Tourcoing. Philippe s'offre Darmanin (et des frites) pour illustrer son rassemblement de la droite et du centre

Gérald Darmanin et Édouard Philippe, dans une cabane à frites installée dans le jardin botanique de Tourcoing, servant quelques-uns des 1 400 inscrits pour la rentrée du ministre de la justice. La mise en scène est soignée mais elle a un sens. Elle rappelle, comme Doriane Becue, la maire de Tourcoing, le souligne, qu’un « politique doit savoir ce que représente le travail ». L’image fixe aussi, en ce début de campagne électorale, un rapprochement politique : celui de la sensibilité de la droite populaire et sociale de Gérald Darmanin, avec la droite plus assumée et libérale d’Édouard Philippe.

Gérald Darmanin et Édouard Philippe, chantres de la droite populaire : illustration dans une baraque à frites à Tourcoing.  Photo SIPA/Jeanne Accorsini

Gérald Darmanin et Édouard Philippe, chantres de la droite populaire : illustration dans une baraque à frites à Tourcoing.  Photo SIPA/Jeanne Accorsini

De la droite conservatrice au centre

Sur les terres du Nord, dans une ambiance populaire et avec des frites et des gaufres liégeoises, Édouard Philippe, candidat actuellement le mieux placé du bloc central pour accéder au second tour, entend illustrer qu’il peut rassembler toute la droite. Celle qui va de la droite conservatrice au centre. Donc de Retailleau à Attal. Pour favoriser cette conjonction, et bâtir une future majorité, Édouard Philippe s’est dit favorable à une sorte de « confédérations de partis ».

Le soutien de Gérald Darmanin est un élargissement bienvenu au moment où la campagne s’accélère. Les deux hommes sont proches dans la vie, mais pas toujours alignés politiquement. « Il n’y a pas d’opposition entre le travail et la solidarité. Il n’y a pas d’opposition entre l’entreprise et la justice sociale », rappelle Gérald Darmanin devant ses soutiens. Il vante « l’écoute sociale », nécessaire, selon lui, pour gagner. Il le dit en tant qu’élu et réélu dans une ville qui ne vote pas à droite.

Dans un contexte politique de recomposition, où les deux extrêmes, le RN et LFI, jouent les premiers rôles dans les intentions de vote, Gérald Darmanin va endosser de façon officieuse le rôle de « monsieur rassemblement ». « Toutes les ambitions sont respectables, mais il ne peut y avoir qu’un seul candidat au premier tour », a-t-il prévenu, devant les présents, dont plusieurs dizaines de parlementaires.

Diversité mais pas division

« Un soutien n’est pas un alignement », insiste l’entourage d’Édouard Philippe qui apprécie que Gérald Darmanin dise ce qu’il pense. « Nous ne sommes pas identiques mais la question est de faire de nos différences une force pour le pays », assume le candidat. « Le problème n’est pas la diversité mais la division », ajoute-t-il. « Darmanin peut parler à des électorats très différents et Édouard Philippe a besoin autour de lui de moteurs latéraux », vante un des amis du garde des sceaux, ancien député.

Les deux hommes ont ainsi des nuances, notamment sur l’immigration et sur le travail. Des nuances « mais pas d’incompatibilité », disent-ils. Sur le travail par exemple, Édouard Philippe fait campagne en disant qu’il faudra travailler davantage. Gérald Darmanin souscrit à cette idée, mais réclame un « œil attentif » à ceux qui ne peuvent pas travailler plus longtemps. « Mon projet pour les retraites sera responsable pour tous et juste pour chacun », lui a promis Édouard Philippe ce dimanche. Pour en connaître les modalités, il faudra patienter. La campagne ne fait que commencer.