Exécution en direct : Trump sème le doute

Donald Trump a semé le doute vendredi sur la diffusion en direct de l'exécution par l'armée de l'auteur d'un attentat mortel contre des soldats américains, dont l'annonce par son secrétaire de la Défense, Pete Hegseth, a soulevé l'indignation. 

Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas, où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 autres, le 5 novembre 2009, lors d'un attentat inspiré par l'organisation djihadiste Al-Qaïda.

Un homme dans un fauteuil roulant.

Nidal Malik Hasan lors d’un transfert en prison, en 2010.

Photo : Getty Images

Interrogé sur ce projet de retransmettre en direct sa mise à mort, le président a affirmé à la Maison-Blanche : Ils sont en train de prendre une décision, mais il sera tué par peloton d'exécution.

Donald Trump, fervent partisan de la peine capitale, s'est félicité qu'elle soit appliquée à Nidal Hasan, pour lequel il a personnellement approuvé le peloton d'exécution, en tant que commandant en chef.

Son vice-président, J.D. Vance, avait auparavant pris ses distances avec l'annonce de Pete Hegseth, ancien présentateur de Fox News friand de mises en scène martiales.

Je ne sais pas si cela va avoir lieu, a-t-il répondu à un journaliste de l'AFP. Si c'est diffusé en direct, je ne regarderai pas, a-t-il ajouté.

J.D. Vance parle dans un micro.

Le vice-président J.D. Vance a lui aussi exprimé sa réticence et a mis en doute la réalisation de ce projet.

Photo : Getty Images / Samuel Corum

Comme l'Iran et les talibans

Fait très rare, des élus membres du Parti républicain, le parti de Donald Trump, ont exprimé publiquement, en des termes très forts, leur opposition à cette idée.

Je soutiens totalement la condamnation à mort, mais diffuser des exécutions en direct est ce que font les djihadistes. L'Amérique vaut mieux que ça, a ainsi déclaré Austin Scott, élu à la Chambre des représentants.

Le sénateur démocrate Mark Kelly, ancien astronaute et officier de la Marine, a également souligné que Nidal Hasan est un meurtrier qui devra répondre de ses actes.

Mais une exécution publique? Ici aux États-Unis? C'est le genre de choses que font l'Iran et les talibans. Est-ce à eux que nous voulons être associés?, s'est-il étonné, faisant écho à d'autres réactions, notamment de l'étranger.

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Une telle diffusion en direct constituerait une forme de torture, a prévenu le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, réitérant sa position face aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran.

Cette mise à mort sera la première effectuée par l'armée américaine depuis 1961, et la première par peloton d'exécution depuis 1945.

Cruauté

Une diffusion en direct ne ferait qu'aggraver la cruauté de la peine de mort et perpétuer le cycle de violence auquel les autorités disent vouloir mettre fin, a affirmé un responsable de la section américaine d'Amnesty International, Justin Mazzola.

Cette annonce s'ajoute à la manifestation de cruauté à laquelle nous venons d'assister lors de la tentative insensée d'exécuter Christa Pike dans le Tennessee (sud), a-t-il ajouté.

Il faisait référence à l'exécution ratée sans précédent, la semaine dernière, d'une femme qui a survécu à deux injections létales, relançant le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.

Le président de la Conférence des évêques catholiques américains, l'archevêque Paul Coakley, a qualifié la décision de fusiller publiquement Nidal Hasan de promotion barbare d'une culture de la mort.

Selon Amnistie internationale, au moins 17 exécutions publiques ont eu lieu en 2025 dans le monde : 11 en Iran et 6 en Afghanistan.

Nidal Hasan, psychiatre militaire et Américain musulman d'origine palestinienne, touché à la colonne vertébrale lors de la fusillade en 2009, est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant.

Il sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public, a affirmé le secrétaire Hegseth dans une interview filmée mercredi, sans préciser quel canal de diffusion était envisagé.

YouTube, Meta et X n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de l'AFP pour savoir s'ils autoriseraient cette diffusion sur leurs plateformes.

TikTok a renvoyé à sa politique prohibant les images choquantes ou violentes, y compris celles montrant un individu se faisant abattre.

L'immense majorité des exécutions dans le pays relève des États, les exécutions fédérales étant rares et celles relevant de la justice militaire désormais exceptionnelles.

L'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC) a recensé 135 exécutions de soldats par l'armée américaine depuis 1916.