"Ce que j’ai dit dans le vestiaire ? C’est bien, mais...", tempère Caudullo malgré la victoire au Racing 92
Joan Caudullo ne cachait pas les imperfections montpelliéraines après la victoire arrachée au Mans. Le manager héraultais reconnaissait même que le Racing aurait pu l’emporter, samedi après-midi…
Quel regard portez-vous sur cette victoire arrachée face au Racing ?
On n’est pas réalistes en première mi-temps. On est dominés au milieu du terrain, sur les rucks, alors que c’est notre ADN. J’ai trouvé, et c’est ce que je leur ai dit à la mi-temps, qu’on avait fait preuve d’un petit peu de suffisance. En revanche, j’ai aimé le fait qu’on n’ait rien lâché. On a été dominés en fin de match et on a défendu notre ligne jusqu’au bout. Ça reste très positif de rentrer dans les six.
Avez-vous senti votre équipe fébrile lorsque le Racing 92 a poussé en fin de rencontre ?
Oui, autour de la 70e minute, quand on n’arrivait plus à sortir de notre camp. Sur nos fondamentaux, qui sont quand même importants, on perdait les ballons, que ce soit en touche ou en mêlée. On a été pénalisés alors qu’on est normalement assez disciplinés. Ils nous ont mis sous pression. Ce que nous avons l’habitude de faire aux autres, ils nous l’ont fait et plutôt bien en fin de match. Ça se joue à pas grand-chose et s’ils gagnent, il n’y a rien à dire.
Vous venez de remporter deux de vos trois matchs disputés à l’extérieur. Qu’est-ce que cela change ?
Partir sur trois matchs à l’extérieur, je me suis dit que ça allait peut-être devenir compliqué. Mais les joueurs ont été exceptionnels à Bath en Champions Cup. Et encore aujourd’hui, c’est un résultat très positif. Maintenant, il ne faut pas qu’on se rate à domicile. On a deux matchs importants et on s’est déjà loupés contre Pau. C’est ce que j’ai dit dans le vestiaire : c’est bien, mais il faut valider ces deux victoires à l’extérieur par deux victoires à domicile.
Quelles sont les nouvelles d’Alexandre Bécognée, sorti sur blessure en première période ?
On verra ce qu’a Alexandre. Je pense qu’il ne jouera pas la semaine prochaine, en tout cas. Ça risque d’être un petit peu long. En ce moment, il y a des blessures qui touchent un peu tout le monde. Je le prends avec philosophie parce qu’on parle d’humains qui se blessent. Le Racing aussi est touché. Ce n’est pas ça qui fait la différence. On a encore des joueurs qui n’ont pas joué ce week-end et qui peuvent rentrer, ainsi que de bons jeunes. Il y a des mecs qui doivent prendre le maillot et le garder. On va trouver des solutions. On a assez de ressources pour aligner une bonne équipe et ne pas se cacher derrière ça si on venait à perdre.
Que vous apporte Adam Hastings, votre recrue écossaise à l’ouverture ?
C’est quelqu’un qui anime super bien et je trouve que c’est un plus pour nous. Maintenant, il a besoin de travailler sur les sorties de camp. On l’a vu entre la 60e et la 80e : dès qu’on avait le ballon, on n’arrivait pas à sortir de la pression du Racing alors que je pense qu’il y avait moyen de le faire. L’URC est un championnat plus prolifique en termes d’essais, où on est plus à même de jouer dans nos 40 mètres. Je ne lui interdis pas de le faire, mais il faut arriver à bien sortir de notre camp et remettre la pression sur l’adversaire. En termes d’animation, on l’a recruté pour ça et pour qu’il nous amène une concurrence à Domingo Miotti.
Le Racing dispute quasiment tous ses matchs à domicile à l’extérieur cette saison. Est-ce un véritable handicap selon vous ?
Moi, si j’étais à la place de Patrice (Collazo), ce serait quelque chose de compliqué. Même s’il ne peut pas se cacher derrière ça, bien sûr. Nous, on l’a vécu quand on était à Béziers. C’est à côté de chez nous, mais ce n’est pas chez nous. Et c’est plus facile de gagner à Montpellier qu’à Béziers. Je pense que pour lui, c’est la même chose : c’est plus facile de gagner chez lui, à Colombes ou à l’Arena. C’est une réalité, il ne faut pas se voiler la face. […] Le Racing, c’est une équipe qui a été demi-finaliste la saison dernière et ce n’est pas un hasard, vu ce qu’on a vécu aujourd’hui sur le terrain. Vu la qualité et la densité de leur effectif, compte tenu du fait qu’on rentre en hiver, je ne suis pas trop inquiet pour eux.