Un Carolo mi-indic, mi-trafiquant est retrouvé défenestré: officiellement un suicide
La carrière de Raymond Haddad, un Carolo de 49 ans, s'est achevée brutalement, même si elle était depuis longtemps prévisible. Il s'est d'abord fait pincer pour un trafic de cocaïne. Comme d'habitude la marchandise était produite en Amérique latine mais, cette fois la "blanche" était planquée dans des pantalons fabriqués là-bas. Les wagons chargés de pantalons fourrés passaient par le Maroc et traversaient l'Espagne.
Un indic a dénoncé le trafic et quand les camionneurs sont arrivés à Bruxelles, ils étaient attendus par la police judiciaire fédérale (PJF). L'un des deux s'est montré bavard, jurant qu'il ignorait la présence de coke dans les pantalons. Plus tard, il a été acquitté.
Cet interlocuteur volubile a désigné Raymond Haddad qui, lui aussi, a joué franc-jeu et a même dénoncé toute la filière à Bruxelles et surtout jusqu'en Amérique du Sud, avec les points de passage. Le trafic était important: le total de la cocaïne saisie pèse près de 28 kilos.
Raymond Haddad n'a pas caché que, comme il contribuait activement à l'enquête, il mériterait une remise de peine, voire son acquittement, en tant que repenti. Il a répété à l'envi qu'il était lui-même un indicateur de la PJ.
Plusieurs fois condamné
Loin de suivre le raisonnement du Carolo, le tribunal correctionnel de Bruxelles a rapidement exclu toute mesure de clémence puisqu'il était le dirigeant de l'organisation criminelle. Il a écopé de sept de détention ferme mais il a fait appel. Et à partir de ce moment-là, la procédure s'est enlisée, au point qu'il a été remis en liberté. Il avait de solides appuis. La cour d'appel de Bruxelles a réduit la sanction à deux ans de détention ferme.
Sur le côté, Raymond Haddad réalisait des escroqueries dont plusieurs réalisées avec un ancien avocat. L'une d'elles a permis de récolter 355 000 €. Puis, le duo a virtuellement fait revivre un mort: un vieil homme fortuné qui n'avait pas de famille et pas d'ami. Ces escrocs de haut vol se sont emparés de tout ce qu'il était possible de soutirer et de négocier, même avec les banques. La fabrication de faux ne les ont pas dérangés.
Mais les meilleures choses ont une fin : le cadavre de Raymond Haddad a été retrouvé sur un trottoir. Thèse officielle : il s'est suicidé en se jetant de la fenêtre de son immeuble.
This is the end.
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