"Il y a trois semaines, j'aurais dit que je n'étais pas du tout prêt" : Anthony Jelonch évoque son retour
Revenu à la compétition le week-end dernier, près de six mois après son opération à une épaule, Anthony Jelonch célébrait sa première titularisation de la saison face à Perpignan ce samedi. Auteur d'un essai et globalement d'une prestation très solide, il évoque ses bonnes sensations et même un éventuel retour avec les Bleus dans les prochaines semaines...
C'était votre première titularisation de la saison et vous avez eu droit à un match où votre équipe a largement mené avant de laisser filer le bonus offensif sur la fin. Quel sentiment vous laisse-t-il ?
C'était un match un peu bizarre, c'est vrai. On avait le sentiment, en première mi-temps, de dominer fort, mais on ne scorait pas autant qu'on le devait. Et nos adversaires étaient très accrocheurs. On l'a vu pendant toute la rencontre, surtout à la fin, quand ils sont revenus dans le match. Ils n'ont pas baissé les bras. Quand on est à 38-7 au score, on peut se dire peut-être que c'est bon, que ça va le faire... Mais, je le répète, eux se sont accrochés jusqu'au bout et ont été valeureux. Franchement, félicitations à eux et à nous d'être un peu plus sérieux dans ces derniers instants.
Comment expliquer ce relâchement dans les vingt dernières minutes ?
Ça fait trois matchs qu'on encaisse un peu trop de points, mais on va bien l'analyser en début de semaine. C'est vrai que ça ne nous arrive pas souvent des moments comme ça. Même à la fin du match, sur un malentendu, on peut le perdre... Il restait trois minutes, ils sont à cinq points. Je ne sais pas trop l'expliquer, je ne crois que ce soit vraiment un manque de sérieux parce que tout le monde avait envie de bien faire. Mais il y a eu des imprécisions et ça leur a permis de se remettre dans le match. Eux n'ont rien lâché, ils sont allés se chercher ce point, donc ils le méritent.
Comment vous êtes-vous senti personnellement ?
Moi, je me sens bien. Si on avait eu cette même discussion il y a trois semaines, j'aurais dit que je n'étais pas du tout prêt. Mais là, semaine après semaine ces derniers temps, j'ai vraiment bien récupéré et j'en suis très content. Maintenant, je me sens bien sur les contacts. Physiquement aussi, je suis bien. J'ai bien bossé pendant ces six mois d'absence, et je suis frais.
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Quand vous disiez ne pas vous sentir prêt il y a trois semaines, c'était mentalement ou physiquement ?
J'avais l'impression que je pouvais pas... Mais finalement, ils m'ont mis sur le terrain et ça s'est bien passé (sourire). Je n'ai pas eu d'appréhension et le chirurgien m'a rassuré. Il m'a dit : "Si t'as des petites douleurs, c'est pas trop grave, tu peux y aller quand même, t'es solide." Du coup, je me suis dit : "Allez, vas-y, c'est bon."
Et, en plus de votre essai, on vous a vu avancer sur chaque contact. Est-ce à dire que vous étiez libéré dès le coup d'envoi ?
Oui. Franchement, depuis le coup d'envoi, je n'ai eu aucune appréhension et j'ai essayé de gagner mes duels. J'y suis arrivé par moments. À d'autres c'était un peu plus dur, mais j'étais content du rendu au final.
Au-delà, vous avez joué près d'une heure et vous avez été très actif...
Bon, après, j'ai couru pendant six mois (rire). C'est sûr que ça ne remplace pas les matchs, mais ça aide quand même. Et dans la tête, comme je l'ai dit, je suis frais et je ne suis pas usé par le début de saison.
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Le fait qu'il y ait eu une hécatombe de blessures au club, notamment à votre poste, a-t-il pu accélérer un peu votre retour ou avez-vous quand même voulu prendre le temps nécessaire ?
En réalité, on ne m'a pas forcé à reprendre. Mais, au bout d'un moment, ils m'ont dit : "Vas-y, essaye." J'ai essayé et ça a marché. Du coup, j'ai repris un peu plus tôt que prévu, et je me suis senti tout de suite bien. Maintenant, je suis content d'avoir fait cette opération à l'épaule.
Le staff du XV de France a donné une première liste cette semaine pour préparer le Championnat des Nations dont vous ne faites pas partie encore. Comment envisagez-vous le mois de novembre qui arrive ?
Elle va être longue cette période internationale, avec quatre matchs. On ne sait jamais, sur un malentendu, si je fais des bons matchs en club... Ensuite, il y aura aussi la période de vacances, mais j'aimerais encore jouer un peu en club quand même.
On sent que, comme à votre habitude et même après ce retour de blessure, il n'y a pas grand-chose qui peut vous déstabiliser...
Non. Là je profite à fond et ça va bien se passer (sourire).