A Carcassonne, un aumônier militaire appelle « les gauchistes » à se calmer lors d’une messe
Une vidéo révélée ce vendredi 18 septembre montre, dans la cathédrale Saint-Michel, l’aumônier militaire du régiment de parachutistes de Carcassonne appelant « les gauchistes » à se « calmer ». JACQUES SIERPINSKI / AFP
Des propos critiquant les « gauchistes » et tenus par un aumônier militaire, censé être neutre, sont ressortis ce vendredi 18 septembre. Lors d’une messe en 2025, l’aumônier militaire rattaché aux 3e et 8e régiments de parachutistes d’infanterie de marine de Carcassonne a appelé « les gauchistes » à se « calmer. » Il avait été rappelé à l’ordre le jour même pour ses propos « inappropriés. »
Suite à la diffusion de cette vidéo ce vendredi par « le Canard Enchaîné », plusieurs mois après les faits donc, le ministère des Armées, tout juste informé, a haussé le ton. Catherine Vautrin a demandé que « soit instruit l’engagement d’une procédure disciplinaire »
Le prêtre critiquait notamment « ceux qui mangent de la graine » ou « font la morale à tout le monde » et enjoignait aux militaires présents : « A vous de dire : “calmez-vous les gauchistes, respirez par le nez”. » Dans la cathédrale Saint-Michel résonnaient alors rires et applaudissements du côté de l’assistance, comme le montre la vidéo. Et d’ajouter également : « Je vous encourage mes chers amis à continuer à combattre, à continuer à avoir le courage de vos convictions comme j’essaie de le faire à cette messe. »
Le ministère a déclaré que « les propos à caractère politique tenus par l’aumônier des 3e et 8e RPIMa dans son homélie du 7 octobre 2025 étaient inappropriés, les obligations de réserve et de neutralité politique s’imposant à tous les membres de l’institution, y compris aux aumôniers militaires. » Et l’institution de préciser qu’ils avaient fait, le jour même « l’objet d’un rappel à l’ordre formel de l’aumônier. » L’aumônier lui-même a « présenté des excuses publiques à la fin de son homélie puis à la fin de la messe, et par écrit envers les élus qui avaient manifesté leur réprobation », ajoute-t-elle.
Quant au diocèse de Carcassonne et Narbonne, un de ses porte-parole a indiqué que ce dernier « prêt[ait] habituellement la cathédrale Saint-Michel à différentes occasions » et qu’il était « d’usage que cette célébration en l’honneur de saint Michel, leur saint patron, y soit accueillie ». « L’aumônier militaire ne relève toutefois pas de l’autorité de notre diocèse, mais du diocèse aux Armées françaises », a-t-il souligné.
Des propos « hallucinants »
Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo a suscité l’indignation à gauche, notamment de la part d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qui qualifie l’extrait d’« hallucinant ». Dans un tweet également, Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle, juge que le discours, à « supposer qu’[il] ait sa place dans l’Église catholique, […] n’en a aucune dans l’armée française », y voyant des « injures racistes et propos séditieux ».
Carcassonne, dirigée par un nouveau maire issu du Rassemblement national (RN), Christophe Barthès, fait régulièrement la une de l’actualité depuis l’élection de ce dernier en mars. Depuis quelques jours, alors que la gauche dénonce le climat qui a pu s’installer avec l’arrivée de l’extrême droite dans la ville célèbre pour sa cité médiévale, deux vidéos mettant en cause la police ont suscité la polémique.
Une première vidéo, dans laquelle des policiers municipaux tiennent des propos racistes, homophobes et complotistes, a entraîné leur suspension. Une seconde montrant un agent de la police nationale jeter violemment à terre un SDF, décédé treize jours plus tard, a entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « violences volontaires ».
Par Service Actu (avec AFP)