Un détenu en détresse à la prison de Mons : "Les secours sont arrivés le lendemain", dénonce son avocat
Le 8 août dernier, le téléphone de Me Berger sonne en soirée. Au bout du fil, un détenu de la prison de Mons lui lance un appel à l'aide. Son client, Rachid (prénom d'emprunt), doit prochainement comparaître devant le tribunal. Mais à cet instant, il est surtout en train d'étouffer, allongé sur le sol de sa cellule.
Mercredi, Rachid a finalement comparu devant le tribunal correctionnel. Son état de santé s'est amélioré, mais il est encore loin d'avoir retrouvé la forme. Une situation dont son avocat a profité pour dénoncer les conditions dans lesquelles son client a été pris en charge derrière les barreaux.
"Il a été pris en charge le lendemain de mon appel à la prison, pour être hospitalisé. C'est un miracle de l'avoir récupéré à demi-conscient. Les soins de santé apportés en prison ne sont pas adéquats. Ils sont même, humainement, indignes", dénonce Me Berger.
Objectif : Sortir de prison
Mais l'avocat le rappelle : il n'est pas là pour faire de la médecine, mais du droit. Son objectif est clair : obtenir la sortie de prison de Rachid afin que celui-ci puisse bénéficier des soins dont il a besoin.
Car le prévenu se retrouve derrière les barreaux dans le cadre de la révocation d'un sursis. Le 26 janvier 2022, il avait été condamné à deux ans de prison, avec un sursis probatoire de cinq ans.
Mons : 80 heures de travail pour avoir frappé sa voisine, laquelle était aussi son ex-compagneMais le 4 décembre 2025, le tribunal avait décidé de révoquer ce sursis. "Depuis le 17 mars 2023, il n'a plus donné aucun signe de vie, alors qu'il s'était montré collaborant avec son assistant de justice au début. Un rapport a été rédigé et la commission de probation a demandé au tribunal de mettre fin à ce sursis. La décision a été prononcée par défaut", rappelle le substitut du procureur.
Deux analyses
Le ministère public dit comprendre les difficultés médicales actuelles du prévenu, mais estime que la révocation doit être confirmée. "En septembre 2024, il a écopé d'une peine de quatre mois de prison pour un vol en état de récidive. C'est la preuve qu'il ne respecte pas les conditions de son sursis", estime le parquet.
Me Berger ne nie pas le passé judiciaire de son client. Mais il estime surtout qu'il n'est pas trop tard pour lui donner une nouvelle chance.
Malgré son état de santé préoccupant, Rachid veut désormais tenter de reprendre sa vie en main. Son avocat demande donc au tribunal de tenir compte de sa situation actuelle et de lui permettre de se faire soigner dans de meilleures conditions, hors de la prison.
L'affaire a ainsi pris une dimension qui dépasse largement la seule question de la révocation du sursis : celle de la prise en charge médicale des détenus et de la possibilité, pour un homme malade, de retrouver une place dans la société plutôt que de rester derrière les barreaux.