Un retour « éprouvant », mais de premiers résultats « époustouflants » pour Sophie Adenot

Cinq jours après son retour sur Terre, la Française Sophie Adenot a fait le point mardi 13 octobre 2026 sur son état de santé après 8 mois en apesanteur.

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Sophie Adenot lors de son retour de la Station spatiale internationale.
Sophie Adenot lors de son retour de la Station spatiale internationale. - AFP
Par AFP Publié: 13 Octobre 2026 à 21h45

Temps de lecture: 2 min

« On a beau s’y préparer, c’est très éprouvant » : cinq jours après son retour sur Terre, Sophie Adenot a fait le point mardi sur son état de santé et raconté en détail ses huit mois dans la Station spatiale internationale (ISS).

Voici les principaux points de sa conférence de presse en visio réalisée à Cologne, en Allemagne, dans les locaux de l’Agence spatiale européenne (ESA).

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DES PREMIERS RÉSULTATS EN SANTÉ « ÉPOUSTOUFLANTS »

De son propre aveu, les 24 premières heures ont constitué « un cocktail assez intéressant de choses sur la santé ». Les premières images de l’astronaute française l’ont montrée très affaiblie, aidée de deux personnes pour pouvoir se tenir debout. Mais « c’était finalement ce qui est prévu dans le spectre du retour », a-t-elle commenté, apparaissant bien plus fringante mardi 13 octobre 2026.

« Autant les 24 premières heures ont été difficiles, autant la récupération se passe d’une manière plus rapide que la normale ». Surtout, les premières mesures sur sa densité osseuse et sa masse musculaire sont « absolument époustouflantes ». Grâce à un protocole d’exercices et de pratique sportive notamment, « non seulement (il n’y a) pas de perte de densité osseuse et pas de perte de masse musculaire, mais même dans certaines régions du corps, (on constate) une augmentation des deux », a-t-elle indiqué.

« On est en train de bouleverser ce qu’on dit depuis des années (…) On attend la suite des analyses bien sûr, mais ça va donner de l’espoir incroyable à beaucoup de malades : ceux touchés par l’ostéoporose, les personnes âgées, sans parler des maladies dégénératives ».

RENTRÉE ATMOSPHÉRIQUE : « UN ÉLÉPHANT ASSIS SUR LE HAUT DU CORPS »

L’astronaute est également revenue sur sa rentrée atmosphérique, avec beaucoup de détails.

« On a beau s’y préparer, c’est très, très éprouvant », a-t-elle souligné.

« La capsule se retourne pour montrer le bouclier atmosphérique, on commence à voir des flashes de lumière orange au travers de la fenêtre. Puis on ressent l’accélération extrême, qui va monter en puissance jusqu’à plusieurs G… on a l’impression qu’il y a un éléphant qui s’assoit sur le haut du corps. J’avais l’impression que quand j’inspirais à fond, j’allais casser mes côtes. Je suis contente d’avoir l’expérience du yoga. Mon cerveau était concentré uniquement sur l’aspect physiologique +ok je respire+. Les fenêtres ont commencé à s’occulter, on a ressenti le premier choc de l’extracteur de parachutes. C’est devenu difficile car la trajectoire est devenue non prédictible, puis on atterrit dans les vagues, beaucoup de vagues, on ne voit pas l’horizon, on se fait trimballer. C’est assez intense au niveau sensoriel, on est sollicité beaucoup plus que pendant les 8 derniers mois. Ça continue avec les vagues sur le bateau de récupération. J’ai seulement commencé à aller mieux dans l’hélicoptère ».

LES ODEURS DE L’ESPACE ET DE LA TERRE

« La station n’a pas de parfum parce que la plupart des parfums ont des molécules d’alcool or l’alcool ne peut pas être recyclé dans l’atmosphère de la station, donc l’odeur de la station est globalement neutre », a expliqué l’astronaute.

Mais la neutralité n’est pas toujours à l’œuvre : « Au retour de la sortie extravéhiculaire, quand on referme le sas et qu’on ouvre le scaphandre, on sent comme un métal brûlé. C’est difficile à décrire, mais c’est vraiment la sensation de quelque chose qui a carbonisé, un barbecue qui a mal tourné », décrit-elle. Mais ce n’est rien comparé aux premières odeurs captées au retour sur Terre. « C’est un peu comme au début de la grossesse, où on a le sens de l’odorat qui est exacerbé. On sent tout, puissance 10. L’odeur des embruns… incroyable ! L’odeur de la lessive, des vêtements, des gens… on redécouvre toutes les odeurs avec une joie extraordinaire ».

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