Tensions à Niamey : la junte militaire face à une nouvelle menace jihadiste
Publié29. août 2026, 07:57
NigerTirs et détonations entendus dans plusieurs quartiers de Niamey
On redoutait une nouvelle offensive de rebelles jihadistes dans la capitale, après celles de janvier et de juin.


La situation est instable, ce samedi matin, dans la capitale nigérienne. Des tirs et des détonations ont été entendus dans la nuit dans plusieurs quartiers, notamment la base militaire attenante à l’aéroport international, attaqué deux fois cette année par des jihadistes. Le Niger est dirigé depuis trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences jihadistes persistantes dans le pays.
Sur les réseaux sociaux plusieurs publications ont également évoqué des tirs et explosions en ville, notamment dans la zone administrative qui abrite le palais présidentiel et la télévision nationale, qui émettait toujours à 5h du matin.
D’autres publications montraient des véhicules blindés déployés en renfort dans un quartier proche de l’aéroport. L’origine des tirs reste inconnue et aucune communication officielle n’a pour l’heure été émise. Des activistes ou communicants proches de la junte évoquent toutefois une «situation sous contrôle».
État islamique et JNIM
L’aéroport de Niamey a été ciblé deux fois cette année par des jihadistes, d’abord par l’État islamique en janvier, puis fin juin par leurs rivaux du JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaida. Les deux attaques avaient été repoussées par l’armée, mais en juin, 11 soldats et deux civils avaient été tués.
En janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d’un coup d’Etat en juillet 2023, avait évoqué «une faille dans le dispositif» sécuritaire qui avait «permis l’attaque», dont «l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes» de l’armée.
La base 101 de l’armée de l’air, située dans le complexe de l’aéroport international abrite notamment le quartier général des partenaires russes de Niamey, Africa Corps, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel que le Niger forme avec le Burkina Faso et le Mali.
Le site est sensible: entre décembre et janvier, il accueillait une importante cargaison de concentré d’uranium, bloquée en attendant d’être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n’a été identifié depuis.
Menace jihadiste à l'échelle régionale
Le Niger, aujourd’hui gouverné par un régime militaire arrivé au pouvoir en juillet 2023 par un putsch, fait face depuis le milieu des années 2010 aux jihadistes comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali. Les attaques meurtrières visant civils et militaires restent récurrentes au Niger, en particulier dans la région de Tillabéri, à la frontière du Mali et du Burkina Faso.
Les trois pays, tous gouvernés par des juntes, ont formé une confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES) et ont notamment tourné le dos à la France, leur ancien partenaire-clé dans la lutte anti-jihadiste pour se rapprocher de la Russie. La junte de Niamey accuse régulièrement l’ex-puissance coloniale de financer les jihadistes pour le déstabiliser, ce que Paris nie. En avril, le JNIM avait durement frappé le Mali voisin, également gouverné par une junte, jusque dans la capitale Bamako.

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