"Un cap a été franchi" : pourquoi l'Iran menace de mort l'un des fils de Donald Trump

Ce lundi, quelques heures avant l'annonce par l'administration américaine de sanctions économiques de grande ampleur à l'encontre de l'Iran et de ses partenaires, les médias d'État iraniens ont relayé une vidéo promettant une récompense de 10 millions de dollars (8,7 millions d'euros) en échange de la tête de Barron Trump, le plus jeune fils du président des États-Unis.

Le titre du clip réalisé par une agence liée aux Gardiens de la Révolution, bras armé idéologique du régime des mollahs, est sans équivoque : "Où tuer Barron Trump ? !" s'affiche sur l'écran en lettres sanglantes, à côté du portrait rouge vif du jeune homme de 20 ans.

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Dans cette vidéo réalisée avec l'aide de l'intelligence artificielle, on découvre les habitudes de vie (supposées) du fils cadet de Donald Trump, comme le dispositif de sécurité l'entourant à l'université et sa passion pour les jeux vidéo. Cette séquence, relayée notamment par la chaîne publique iranienne IRIB TV3, donne l'impression que les autorités iraniennes surveillent les moindres faits et gestes du fils unique de Melania Trump.

Une série de menaces ciblant le clan Trump

Cette dernière avait été ciblée de la même manière en juillet dernier par les Gardiens de la Révolution, qui indiquaient dans une vidéo aux codes visuels semblables les lieux où elle faisait habituellement du shopping, pointant son obsession pour la mode.

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"Même s'il ne faut pas la prendre à la légère, le passé a montré que l'Iran arrive peu à ses fins en matière d'assassinats de personnalités politiques de nationalité étrangère"

Mais l'ennemi numéro un de Téhéran reste le président américain lui-même, déjà menacé à plusieurs reprises par le passé. Le mois dernier, après un sommet de l'Otan en Turquie, il a même dû changer d'avion pour brouiller les pistes alors que les services de renseignement américains redoutaient un tir de missile iranien sur l'engin.

Donald Trump n'a pas (encore) réagi aux menaces iraniennes à l'encontre de son plus jeune fils. Mais tandis que le Trésor américain détaillait ce lundi les sanctions économiques visant Téhéran, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a de son côté affirmé à la chaîne israélienne Channel 14 que l'Iran avait "essayé de tuer" l'un de ses fils, sans en dire plus. Amit Segal, journaliste connu en Israël, a levé un coin du voile en écrivant sur sa chaîne Telegram que la tentative d'assassinat présumée était connue depuis "des mois" mais faisait l'objet d'une interdiction de publication.

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"Une forme d'escalade"

Selon Jérémy Dieudonné, professeur invité à l'UCLouvain et spécialiste des relations entre les États-Unis, Israël et l'Iran, la publication de cette vidéo est une nouvelle démonstration de la "rhétorique guerrière" affichée par les Gardiens de la Révolution à propos de l'ennemi américain.

La menace planant au-dessus de Barron Trump doit-elle inquiéter le clan du locataire de la Maison-Blanche ? "Même s'il ne faut pas la prendre à la légère, le passé a montré que l'Iran arrive peu à ses fins en matière d'assassinats de personnalités politiques de nationalité étrangère. Et quand on parle du cas américain, ce sont probablement les personnes les mieux protégées au monde, d'autant que les Iraniens n'ont pas un réseau très développé aux États-Unis".

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"Un cap a été franchi. Il y a une forme d'escalade, qu'on constate régulièrement dans le chef de Téhéran lors de l'annonce de sanctions"

La vidéo promettant 10 millions de dollars en échange de la tête de Barron Trump serait surtout, selon l'assistant à l'Institut de sciences politiques Louvain-Europe, une réponse à l'annonce des nouvelles sanctions économiques américaines. "Un cap a été franchi. Il y a une forme d'escalade, qu'on constate régulièrement dans le chef de Téhéran lors de l'annonce de sanctions".

Jérémy Dieudonné voit également un autre message adressé via les menaces répétées des Gardiens de la Révolution à l'encontre du clan Trump : "Israël et les États-Unis ont décapité une bonne partie de l'appareil étatique iranien, en tuant des dizaines de dirigeants politiques et militaires, dont le guide suprême. Pour l'Iran, c'est aussi une manière de rendre les coups". Une soif de vengeance qui n'est pas près de s'éteindre.

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