Avec Tom Spring et Carreras, Bayonne est paré à toutes les éventualités
Véritable couteau-suisse, la polyvalence des ailiers de Bayonne est précieuse, surtout en ce moment à l’Aviron, où les lignes arrières sont quelque peu décimées.
Entraîner les arrières de l’Aviron bayonnais peut s’apparenter, par les temps qui courent, à un sérieux casse-tête. Souvent déplumé devant l’an passé, Bayonne a attaqué ce championnat avec une infirmerie bien garnie derrière et plusieurs cadres (Coly, Segonds, Tiberghien, Tuilagi, Carreras, Erbinartegaray) ont manqué le début de la saison. Dans les bureaux de Jean-Dauger, Gerard Fraser et ses adjoints ont alors dû se creuser la tête pour préparer divers scénarios, et la semaine passée, ils ont probablement soufflé un grand coup lorsque Tom Spring, le couteau suisse par excellence de l’équipe, a quitté l’infirmerie après avoir soigné sa commotion.
Aligné d’entrée à l’aile de l’attaque bayonnaise la semaine dernière au Hameau, l’enfant de Garazi devrait enchaîner une seconde titularisation sur le flanc de l’attaque basque samedi après-midi contre Clermont. Il s’est, en tout cas, entraîné à ce poste mercredi midi, avant de basculer à l’ouverture en cours de séance, tout en gardant dans un coin de la tête qu’il pourrait aussi glisser à l’arrière si l’orteil de Cheikh Tiberghien empêchait l’ancien joueur de Clermont de tenir sa place. "Sur le terrain, sa polyvalence est indispensable et à l’entraînement, son énergie amène beaucoup à l’équipe", salue l’entraîneur en chef de l’équipe, Gerard Fraser.
Si tu lui demandes le rôle d’un pilier droit…
À l’heure où le nombre de changements est désormais limité, sa capacité à couvrir tous les postes est un véritable atout stratégique pour l’Aviron bayonnais et son staff. "C’est une force, mais cela peut aussi m’amener à être remplaçant, sait l’intéressé, et quand tu es sur le banc, derrière, il y en a un qui ne rentre qu’à la fin. Si je commence à ne jouer que cinq minutes tous les week-ends, ça va m’embêter mais tant que je joue, je suis content. On sait que les trois-quarts, maintenant, vont peut-être devoir faire 80 minutes sur beaucoup de week-ends. Il faudra être prêts physiquement."
Cette polyvalence demande aussi à l’international français (une sélection) une certaine préparation dans l’approche tactique des rencontres, puisqu’il doit être paré à toutes les éventualités. "Je regarde les lancements pour le dix, le neuf, l’arrière et l’ailier. Au moins, c’est réglé. Ça m’aide à être plus performant si je connais chaque positionnement", raconte-t-il. "Si tu demandes à Tom le rôle d’un pilier droit lors d’une séquence de jeu, il va le connaître", sourit Fraser. L’intéressé ne dément pas, bien au contraire. "Leur position, c’est le plus chiant mais ils vont souvent dans les rucks ou sur les soutiens intérieurs. Quand je joue en dix, s’il faut reprendre des gens, c’est mieux que je connaisse les positions."
Féru de rugby, le gamin de Nafarroa, qui passe "une heure par jour", grand maximum, à se ressasser les lancements en fonction des postes qu’il doit couvrir, promet de ne pas voir cette face cachée du travail comme une corvée. "Mentalement, ce n’est pas une charge, assure-t-il. J’aime regarder ce que font les adversaires, donc je regarde aussi ce qu’on fait, nous. C’est un plaisir et finalement, la seule chose qui change (lorsqu’il doit passer dix, NDLR), c’est le premier ruck. Après, je vais savoir faire." Il l’a déjà montré à maintes reprises par le passé…
Mateo Carreras remplaçant à la mêlée ?
Sans surprise, Baptiste Tilloles et Rob du Preez formaient la charnière en début d’opposition pendant l’entraînement de mercredi. Ces deux-là ont ensuite laissé leur place à Mateo Carreras (à la mêlée) et Tom Spring (à l’ouverture). "C’est juste en préparation au pire des cas, et pour faire souffler Baptiste Tilloles en neuf, car il enchaîne les matchs et les entraînements, a expliqué Fraser. On ne veut pas le brûler. C’est aussi important que Tom passe de temps en temps en dix, car il va jouer des matchs à ce poste cette année."
Manu Tuilagi, première
Samedi face à Clermont, Manu Tuilagi (35 ans) va disputer son premier match de la saison avec l’Aviron bayonnais. Absente des rencontres amicales à la suite d’une blessure contractée à l’épaule, la star anglaise va mieux. Elle a repris le collectif cette semaine et devrait, sauf retournement de situation, être titulaire avec le numéro douze dans le dos. "Je me suis fait mal avant le premier match contre Biarritz, mais c’est la vie, explique le trois-quarts centre. Je suis prêt pour revenir et jouer. Je suis excité." Son retour à la compétition est évidemment une excellente nouvelle pour l’Aviron bayonnais, tant Tuilagi peut peser au centre de l’attaque basque pendant la rencontre. Mais ces derniers jours, sa présence a aussi été précieuse pour un collectif ciel et blanc quelque peu secoué après la claque reçue au Hameau. "Cette semaine, Manu a pris un peu le groupe en main, raconte l’entraîneur principal de l’Aviron, Gerard Fraser. Souvent, on le voit avec ses actes, ses actions dans le match. Manu parle peu, mais lorsqu’il le fait, ses mots ont beaucoup de poids. Avec la ligne de trois-quarts, je l’ai vu, cette semaine, parler souvent au collectif. Ça rassure le groupe, lui donne de la confiance, une direction. Aujourd’hui, on doit voir ça de plus en plus de la part de nos leaders. L’idée, ce n’est pas forcément de motiver, mais de montrer la direction sur le terrain. J’ai bien aimé ce côté de Manu, cette semaine, qu’on ne voit pas toujours."