Un lycéen a eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade en France
Publié5. octobre 2026, 13:13
Crise en FranceUn lycéen a eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade
La présidente de la Ligue des droits de l’homme s’est dite «très inquiète» de la «dérive» des forces de l'ordre françaises, lors de leurs interventions face aux lycéens.

Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée lundi matin lors d’une manifestation à Lens, a déclaré le préfet du Pas-de-Calais lors d’un point presse, un accident qui s’est produit après que l’adolescent a ramassé une grenade, selon une source policière. Il s’agissait d’une grenade de désencerclement lancée par des CRS, selon une autre source syndicale policière : le lycéen aurait voulu ramasser l’engin pour le relancer et il lui a explosé dans la main. Une version contredite par un témoin, interrogé par Franceinfo.
Les autorités n’ont cependant pas donné d’informations sur les circonstances dans l’immédiat. C’est un fait «très grave» mais «les jours de ce lycéen, fort heureusement, ne sont pas en danger» et il a été transféré «très rapidement» dans un hôpital à Lille, a déclaré le préfet François-Xavier Lauch lors d’un point-presse à Lens.
«A l’heure où je vous parle, je ne suis pas en mesure de vous répondre si cet adolescent avait formellement récupéré une grenade qui a explosé dans sa main, ou si la grenade aurait atterri sur lui», a déclaré à ses côtés le procureur de Béthune, Etienne Thieffry.
La Ligue des Droits de l'Homme inquiète
La Ligue des droits de l’homme (LDH) a dénoncé, lundi, une «dérive globale par rapport à l'État de droit, le non-respect du cadre légal» lors des interventions des forces de l’ordre face aux lycéens mobilisés depuis plusieurs jours. La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, s’est dite, lors d’une conférence de presse avec d’autres organisations et syndicats en soutien au mouvement des lycéens, «très inquiète» de cette «dérive», estimant que, dans la façon dont les jeunes sont traités, «le droit international n’est pas seulement pas respecté, il est complètement bafoué».
Le procureur a ajouté avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour «délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente, afin que toute la lumière soit faite sur la chronologie et la relation des faits».
Le lycée professionnel Auguste-Béhal de Lens, où la victime était scolarisée, a annoncé sur Facebook son passage immédiat en cours à distance et l’ouverture d’une cellule d’écoute et de soutien.
(les/yb)

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