Arabie saoudite : l’aéroport de Riyad visé par des missiles
Une attaque contre l'aéroport international de Riyad a fait plusieurs blessés samedi après-midi et entraîné la suspension temporaire de ses opérations, a annoncé l'autorité saoudienne de l'aviation civile.
Des médecins ont été appelés samedi à se rendre d'urgence dans les hôpitaux de Riyad après qu'une attaque des combattants pro-iraniens houthis contre l'aéroport de la capitale saoudienne a fait des dizaines de blessés, selon des sources diplomatiques et médicales.
L'Arabie saoudite n'a pas confirmé cette nouvelle attaque, deux jours après que des frappes revendiquées par les Houthis contre ce même aéroport ont tué trois Saoudiens, dont un pilote.
L'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont sans précédent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a huit mois, quand l'Iran avait mené des frappes contre le royaume en riposte aux frappes israélo-américaines de fin février contre Téhéran.
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La source diplomatique, informée sur l'attaque, a indiqué à l'AFP qu'un missile avait frappé l'aéroport vers 15 h. Les Houthis attaquent des cibles civiles, a-t-elle ajouté.
De nombreuses ambulances se sont ruées vers l'aéroport. On nous a indiqué que nous faisions face à une situation d'urgence grave. Des blessés sont transférés vers différents hôpitaux de la capitale, a indiqué à l'AFP une source médicale à Riyad, précisant que nombre d'entre eux se trouvaient dans un état critique.
L'ambassade américaine en Arabie saoudite, qui a dit être au courant d'attaques visant l'aéroport, a appelé à éviter le secteur.
Des dizaines de personnes ont été blessées à l'aéroport, pour la plupart des ressortissants saoudiens. Au moins cinq d'entre elles, toutes saoudiennes, se trouvent en soins intensifs, a déclaré une autre source médicale à l'AFP.

L'aéroport de Riyad est attaqué fréquemment récemment. Cette photo a été prise lors d'une attaque le 19 septembre dernier.
Photo : Reuters / Stringer
J'ai vu des blessés. Tout le monde courait, a relaté à l'AFP un passager qui attendait un vol tout près du terminal touché par le missile.
Trois témoins avaient fait état, plus tôt, de l'évacuation de l'aéroport, l'un d'eux disant avoir entendu une explosion alors qu'il attendait d'embarquer sur un vol.
Les autorités n'ont pas confirmé officiellement le tir, et les Houthis n'ont pas revendiqué dans l'immédiat de frappes sur l'aéroport.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles. Ces dernières semaines, les responsables saoudiens ont fait peu de déclarations sur les conséquences des attaques des Houthis.
Riposte américaine possible?
Selon des médias américains, le royaume a demandé plusieurs fois récemment aux États-Unis de l'aider à contrer les Houthis, qui ont lancé une offensive éclair en septembre au Yémen, où ils ont pris le littoral sur la mer Rouge et renforcé leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive des forces yéménites.
Interrogé samedi par des journalistes à la Maison-Blanche pour savoir si Washington allait participer aux frappes contre les combattants pro-iraniens, le président américain a répondu : C'est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d'apprendre cette récente attaque [à Riyad], nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement.
Selon la compagnie Kuwait Airways, l'aéroport de Riyad a été fermé, entraînant l'annulation de deux vols le reliant à la ville de Koweït.
Avec les attaques survenues plus tôt cette semaine, l'aéroport avait déjà connu des perturbations du trafic aérien.
L'Allemagne, le Canada et l'Espagne ont recommandé samedi à leurs ressortissants de ne pas voyager en passant par cet aéroport. La France avait déconseillé vendredi à ses ressortissants de se rendre dans la capitale saoudienne par voie aérienne, sauf raison impérative.
Ces dernières attaques surviennent alors que l'Arabie saoudite apporte son soutien militaire aux forces gouvernementales yéménites qui combattent les Houthis au Yémen, où elles tentent de reprendre des territoires dont ils se sont emparés depuis septembre, dont le littoral sur la mer Rouge, à l'issue d'une offensive éclair.

Des combattants fidèles aux autorités houthies participent à un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, à Sanaa, le 7 octobre 2026.
Photo : AFP / MOHAMMED HUWAIS
Les deux camps semblent déterminés à poursuivre les combats plutôt que de rechercher une solution diplomatique.
Des sources militaires du camp gouvernemental au Yémen ont indiqué samedi à l'AFP que les forces yéménites avaient progressé face aux Houthis dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, mais sans parvenir à sécuriser cette voie maritime stratégique.
Selon ces sources et un responsable houthi, les combattants antigouvernementaux, qui avaient pris le contrôle du détroit lors de leur offensive éclair début septembre, tiennent toujours l'île de Mayyoun, au cœur du passage maritime.
Nos forces maintiennent le contrôle de Bab el-Mandeb, de l'île de Mayyoun et des autres zones du littoral ouest du pays, a déclaré à l'AFP Hizam al-Asad, un membre du bureau politique des Houthis.
Le détroit de Bab el-Mandeb, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, est devenu crucial pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Une source militaire du camp gouvernemental avait fait état vendredi d'une vaste opération en cours pour reprendre le contrôle de cette voie maritime.
Les affirmations des parties belligérantes sont impossibles à vérifier de manière indépendante, la situation évoluant rapidement et l'accès pour les journalistes étant difficile.