"Une douleur qui n'a pas de nom": un père endeuillé témoigne, 10 ans après l'incendie du bar le Cuba Libre à Rouen

L'incendie du Cuba Libre s'est déclenché dans la nuit du 5 au 6 août 2016. - Charly Triballeau - AFP
Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, un groupe de jeunes adultes étaient réunis pour fêter un anniversaire dans un bar rouennais lorsqu'une des bougies a enflammé l'établissement, tuant 14 personnes. Dix ans après les faits, le père d'une des victimes du bar le Cuba Libre témoigne au micro de BFM Normandie.
Il y a dix ans, ils fêtaient les 20 ans d'une jeune femme dans le sous-sol d'un bar de Rouen lorsque deux bougies du gâteau d'anniversaire, des fontaines à étincelles, ont enflammé le plafond d'un escalier étroit, bas et très pentu. Le sous-sol de 24 mètres carrés avait été aménagé en boîte de nuit sans autorisation. Cette nuit-là, 14 personnes sont mortes dans cet incendie, dont le jeune Zacharie.
Son père Rémy Hubert, témoigne au micro de BFM Normandie. "Le drame aurait pu être évité si des contrôles avaient été faits, si les pouvoirs publics avaient passé cette porte privée pour voir ce qui était derrière", regrette-t-il.
Ce mercredi 5 août 2026, cela fera 10 ans que ce drame a eu lieu. Pour le père de Zacharie, cet anniversaire "est comme les précédents et sera comme les suivants".
"Que cela ne recommence pas"
"On va se rappeler l'horreur de cette nuit-là. C'est bien que personne n'oublie, mais pour moi, cela ne changera rien. Notre souhait, c'est que cela ne recommence pas. Malheureusement si, ça recommencera encore et encore si rien ne change", poursuit-il.
L'incendie mortel survenu à Crans-Montana (Suisse) le jour du réveillon en 2025, a ravivé des souvenirs douloureux pour les proches. "On retrouve les mêmes similitudes (...). La même mousse, un feu de bengale... C'est exactement la même chose. Je suis assez surpris que 10 ans après, on retrouve le même drame, avec les mêmes produits, dans les mêmes conditions. C'est très choquant", précise-t-il avec émotion.

Avant d'ajouter: "mais les pouvoirs publics ne font pas plus de contrôles. Il suffit simplement de changer la catégorie de certains bars, mais ça a été refusé... Alors, se battre contre un mur qui ne cédera pas, que voulez-vous? On est seuls face à ça, ça fait 10 ans. La douleur qui n'a pas de nom, qui vous tombe dessus comme ça, en une seule nuit. Cette douleur est toujours présente et l'emporte sur l'envie de faire quelque chose".
"Pourquoi il n'y a pas eu de procès des services publics"
Le procès des deux coupables a eu lieu en 2019. Les prévenus, deux frères, le propriétaire et le gérant des lieux, comparaissaient pour "violations manifestement délibérées d'une obligation de sécurité ou de prudence". Parmi elles, une porte de secours verrouillée qui a piégé les occupants ainsi que l'isolement du dancing, réalisé avec un matériau extrêmement inflammable.

"Ce procès a été fait. Ils ont pris cinq ans de prison et ils sont sortis au bout de 10 mois. Bon, on en pense ce qu'on veut. En revanche, je regrette profondément une chose: le procès des pouvoirs publics, de la mairie, des services de police et de la préfecture, qui n'a pas été fait. Pourquoi?", continue le père.
Ce dernier termine: "je pense qu'il y a des responsables qui dorment bien, tant mieux pour eux". Un hommage aura lieu ce mercredi 5 août à 18h non loin du lieu du drame afin de ne pas oublier les victimes. Cet incendie dans le bar le Cuba Libre, est le plus meurtrier de France depuis 2005.