Thélyson Orélien à utilisé l'IA pour écrire son roman C'était ça ou mourir, annonce son éditeur

La polémique de la rentrée littéraire 2026 vient de prendre un tournant. L’éditeur québécois Boréal affirme désormais disposer d’éléments attestant d’un recours à l’IA dans le processus d’écriture de C’était ça ou mourir.

Ce mercredi 21 octobre, les éditions du Boréal ont annoncé, dans un communiqué publié sur leur site, mettre fin à leur collaboration avec Thélyson Orélien. « Au cours des dernières semaines, nous avons assuré l’auteur de notre collaboration afin de constituer un dossier documentant son processus de création pour démontrer son innocence. Toutefois, ces démarches n’ont pas permis de trancher la question de l’utilisation de l’IA dans son roman. Thélyson Orélien a ensuite annoncé qu’il ne fournirait aucun autre élément », peut-on lire dans le communiqué.

Un mois plus tôt, la sphère littéraire francophone s’enflammait autour de son roman. L’auteur québécois d’origine haïtienne était accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son livre C’était ça ou mourir, paru en France aux éditions Grasset.

Des traces de balises d’IA retrouvées dans les métadonnées

Le livre était l’un des succès de cette rentrée. Il venait de remporter le prix du roman Fnac, figurait dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis, et ses droits avaient été achetés dans plus d’une vingtaine de pays. Mais, depuis le 21 septembre 2026 et la publication sur X du compte Balance ton Claude, qui pointait du doigt la forte probabilité que le roman ait été écrit avec l’IA, critiques, lectrices et lecteurs s’écharpent.

Pour appuyer ses accusations, le compte Balance ton Claude s’appuyait sur Pangram, un outil de détection de textes générés par IA, qui avait classé plusieurs extraits du roman comme étant écrits par une intelligence artificielle. Mais la fiabilité de ces détecteurs fait débat : ils reposent sur des estimations statistiques et peuvent se tromper. Difficile, donc, de déterminer avec certitude si le texte a été généré par une IA.

C'était ça ou mourir // Source : Éditions Grasset
C’était ça ou mourir // Source : Éditions Grasset

Le 25 septembre, l’Académie Goncourt a tout de même retiré le roman de sa première sélection. Elle invoquait des plagiats dans d’anciens textes de l’auteur et « le résultat convergeant de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes » sur le recours à l’IA.

« Nous avons donc rassemblé l’ensemble des versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie. Les résultats obtenus cette semaine ont révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents », explique les Éditions du Boréal.

Le 13 octobre, Thélyson Orélien avait pourtant affirmé qu’aucune phrase de son roman n’avait été créée par une IA, tout en présentant ses excuses pour des plagiats commis dans des textes plus anciens.

Les Éditions du Boréal rompt avec l’auteur, Grasset dans l’attente

Les métadonnées sont des informations techniques intégrées aux fichiers numériques, qui peuvent notamment conserver des traces des logiciels utilisés ou de certaines étapes de leur création. Les balises d’IA retrouvées dans certains documents de travail de C’était ça ou mourir constituent un indice matériel de l’utilisation d’une intelligence artificielle dans le processus d’écriture. Cet indice est bien plus concret que le score d’un détecteur comme Pangram, qui se contente d’estimer la probabilité qu’un texte ait été généré par une IA. Les Éditions du Boréal ne précisent toutefois ni la nature de ces balises, ni les outils qu’elles désignent.

Après avoir défendu l’écrivain pendant plusieurs semaines, la maison d’édition affirme donc que de nouveaux éléments confirment l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus d’écriture du roman de Thélyson Orélien, mais ignore toujours « dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création de C’était ça ou mourir, et sans doute n’aurons-nous jamais de réponse définitive à cet égard. »

Les éditions du Boréal expliquent également ne plus pouvoir accorder leur confiance à Thélyson Orélien, avec qui elles arrêtent toute collaboration professionnelle. L’éditeur ne réimprimera pas le roman et ne publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien. L’éditeur dit aussi rester en contact étroit avec les maisons d’édition qui ont acheté les droits du roman.

Contactée par nos soins, l’éditeur Grasset, qui publie le roman en France, n’a pas encore précisé si elle comptait le maintenir en librairie ou informer les lecteurs du recours à l’intelligence artificielle. Au-delà du cas de Thélyson Orélien, cette polémique pose une question plus large : faut-il davantage encadrer l’utilisation de l’IA dans l’écriture des livres et imposer aux autrices et auteurs une transparence sur les outils employés ?

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