"J’aurais presque pu coacher à la 30e minute", soupire Urios après la défaite de Clermont à Bayonne

Le manager de Clermont, battu à Bayonne (46-24) n'a pas vraiment aimé le comportement de son équipe en première période. Il l'a fait savoir, après le match.

Vous avez effectué huit changements d’un coup. Était-ce un pari osé ?

Écoutez, on ne fait pas une bonne première mi-temps. J’étais déçu de la première mi-temps. J’aurais presque pu coacher à la 30e minute, vous voyez… Je me suis retenu. Je trouvais qu’on avait manqué d'engagement, de précision, de volonté aussi. Tu ne peux pas prendre deux ou trois essais de cent mètres où il ne se passe pas grand-chose. Ce n’est pas possible, quoi ! Cela montre qu’on avait des défaillances, d’abord mentales. Quand tu ne montes pas, que tu ne chasses pas, que tu ne mets pas de pression, ça pose un problème. On a perdu je ne sais pas combien de ballons dans la zone de décision sur le premier quart d’heure. On était en dedans. L’essai juste avant la mi-temps nous tient en vie. Le discours à la pause, c’était qu’il fallait marquer vite, parce que je savais qu’ils pouvaient penser que le match était gagné. C’était un pari de marquer vite et de changer tout le monde, quitte à prendre des risques sur la fin de match, et on l’a un peu payé d’ailleurs. Mais bon, la vie est un risque…

Avez-vous hésité à coacher lorsque vous avez vu le début de deuxième mi-temps, qui était plutôt bon ?

Non, je n’ai pas hésité. Oui, le début de la deuxième mi-temps est pas mal… On jouait à notre niveau en fait ! C’était un jeu simple, direct. On ne se compliquait pas la vie. On gagnait les collisions. On peut me dire ce qu’on veut, mais en première mi-temps, tu perds toutes les collisions, tu n’avances jamais, tu n’as pas des ballons qui vont vite. C’est tout le contraire de ce que l’on voulait et tout le contraire du début de la deuxième mi-temps. Je me suis posé la question de savoir s’il fallait coacher vite. Je trouvais que les gars allaient amener cette énergie, c’est ce qui s’est passé. Après, le deuxième tournant du match est le deuxième carton rouge, et la blessure de Kevin Noah qui se blesse à peu près au même moment. Après, ça a été beaucoup plus difficile…

Néanmoins, vous dominiez en début de match…

Oui, on dominait, c’est vrai. On jouait une équipe qui doutait et on avait fait le pari de lancer le jeu, de jouer, de même prendre les pénaltouches s’il y en avait, mais ce n’était pas très engagé, direct ou tranchant. On a perdu trois ballons dans la zone des 22 mètres. Je veux bien qu’ils aient de bons gratteurs, mais on était plutôt éparpillés sur le terrain. Oui, on a dominé le match sans mettre de points. La seule occasion où ils viennent chez nous, en première mi-temps, ils marquent un essai. Après, il y a ces dix minutes où c’est le trou noir. On perd le fil, on prend deux essais de cent mètres. Il faudra que l’on soit capables de faire autre chose à l’extérieur. Ça fait deux matchs qu’on en prend quarante à l’extérieur. Ce n’est, tout simplement, pas possible.

Vous vouliez mettre à l’épreuve la profondeur de l'effectif. Avez-vous eu des réponses ?

Oui, mais vous comprenez bien que je les garde pour moi.