Un groupe pour le RN, entrée de LFI, Bruno Retailleau réélu: ce qu'il faut retenir des élections sénatoriales

Le Sénat le 21 juillet 2026. (Photo d'illustration)

Le Sénat le 21 juillet 2026. (Photo d'illustration) - LUDOVIC MARIN / AFP

La moitié des sièges de sénateurs étaient en jeu ce dimanche 27 septembre. Il a vu la droite subir une légère érosion du nombre de ses élus, au profit en particulier du Rassemblement national. Absente jusqu'à présent au palais du Luxembourg, La France insoumise va faire son entrée à la chambre haute.

Pas de chamboulement en vue au palais du Luxembourg, mais deux faits inédits notables. Les élections sénatoriales qui se déroulaient ce dimanche 27 septembre et qui ont vu la moitié des 348 sièges de la chambre haute être renouvelés, n'ont pas donné lieu à un renversement des rapports de forces au palais du Luxembourg.

Bien que perdant quelques élus, Les Républicains demeurent, et de loin, le premier parti en nombre de sénateurs. Autre enseignement majeur de ce scrutin: l'obtention par le Rassemblement national de plus de dix sièges, seuil à partir duquel il est possible de constituer un groupe parlementaire.

• Le RN va pouvoir constituer un groupe

C'était l'une des principales inconnues de ce cru 2026: le Rassemblement national parviendrait-il à passer la barre des dix sénateurs et à constituer ainsi un groupe parlementaire à la chambre haute pour la première fois de son histoire?

Sébastien Chenu, vice-président du parti, a mis fin au suspense le premier vers 19 heures. "Nous nous dirigeons vers la constitution d'un groupe RN au Sénat, c'est acquis", s'est-il félicité.

Puis les deux principales figures du parti, le président Jordan Bardella et la candidate à l'élection présidentielle Marine Le Pen, ont confirmé la nouvelle dans la foulée. "C'est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie", a résumé cette dernière sur son compte X.

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Le RN a notamment vu sa vice-présidente Edwige Diaz être élue en Gironde. Le Rassemblement national a aussi décroché un siège dans l'Hérault, le Vaucluse, le Gard ou la Seine-Maritime. Il a même obtenu deux sièges dans deux départements du Sud-Est, le Var et le Vaucluse, tandis que ses alliés de l'UDR ont vu deux de ses membres être élus dans les Alpes-Maritimes.

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Avoir un groupe permet d'avoir plus de bureaux, des moyens financiers supplémentaires pour embaucher de nouveaux collaborateurs, une exposition médiatique plus importante et la possibilité de lancer une commission d'enquête par session parlementaire.

• La France insoumise fait son entrée au Sénat

La France insoumise ne disposait pas du moindre élu au Sénat avant ce dimanche. Le scrutin du jour a permis à la formation menée par Jean-Luc Mélenchon de débloquer son compteur. LFI est d'abord passée tout proche d'envoyer une première sénatrice en la personne de Martha Peciña, candidate pour représenter les Français de l'étranger, mais il lui a manqué trois voix parmi les électeurs.

Sur son compte X, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a vu dans ce résultat la conséquence du "refus des Écologistes d'une liste commune EELV/LFI" faisant "perdre un siège à la gauche au détriment de la droite".

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Dans un communiqué, les Écologistes ont utilisé les mêmes arguments pour imputer la responsabilité aux insoumis. "Malgré le soutien de plusieurs voix écologistes à la liste menée par Martha Peciña, l’écart démontre comme attendu qu’il ne pouvait être comblé sans rassemblement", ont-ils jugé. "Le refus de cette main tendue a malheureusement offert ce siège à la droite."

C'est finalement dans le Rhône que LFI a connu son premier succès avec l'élection de Gabriel Amard, député du Rhône depuis 2022 et gendre de Jean-Luc-Mélenchon.

La France insoumise a également revendiqué une deuxième victoire en Haute-Garonne avec l'élection de Marc Péré, maire de L'Union et à la tête d'une liste LFI-Generation.s-Les Écologistes.

"Dans tous les départements, LFI fait des scores bien plus larges que son nombre de grands électeurs", a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, qui y a vu un "heureux augure pour 2027".

• Les Républicains toujours première force au Sénat

Comptant quelque 130 membres avant le renouvellement de la moitié de la chambre au programme ce week-end, le groupe emmené par Les Républicains a perdu quelques plumes au profit surtout du RN et de l'UDR.

Les résultats n'empêchent pas la droite de demeurer la première force politique au palais du Luxembourg et à garder la main sur la chambre haute avec ses alliés centristes. Conséquence logique, Gérard Larcher, président de l'institution depuis 2014, devrait être réélu lors du vote qui se tiendra ce jeudi 1er octobre.

• Quelques sièges perdus pour la gauche

Disposant de 65 sièges avant le scrutin, le Parti socialiste a perdu quelques sièges, par exemple dans le département de la Creuse, tout en en conquérant dans d'autres départements, notamment dans le Doubs et l'Hérault.

Du côté des Écologistes, ils ont perdu un siège en Gironde et un autre en Alsace, conséquence logique de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux dernières élections municipales. Ils seront cependant en mesure de conserver leur propre groupe parlementaire.

Enfin, pas de changement dans un sens ou dans l'autres pour les communistes, qui voyaient seulement quatre de leurs 18 sièges au Sénat être en jeu ce dimanche.

• Les chefs de file des Républicains et des Indépendants réélus

Figures du palais du Luxembourg, Claude Malhuret, le président du groupe Les Indépendants, et Mathieu Darnaud, le chef de file des sénateurs Les Républicains, ont tous les deux été confortablement réélus, et ce dès le premier tour.

Connu pour ses envolées à la tribune de la Chambre haute sur la politique internationale, Claude Malhuret, sénateur Horizons de l'Allier, a été réélu avec deux tiers des voix des grands électeurs. Le deuxième siège en jeu dans le département est revenu à un autre sénateur en place, l'élu LR Bruno Rojouan.

Mathieu Darnaud, qui a succédé à Bruno Retailleau comme patron des sénateurs Les Républicains, a lui aussi été réélu dans les grandes largeurs avec 62% des voix en Ardèche dès le premier tour de scrutin. Candidat à sa propre succession à la tête du groupe LR, il devrait rempiler sans problème, faute de candidat déclaré contre lui à ce stade.

• Bruno Retailleau conserve son siège en Vendée

Président du groupe LR pendant dix ans, de 2014 à 2024, et élu en Véndée depuis 2004, Bruno Retailleau va poursuivre son bail au Sénat. L'ancien ministre de l'Intérieur a remporté l'un des trois sièges mis en jeu dans le département avec sa liste, qui a recueilli plus de 62% des voix.

Bruno Retailleau a fait un grand chelem en Vendée avec l'élection de deux autres élus figurant sur sa liste, Annick Billon et Maxence de Rugy.

• Un élu LR élu en Corrèze avec Claude Chirac comme suppléante

Département associé à la fois aux figures de Jacques Chirac et de François Hollande, la Corrèze voyait ce dimanche se présenter Thomas Jacquelin, attaché parlementaire de l'ancien président socialiste, et la fille de l'ancien chef de l'État de droite, Claude Chirac, dans le rôle de suppléante du LR Julien Bounie.

Le département rural a finalement vu une large victoire des Républicains, qui ont décroché les deux sièges. Pascal Coste, président du conseil départemental depuis 2015, a obtenu 74% des voix tandis que Julien Bounie a été élu avec 70% des suffrages des 761 électeurs.

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