Triathlon : la résilience de Cathia Schär après avoir son grave accident
Le 30 mars 2025, la vie de Cathia Schär bascule. Lors d'un entraînement à vélo, la triathlète percute de plein fouet une voiture et frôle la mort. Moins d'un an plus tard, la Vaudoise de 24 ans remporte une victoire symbolique au semi-Ironman de Valence, transformant cette épreuve en une force inattendue. Animée par une résilience hors du commun, Cathia vise maintenant une "revanche" aux Jeux olympiques de Los Angeles après une expérience décevante à Paris.
"J’ai senti que j’étais vraiment déformée. Mais je n’avais pas du tout conscience à quel point c’était grave", se souvient Cathia. Une perception en décalage total avec la réalité brutale que découvrent ses parents, arrivés sur place peu après le choc. "Elle était quand même très défigurée. J'ai dû me retourner puis partir tout de suite. Je me suis dit : 'maintenant, c'est un peu la fin'", raconte sa maman Sylvia avec émotions. "On a appris qu'elle était à deux millimètres de la mort. C'était un immense choc", explique son papa Jean.
La jeune triathlète passe 3h30 sur la table d'opération. La lèvre et le cou sont sévèrement touchés. Mais à peine trois jours après l'accident, elle n'a qu'une idée en tête: reprendre l'entraînement. "C'était sa première question", se marre son entraîneur Nicolas Montavon. Loin d'anéantir sa carrière, l'accident a agi comme un révélateur. "Elle s’écoute beaucoup plus, elle prend des décisions qui sont centrées sur ses besoins et non sur les attentes des gens. Ça l'a amenée sur une dimension supérieure."
Cette épreuve, bien que brutale, l'a ramené à l'essentiel. "J'ai appris que les choses plus difficiles que j'ai vécues, ce n’est pas une faiblesse, mais c'est plutôt une ressource pour pouvoir aller plus loin", analyse-t-elle aujourd'hui. "J'ai redécouvert plein de petits plaisirs ". Le sport, plus qu'une discipline, est son équilibre. "Je ne me sens pas très bien quand je ne peux pas faire de sport".
Les marques de l'accident, d'abord une épreuve, sont devenues une partie d'elle. "On m'a dit plusieurs fois que c'était aussi une beauté d'avoir des cicatrices de la vie. Je le prends plutôt bien maintenant", sourit-elle. Une force et une résilience qui lui ont permis de remporter en avril le semi-Ironman à Valence.
Le regard est désormais tourné vers l’avenir, avec une détermination nouvelle. "Mon gros objectif, ce sont les prochains Jeux à Los Angeles. J'aimerais pouvoir prendre ma revanche après Paris", annonce-t-elle, osant même formuler son ambition ultime : "Mon rêve, c'est une médaille olympique."
Floriane Galaud et Stan Luisier