Une chute des températures en vue: l’été le plus chaud de tous les temps est-il terminé?
Jeudi, le mercure atteindra entre 25 et 30 degrés avant l’arrivée de précipitations, voire d’orages, qui feront chuter les températures. Les vagues de chaleur sont-elles définitivement derrière nous, et est-ce que les pluies permettront d’atténuer la sécheresse dont souffre actuellement la Belgique? Le météorologue David Dehenauw fait le point sur la situation.
Stefan Vanderstraeten, Kevin Dupont
Source: HLN
25 août 2026, 13:30
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1. Après des températures estivales jeudi, le temps sera nettement plus frais. Le risque de canicule est-il définitivement derrière nous?
“Oui, la chaleur estivale est terminée. Nous ne prévoyons pas de températures extrêmes pour les dix premiers jours de septembre. À partir de jeudi, les températures maximales oscilleront entre 20 et 23 degrés environ. Dans le centre du pays, elles avoisineront généralement les 21 degrés.”
“La chaleur prévue pour jeudi est due à un vent d’est, car il fait encore chaud en Europe orientale. Sans cela, les températures auraient déjà baissé en Belgique. Mais en raison de ces courants, nous bénéficions encore un peu de cet air chaud. Ensuite, le vent tournera vers le sud-ouest et nous recevrons de l’air marin plus frais. Ce court épisode de chaleur sera dès lors déjà terminé.”
2. Des orages sont attendus jeudi soir. Faut-il s’attendre à une période pluvieuse?
“Nous prévoyons de fortes averses et des orages jeudi soir et dans la nuit de jeudi à vendredi, accompagnés localement de fortes rafales de vent et de précipitations abondantes en un court laps de temps. Vendredi, le risque d’orages épars persistera.”
“En moyenne, nous nous attendons à 20 ou 25 millimètres de précipitations sur la Belgique d’ici samedi matin, même si les quantités pourraient être nettement plus importantes localement. Par la suite, le temps restera légèrement instable. Il y aura un risque d’averses presque tous les jours. Mais pour l’instant, il ne devrait pas y avoir de période de pluie s’étendant sur plusieurs jours. Pour la semaine prochaine, les modèles sont encore incertains. Nous nous trouvons entre une zone de haute pression et une zone de basse pression, ce qui rend encore difficile l’estimation de l’intensité des averses.”
“C’est pourquoi nos modèles prévoient pour l’instant un temps légèrement variable à partir du 1er septembre. Je ne m’attends pas, pour l’heure, à de véritables périodes pluvieuses de plusieurs jours d’affilée. Un tel scénario reste certes possible, mais il semble moins probable que l’arrivée de quelques averses occasionnelles.”
3. Les températures devraient désormais tourner autour des 20 degrés. S’agit-il d’un rafraîchissement inhabituel?
“Je dirais que c’est tout à fait normal. Il arrive souvent que les températures soient encore à ce niveau début septembre. La moyenne à cette période de l’année se situe autour de 20 à 21 degrés. Nous sommes donc tout à fait dans la norme.”
4. Que laissent entrevoir les cartes météo pour le reste du mois de septembre? L’été pourrait-il se prolonger? Pourrait-on voir se produire un “été indien”?
“Il n’y aura certainement pas de vague de chaleur en septembre. Si cela devait se produire, il faudrait que cela se déroule au cours des dix premiers jours du mois. Passé ce délai, les journées sont trop courtes et cela devient pratiquement impossible. Nous avons connu cela une seule fois, en 2023, mais cela reste exceptionnel. Je ne pense pas que cela se reproduira cette année non plus.”
“Pour la première quinzaine de septembre, je ne m’attends pas à de grands écarts de température. Nous avons toutefois un peu plus de chances d’avoir des précipitations supérieures à la moyenne, même s’il s’agit là d’une tendance et non d’une certitude. Par la suite, les conditions météorologiques deviendront très incertaines, notamment en raison d’un courant-jet plus capricieux et de l’influence des ouragans au-dessus de l’océan Atlantique. Je ne prévois pas d’été indien pour l’instant, même si le mois de septembre dans son ensemble semble à nouveau s’annoncer un peu plus chaud que la normale.”
5. Est-il déjà certain que 2026 sera l’été le plus chaud jamais enregistré?
“Oui, c’est désormais certain. On ne peut plus vraiment y échapper. D’après les observations effectuées jusqu’au 23 août inclus et les prévisions pour le reste du mois, la température moyenne de l’été météorologique devrait s’établir à 20,3 degrés. Ce sera environ 0,4 à 0,5 degré au-dessus du précédent record de 2018, où la moyenne estivale s’élevait à 19,9 degrés. C’est beaucoup, d’autant plus qu’il ne s’agit pas ici d’un seul mois, mais de la moyenne de trois mois d’été. Battre un tel record de près d’un demi-degré est vraiment significatif.”
“Cela ne me surprend pas. Fin juillet, j’avais déjà déclaré qu’il y avait environ 80% de chances que cet été soit le plus chaud jamais enregistré. Quand je fais une telle déclaration un mois à l’avance, c’est que j’en suis pratiquement certain. Je m’attendais déjà à l’époque à ce que le record ne soit pas battu de 0,1 ou 0,2 degré, mais avec un écart plus net.”
“La première vague de chaleur fin juin a certes joué un rôle important, mais elle ne suffit pas à elle seule à expliquer ce record. Une vague de chaleur dure une dizaine de jours. Si le reste de l’été avait été décevant, on n’aurait jamais atteint un tel record. Ce qui caractérise vraiment cet été, ce sont deux mois de temps sec et chaud. Nous avons connu trois vagues de chaleur officielles et nous avons manqué de justesse une quatrième, à un dixième de degré près. Cela en dit long.”
“D’autres chiffres sont eux aussi exceptionnels. Nous comptons déjà quinze journées tropicales avec au moins 30 degrés, soit trois fois plus que la moyenne habituelle de cinq. L’année 2026 occupe ainsi la deuxième place depuis le début des relevés, derrière l’année record de 1976 qui avait enregistré 18 journées tropicales. Par ailleurs, on a déjà enregistré 44 journées estivales avec au moins 25 degrés, contre une valeur normale de 24. Cet été se classe ainsi en troisième position, derrière 1947 et 1976.”
6. L’été 2026 a-t-il constitué un cas exceptionnel, ou faut-il s’attendre à ce que de tels étés se produisent plus souvent?
“Cet été a été exceptionnel, mais je crains que ce ne soit pas la dernière fois que nous vivons ce genre d’été. Cela ne signifie pas que tous les étés seront aussi chauds et secs, mais de tels phénomènes extrêmes seront de plus en plus fréquents.”
“Le changement climatique entraîne une augmentation de la fréquence et de l’intensité des périodes de chaleur et de sécheresse en Belgique. Cette période estivale a été marquée par des anticyclones persistants, trois vagues de chaleur officielles, l’été météorologique le plus chaud depuis le début des relevés en 1833 et une sécheresse exceptionnelle.”
“Je pense que cet été marquera un tournant dans notre façon de faire face à la chaleur et à la sécheresse. Il suffit de penser aux feux de forêt dans les Hautes Fagnes et à la surmortalité observée pendant la canicule. Des mesures existent déjà aujourd’hui, mais cet été montre que nous devrons nous armer encore davantage contre de tels phénomènes extrêmes.”
7. On dit souvent qu’un été exceptionnellement chaud annonce un automne pluvieux. Est-ce vrai?
“À plus long terme, plusieurs modèles saisonniers laissent entrevoir une tendance à une période plus pluvieuse, notamment en novembre et décembre. Cela pourrait également être lié à la température exceptionnellement élevée de la mer du Nord. Une eau de mer plus chaude s’évapore plus facilement et contient donc davantage d’humidité, ce qui peut rendre les averses plus intenses.”
“Cela ne signifie toutefois pas automatiquement que la Belgique recevra davantage de précipitations. Tout dépend de la direction du vent. Si les courants sont favorables, cette humidité pourrait venir dans notre direction. Si le vent souffle dans une autre direction, ces précipitations tomberont ailleurs. Il s’agit donc d’une possibilité réelle, mais pas d’une certitude.”