encore que les aires de stationnement seront réaménagées et intégrées dans un environnement largement végétalisé pour revaloriser les qualités paysagères d'autrefois d'un parc minéralisé au fil des décennies.
Entrée en 2028
Quant aux suites attendues après ce dépôt de permis d'urbanisme ? "Le dossier est en cours d'instruction. Pour la consultation de la population, nous saurons si le fonctionnaire délégué fera le choix d'une enquête publique ou d'une annonce de projet, rapporte Sophie Pecheur, la responsable du service Urbanisme à Amay. Dans un monde idéal, le marché public sera lancé fin 2026, le chantier entamé en 2027 et la prise de possession de l'extension en 2028."
"Le plus gros investissement de cette mandature"

À projet ambitieux, budget considérable. La rénovation du château Delcominette et son extension pour notamment y relocaliser les services du CPAS en besoin urgent de nouveaux espaces a forcément un prix. Celui s'élève à 4,1 millions d'euros (TVAC). "C'est le plus gros investissement de cette mandature", confirme le bourgmestre Samuel Moiny. Et ce n'est pas rien pour une Commune sous plan de gestion et pour laquelle le CRAC (Centre régional d'aide aux communes), dans la réactualisation de la trajectoire budgétaire pluriannuelle, a revu à la baisse la balise d'investissement maximale par emprunt jusqu'en 2031.
En clair, la Commune d'Amay ne peut emprunter plus de 130 € par habitant et par an pour un montant maximal de 1 850 000 €. "Ce projet est prévu dans la trajectoire budgétaire de la Commune. Cela passera notamment par l'entrée dans des plans de subventions que nous explorerons en fonction des opportunités qui vont se présenter. Le projet a été pensé pour limiter le budget autant que possible. Ainsi, en décidant de partir de la dalle existante à l'arrière du bâtiment, on évite de devoir réaliser de nouvelles fondations coûteuses. On a aussi opté pour la sobriété dans les choix architecturaux. Et il faut prendre en considération la grosse économie à terme au niveau énergétique en réponse à l'obligation que la Wallonie impose aux Communes de planifier la transition énergétique de leurs bâtiments."
En privilégiant la rénovation, la réutilisation d'infrastructures existantes et la mutualisation des espaces avec le CPAS, la Commune d'Amay affirme inscrire également ce projet dans une logique de maîtrise des dépenses publiques et d'utilisation rationnelle de son patrimoine immobilier. "Nous avons à gérer une cinquantaine de bâtiments, rappelle le bourgmestre. Le collège s'était engagé à privilégier la rénovation plutôt que la nouvelle construction. Vu les besoins du CPAS et les conditions dans lesquelles ses services travaillent, nous avons fait exception pour ce projet."
Un bâtiment vétuste dont l'avenir s'entourera ensuite d'un point d'interrogation. À raser ? Ce serait allé vite en besogne de l'affirmer aujourd'hui selon le bourgmestre qui replace la question dans le master plan visant l'arrière de l'hôtel de ville où certains verraient bien fleurir un écoquartier en liaison avec les rues Georges Hubin et de la Liberté. "Il déterminera si le bâtiment a un potentiel de reconversion ou non."
L'avenir des écuries situées entre l'hôtel de ville et le château Delcominette est, lui, inscrit dans le permis d'urbanisme même s'il n'est pas budgété en première phase. "Ce sera éventuellement pour plus tard avec l'ouverture du rez pour créer un pavillon dans le parc et le maintien de leur fonctionnalité de stockage à l'étage", prévoit l'architecte Emeric Marchal.
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