"Tout le monde était d’accord pour rajouter une petite couche de suspense" : la Starligue change de formule
Le président de la Ligue nationale de handball, Fabrice Boutet, justifie le changement de formule du championnat.
Pourquoi cette nouvelle formule du championnat ? Vous ne vouliez pas d’un 13e titre consécutif pour le Paris Saint-Germain ?
Thierry Omeyer (manager général du PSG) a été le premier à me poser cette question. Pour la 260000e fois je vais donc y répondre. Sans le PSG, on n’aurait pas le handball professionnel que l’on a aujourd’hui. Il nous tire vers le haut. Les autres clubs veulent se mesurer à un tel leader. C’est la première chose. Concernant la formule, à mon arrivée à la tête de la Ligue (en mars 2024), il y avait déjà une réflexion sur le sujet. Tout le monde était d’accord pour rajouter une petite couche de suspense à notre championnat.
On a réfléchi, regardé ce qui marchait ailleurs. On voulait aussi emmener le fan jusqu’au bout de la saison. Regardez les play-offs de ProLigue la saison dernière, c’était un feu d’artifice.
N’y avait-il pas aussi la pression du diffuseur, beINSPORTS, avec lequel vous avez signé un nouveau contrat de 5 ans, jusqu’en 2031 ?
Non, justement. Il a été très clair. L’idée c’était plutôt : "Présentez-nous un projet et on vous suit". Il n’y a eu aucune pression. Le diffuseur a été très honnête avec nous. Mais quand vous voulez changer les choses, mieux vaut le faire quand tout va bien.
Le 2e championnat au monde
En 2018, la France avait trois représentants au Final 4 de la Ligue des champions (Montpellier, Paris et Nantes). La Starligue semblait pouvoir concurrencer le championnat allemand. N’a-t-on pas perdu un peu de terrain depuis ?
Il faut être honnête sur le sujet. Oui on a perdu du terrain face à la Bundesliga. On a quand même six équipes en Coupes d’Europe.
Mais plus aucune ne va au bout…
Il est clair que pour nous l’objectif est d’installer les équipes françaises sur les podiums européens de façon pérenne. Si nous n’avions rien changé, nous aurions conservé ce retard. La nouvelle formule, le contrat avec beINqui augmente notre visibilité, l’arrivée de nouveaux partenaires (Daïkin, Konica Minolta, Mizuno…), on se dit que, peut-être, il y a un intérêt. On reste le deuxième championnat du monde. Tous les sports ne peuvent pas dire ça.
Lyon a longtemps tenu la corde pour accueillir la finale du championnat. Ce ne serait plus le cas. On parle désormais de Paris. Ce qui ne ravit pas les dirigeants de Montpellier.
Il nous faut une grande salle à la hauteur de l’événement. Lyon n’étant pas disponible, il y a l’Accor Arena à Paris. Ce sera officialisé en septembre.