Un nouveau danger lié à l’IA se dessine : Boko Haram commence à l’i...
Utiliser les propres outils de l'ennemi pour le combattre : c'est l'un des fers de lance des groupes terroristes extrémistes. Et c'est notamment le cas de Boko Haram au Nigeria. Ses membres ont été formés à utiliser ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, ou encore DeepSeek pour mener à bien leurs funestes actions. L'IA aurait notamment été sollicitée pour la planification d'opérations, la réparation et la modification d'armes et la fabrication d'explosifs, mais aussi pour la logistique et l'analyse de situations rencontrées au combat.
Des membres du groupe ont même bénéficié de formations spécifiques délivrés par des soutiens occidentaux pour apprendre à contourner leurs bridages de protection. Cette pratique a été révélée par une étude du Cambridge Programme on AI Science & Policy, publiée en juillet dernier. Les chercheurs sont parvenus à recueillir 27 témoignages d'anciens membres de Boko Haram, au Nigeria, qui ont été initiés à ses chatbots en 2023 et 2024.
Et si l’IA devenait une arme de destruction massive ? Une étude évalue les risques
Est-ce que les intelligences artificielles pourraient aider une organisation terroriste à créer et planifier dans les détails une attaque biologique ou chimique dévastatrice ? Après expérimentation, le groupe de réflexion Rand a une petite idée sur la question…... Lire la suite
L'utilisation de l'IA par les organisations terroristes n'est pas une nouveauté. Mais elle servait surtout à réaliser des opérations de propagande, avec la génération d'images et de textes, de la traduction automatique, des campagnes de recrutement ou de la diffusion de contenus.
Leur utilisation en version débridée, leur permettent désormais de transformer ces chatbots américains ou chinois en une sorte d'assistant technique disponible à la demande, capable de répondre rapidement à leurs besoins spécifiques.
Des assistants pour la violence
Il apparaît également qu'il n'a pas besoin de disposer des modèles les plus puissants, puisqu'un test mené en 2026 par Tech Against Terrorism a montré qu'environ un tiers des réponses via des modèles basiques pouvaient apporter une aide jugée exploitable dans des scénarios liés au terrorisme.
Évidemment, lorsque les modèles étaient débridés, le niveau de réponse l'était également. Faut-il pour autant imaginer des terroristes pilotant des attaques complexes grâce à une IA ? Pas encore. L'étude de Cambridge repose principalement sur des témoignages rétrospectifs et montre surtout que ces groupes expérimentent et intègrent progressivement ces technologies.
Peut-on vraiment savoir tout ce qu’une IA est en train de faire, et être certain de pouvoir l’arrêter ?
Les agents d’intelligence artificielle sont au cœur du développement des nouveaux modèles. De plus en plus autonomes, ils sont désormais capables de planifier et d’exécuter des tâches complexes pour atteindre un objectif. Mais cette autonomie croissante soulève une question essentielle : comment s’assurer qu’une IA fait bien ce qu’on lui demande, et rien d’autre ?... Lire la suite
Ce qu'elle prouve également, c'est qu'il n'y a plus besoin de disposer de spécialistes dans les rangs des groupes terroristes. L'IA permet, de fait, d'abaisser le niveau de connaissances nécessaire pour résoudre certains problèmes techniques.
Face à ce constat et à la volonté de l'administration Trump d'aller toujours plus vite pour libérer la puissance des IA, il va devenir difficile, voire impossible d'empêcher que ces chatbots universels deviennent également des assistants pour la violence.