Un clou supplémentaire dans le cercueil de Doel 3 et Tihange 2
D'ici au 1er octobre prochain, le groupe français Engie et le gouvernement De Wever espèrent aboutir à un accord-cadre (head of terms) sur la nationalisation du parc nucléaire belge.
Pour rappel, cinq réacteurs nucléaires sur sept ont déjà été arrêtés et ne respectent pas les dernières normes de sûreté nucléaire. L'Arizona étudie donc la faisabilité et le coût d'un éventuel redémarrage.
Selon le cabinet du ministre de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR), la "due diligence" (audit préalable) est toujours en cours, notamment pour "évaluer l'état des réacteurs". Son objectif est de savoir s'il est possible et rentable d'investir dans la prolongation de chaque réacteur.
"Ces prélèvements sont la cerise sur le gâteau."
On savait déjà que Doel 3 et Tihange 2 étaient les réacteurs qui avaient le moins de chances d'être prolongés. En effet, Doel 3 a été arrêté en 2022 et Tihange 3 en 2023. La phase de préparation au démantèlement est donc déjà bien avancée. En outre, il s'agit des deux réacteurs dont la cuve est touchée par des défauts dus à l'hydrogène. Or les études qui attestent que ces défauts ne sont pas problématiques ont simulé une durée de fonctionnement de 40 ans, qui a déjà été atteinte.
Prélèvements non divulgués
Selon nos informations, un nouvel élément complexifie encore davantage un éventuel redémarrage de Doel 3 et Tihange 2. En effet, durant l'hiver 2024-2025, Engie a prélevé des échantillons dans la cuve du réacteur de Doel 3 puis de Tihange 2. Des prélèvements qui rendent impossible un redémarrage des deux unités, sauf en cas d'hypothétique remplacement de leur cuve (une opération qui n'a jamais été réalisée dans le monde).
Le gouvernement fédéral était-il au courant de ces prélèvements lorsqu'il a annoncé qu'il entamait des négociations exclusives avec Engie autour de la nationalisation du parc nucléaire ? Contacté, le cabinet Bihet répond que le ministre de l'Énergie n'était pas au courant.
Une nationalisation du parc nucléaire pourrait-elle être rentable ?Engie, de son côté, insiste sur le fait que les prélèvements ont été réalisés avant le début des négociations sur la possible nationalisation du parc nucléaire. Depuis l'entame de ces négociations, l'énergéticien a arrêté ses opérations de démantèlement des réacteurs.
Enfin, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) indique qu'Engie a procédé à ces prélèvements à sa demande et à celle de l'Ondraf, l'organisme public chargé de gérer les déchets nucléaires.
D'autres sources estiment que ces prélèvements étaient discutables et assimilent cela à du sabotage.
Le but des prélèvements était de mesurer précisément le niveau de radiation des différentes parties des cuves. Le but final étant de savoir comment traiter et trier les déchets issus des cuves.
Selon l'AFCN, ces prélèvements ont été approuvés et font partie des activités préparatoires au démantèlement. Le gendarme nucléaire réfute donc les accusations selon lesquelles Engie a procédé à des prélèvements illégaux.
"Une nouvelle à en tomber de sa chaise" : après des discussions secrètes, l'État ouvre la porte au rachat des centrales nucléaires d'EngieD'autres sources estiment que ces prélèvements étaient discutables et assimilent cela à du sabotage.
Quoi qu'il en soit, un redémarrage de Doel 3 et Tihange 2 est très peu probable. "Ces prélèvements sont la cerise sur le gâteau", nous explique une source.
Mais certaines sources, pro nucléaires et optimistes, estiment qu'on peut toujours remplacer la cuve d'un réacteur. Il reste à voir si ce serait rentable.
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