Un samedi soir sur Terre avec Céline Dion

“Je vais bien”… Ce sont les mots rassurants de Céline Dion qu’attendaient les 300 000 personnes réunies à la Plénitude Arena, ce samedi soir, près de Paris, donnant le coup d’envoi d’un tour de chant de 26 dates. La star absolue revient enfin sur scène, après six ans d’absence due au syndrome de la personne raide, une maladie neurologique rare provoquant des raideurs et des spasmes musculaires. Elle s’était confiée en exclusivité à Vogue en 2024, juste avant son apparition à la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques à Paris : “Je n’ai pas combattu la maladie, elle est toujours en moi et pour toujours. On va trouver, je l’espère bien, un miracle, un moyen de la guérir avec les recherches scientifiques, mais je dois apprendre à vivre avec. Donc c’est moi, maintenant avec le syndrome de la personne raide. Cinq jours par semaine, je suis une thérapie athlétique, physique et vocale. Je travaille autant les orteils, que les genoux, les mollets, les doigts, le chant, la voix…”

Céline Dion : “On ne change pas”

Dès son arrivée sur scène dans un impressionnant fourreau Dior avec au décolleté, le collier haute joaillerie “The Address” de la maison Boucheron, la clameur immense a fait trembler les murs de cette salle gigantesque, alors qu’elle entonnait “On ne change pas”. Céline, émue aux larmes, “bien sûr, des larmes de joie” a remercié son public en disant : “je vais essayer de chanter comme vous, sans pleurer.”

La scène épurée, plongée généralement dans le noir, donnait un effet paradoxal d’intimité dans cet espace si vaste. Elle a entrecoupé ses chansons mondialement connues de changements de tenues de scène, Dior, donc, puis Schiaparelli, Tom Ford, Alaïa… Toutes globalement noires, enluminées de strass pour certaines, comme un retour solennel qui pouvait faire penser aux effets scéniques purs et prenants d’Edith Piaf ou de la grande Barbara.

Agencés en actes, les tubes se sont enchaînés, de “My Heart Will Go On” au résilient “I’m Alive”, du touchant “Un garçon pas comme les autres” à “Courage”. La divine chanteuse s’est aussi permis quelques amusements, avec des reprises parfaites de “Sweet Dreams” d’Eurythmics ou du titre disco “I Feel Love” de Donna Summer. Souvent, elle s’arrête pour se confier : “Je dois vous avouer que le chemin était rocailleux. La route, plus longue que prévu, avec des escales non planifiées. Mais je me suis accrochée. J’y croyais.” Et voilà, elle est là. De son drame personnel, elle dit : “J’ai décidé d’en faire ma force de vivre.”

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Dans le silence, elle a même osé des airs d’opéra, comme le mythique "Ebben! Ne andro lontana”, air de la Wally, si attaché à la figure de La Callas, montrant que l'amplitude de ses octaves et la puissance de sa voix restaient exceptionnels. Enfin, nous nous sommes quittés
sur le très logique “Pour que tu m’aimes encore”. L’extrême popularité de Céline Dion est incontestable, mais plus unique, l'extraordinaire chanteuse parvient dans cette salle aux allures de stade, à installer une atmosphère de confidences ou l’audience oscille sans cesse entre les larmes et le bonheur.