"Un service lamentable": pourquoi les compagnies aériennes multiplient les options payantes pour survivre

Ryanair n'aura plus que 24 avions à Dublin, contre 30 jusqu'à présent. - JOSE JORDAN / AFP
Choix du siège, embarquement prioritaire ou bagage en soute: les options payantes rapportent de plus en plus gros aux compagnies aériennes, avec des revenus qui progressent deux fois plus vite que la vente des billets d'avion. Entre "voyage de l'enfer" et nécessité économique pour des compagnies engagées dans une guerre des prix féroce, le débat s'est installé sur le plateau d'Estelle Midi.
Choix du siège, repas à bord, bagage supplémentaire ou embarquement prioritaire: ces options payantes pèsent de plus en plus lourd dans la note des voyageurs. Selon l'étude annuelle du cabinet IdeaWorksCompany, menée auprès de 63 compagnies aériennes mondiales, les revenus générés par ces suppléments progressent deux fois plus vite que les ventes de billets. En Europe, Ryanair et EasyJet s'imposent comme les championnes incontestées de ces frais annexes.
“Ils ont standardisé le voyage de l'enfer”
Sur le plateau d'Estelle Midi ce lundi, le sujet a provoqué de vives réactions. Pour l'ancien journaliste Baptiste des Monstiers, les compagnies low-cost comme Ryanair ont instauré une forme d'inconfort généralisé pour pousser le client à la caisse. “Ryanair a standardisé le voyage insupportable: collé, t'as froid, le café est payant et dégueulasse, t'attends deux heures... Ils ont standardisé vraiment le voyage de l'enfer”, a-t-il dénoncé à l'antenne.
Un “traumatisme” utilisé, selon lui, pour inciter les passagers à payer des suppléments: “Comme t'es un peu traumatisé de ton dernier voyage (...), tu prends les petites options. Ça ne me dérange pas de payer des options, mais je n'aime pas qu'on m'en rajoute dans tous les sens.”

Les Immanquables de Charles - 14/09
10:58
Guerre des prix et “service lamentable”
Un modèle économique agaçant pour le consommateur, mais indispensable à la survie du secteur d'après Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde. “Être compagnie aérienne, c'est un des métiers où on perd le plus d'argent. Quand on en gagne, on n'en gagne pas beaucoup, la compétition est terrible”, analyse-t-il.
Pour faire face à cette concurrence féroce, les acteurs du secteur ont opéré un virage stratégique: “Ils ont décidé de baisser les prix de façon absurde. Pour compenser cette baisse et s’en sortir, ils ont mis tous ces suppléments dans tous les sens.” Un choix de consommation guidé par les voyageurs eux-mêmes, obsédés par le billet le moins cher: “Le consommateur est obsédé par payer le prix le moins cher possible (...). C'est le succès de Ryanair: on part de n'importe où, mais on a un service lamentable.”
Sujets liés :