Test : Hellraiser : Revival, un survival-horror bien sympatoche... qui n'est pas vraiment Hellraiser
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PC
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PS5
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Xbox X|S
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Switch 2
Clive Barker’s Hellraiser : Revival
Genre : Aventure
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Survival horror
| Licence :
Clive Barker
| Éditeur :
Saber Interactive
| Disponible : 8 octobre 2026
On aurait préféré se faire cuir un neuf
Testé pour PC
En dépit de son incontestable iconicité dans le monde de l'horreur (en particulier chez les gens qui aiment un bon bout de fesse dans leur boucherie), la franchise Hellraiser n'avait jamais foulé le seuil des consoles dans un jeu dédié, quand bien même son créateur Clive Barker s'est essayé par trois fois au jeu vidéo à travers Nightbreed, Jericho et Undying. Voilà un vide désormais rempli. Développé en interne chez Saber (Warhammer 40,000 : Space Marine 2), nouveau taulier des franchises de tout poil, le survival-horror Clive Barker's Hellraiser : Revival vient nous plonger dans l'univers de l'écrivain au fil d'une aventure pas mal troussée, mais qui s'écarte trop de l'ambiance des films pour être une vraie bonne adaptation, notamment à cause d'un patchwork de mécaniques consensuelles, populaires, et donc orientées action.
Condition de test :
Clé PC fournie par l'éditeur.
Aidan et Sunny ont une relation de couple comme les autres : ils s'introduisent des aiguilles de 9 centimètres de long dans les tétons et ils se lacèrent jusqu'au sang dans leurs moments intimes. Quoi, vous ne faites pas ça, vous ? Bah, vous avez le droit d'être timide, ça arrive. Enfin bref, tout dégénère quand Aidan utilise une drôle de boîte à puzzle — la Genesis Configuration — sur Sunny et la recouvre un peu de sang, ce qui appelle les Cénobites, anges et/ou démons de la dimension du Léviathan qui emportent Sunny avec eux pour repousser un peu les limites de sa perception (et ce sera pas à l'ayahuasca). Suite à ça, Aidan se retrouve kidnappé par un culte qui aimerait beaucoup créer des Cénobites dans le monde réel. Alors que les deux intrigues s'entrecroisent, Hellraiser : Revival va nous balader d'une dimension à l'autre pour emmener aux limites de la décence, et surtout au-delà. Miam !
« Ça va encore tourner autour du trou d'balle, c't'histoire »
Si les premiers aperçus mentionnent Boss Team Games (Evil Dead : The Game) au développement, le carton final des crédits place Saber Serbia, l'ex-Mad Head Games (Scars Above), en principal développeur. Difficile de savoir ce qu'il s'est réellement passé en coulisses. S'agit-il d'une simple confusion ? Possible ; après tout, les développeurs rencontrés à la Gamescom 2025 avaient un accent d'Europe de l'Est très marqué, ce qui régale quand vous êtes accueillis sur le stand à 9h00 du matin par deux ours, une responsable marketing et une compilation de toutes les scènes de cul et de boyaux de la saga Hellraiser, ponctuée d'un « da ! vous arrivez au bon moment ! » qui résonne d'un bout à l'autre de la salle.
Enfin, revenons à nos moutons. Si les premières minutes évoquent l'exploration angoissée d'un Outlast (et c'est à peu près ce que nous avait évoqué l'aperçu de la Gamescom 2025), la structure se déploie vite pour adopter le squelette et la démarche d'un bon vieux Resident Evil. Vous avez des clés bizarres, un inventaire limité, des zombies (mais pas que), et surtout, beaucoup de flingues, et beaucoup de balles. Ce n'est pas exactement ce que l'on espérait d'une adaptation de Clive Barker, c'est sûr.
Il en ressort un constat mitigé. Hellraiser : Revival propose un gameplay action assez sympathique dans sa catégorie : Aidan peut glisser comme un zinzin dans tous les sens et sortir une batte de baseball ou son fusil à pompe pour exploser du cultiste en un clignement d'œil, et le magasin en jeu vend des améliorations sacrément balèzes pour nos flingues. Ces fameux cartouches « souffle du dragon » pour le fusil à pompe, qui embrasent les ennemis touchés, ou le stabilisateur pour AK-47 auront tôt fait d'exterminer les adorateurs du BDSM à l'américaine. Il y a aussi des ennemis blindés qui doivent être dépiautés à l'aide d'armes contondantes (battes, planches...) avant de cisailler la chair à l'arme blanche, ce qui ajoute de l'intérêt au système d'armes cassables, parce que oui, vous allez aussi devoir composer avec la fragilité de vos outils de mort.
Chérie, ça va piquer
Je dis ainsi « constat mitigé » parce que j'ai plus souvent eu l'impression de jouer à Resident Evil qu'à l'adaptation de Hellraiser, en termes purement ludiques. Parfois, il y a même d'autres emprunts. Dans une cabane au fond des bois, nous sommes assiégés par des vagues incessantes de goules, et nous devons barricader les fenêtres puis nous défendre avec l'énergie du désespoir contre les ennemis qui arrivent par le plafond ; c'est Call of Duty Zombies ou Left 4 Dead à fond. Ailleurs, dans les backrooms d'un club échangiste, les cultistes me traquent avec des battes cloutées et des armes à feu, ce qui m'oblige à passer d'une chambre à l'autre à la manière d'un FPS tactique, comptant les balles et visant juste pour tuer les ennemis d'une balle dans la tête, glissant vers les méchants blindés pour les ouvrir d'un coup de masse. C'est quasiment John Wick.
Figurez-vous que John Wick, j'adore ça. Cette fusillade dans le club était sincèrement un très bon moment de jeu vidéo (en dépit des sensations un peu bancales sur certains flingues). Sauf que voilà, ça n'a pas grand-chose à voir avec Hellraiser et c'est tout mon problème. J'aurais espéré quelque chose d'un peu plus contemplatif et ésotérique, à la manière d'un Eclipsium ou d'un Routine ; peut-être un point 'n click sur le modèle de Tormentum II. Reste que la progression reste tout à fait agréable. Notamment, la Genesis Configuration permet de lancer des lames de scie, flammes ou clous rouillés par télékinésie, et peut aussi, en fin de partie, écarteler tous les ennemis à l'écran à l'aide de bonnes vieilles chaînes médiévales, ce qui rend les affrontements brutaux, jouissifs et stratégiques dans la gestion des ressources. C'est juste que c'est hors-sujet.
Si l'action débridée ne vous dérange pas, alors peut-être que la robloxisation du monde des Cénobites vous portera le coup fatal, puisque Saber Interactive repose finalement sur des parcours d'obstacles à la Parc Astérix option « série Minecraft sur YouTube » pour retranscrire l'omniprésence des outils de torture dans le labyrinthe du Léviathan. J'entends par là que vous allez devoir esquiver plein de broyeurs en losange et de lames de scie sur des parcours prédéfinis, et résoudre quelques puzzles un brin fumeux, avant d'accéder à la suite. Pas vraiment de pied à prendre sur les phases d'infiltration non plus, qu'il vaut mieux éluder, vu que, de toutes façons, un bon maniement des armes suffira à dompter l'opposition.
Bien choisir sa configuration c'est important
C'est dommage, c'est vraiment dommage, parce que la direction artistique de Hellraiser : Revival est un véritable plaisir pour les rétines. Quand Saber n'est pas occupé à transformer le labyrinthe du Léviathan en maison hantée de fête foraine par les mécaniques, l'esthétique, elle, est sublime, grâce à une réalisation de haut vol et plusieurs panoramas très inspirés, qui illustrent bien le gigantisme de cette dimension parallèle. Même constat élogieux dans le monde réel. Son mélange de caves cradingues, de boîtes de nuit grand luxe, de manoirs à la marquis de Sade et de cimetières brumeux fonctionne extrêmement bien. Si le studio peine à se détacher de la patine usuelle de l'Unreal Engine 5, l'usage est assez maîtrisé (malgré le chargement régulier de shaders...).

Évidemment, le choc initial de l'esthétique porno-gore tend à s'estomper au fil de la huitaine d'heures que propose l'aventure. C'est difficile à vraiment renouveler. À force de se coltiner des cultistes en corset de cuir, des femmes à grosse poitrine et maigres vêtements, des fétichistes en combinaison 100% latex et des sculptures gores à révulser un médecin légiste, l'esprit s'habitue tout doucement à l'univers. Certains dirons que c'est la progression la plus méta possible. D'autres noteront que le caractère sexuel du jeu est parfois légèrement adolescent — ici, on montre le zizi du protagoniste pour suggérer qu'il n'y a aucun tabou, là, on esquive une scène de pénétration avec un gode parce que c'est relou à animer et que ça chatouille trop les instances de classification du jeu vidéo. Ce sont, sans doute, les véritables limites de l'exercice.
Pinhead, en français, c'est tête de pi...
Pour revenir à l'exploration, là aussi, je me place entre la figue et le raisin pour couper la poire en deux (ou quelque chose du genre). Hellraiser : Revival s'efforce d'alterner les ambiances et les inspirations pour donner du rythme à son aventure. Ici, de gros emprunts à P.T. pour mettre en scène une séquence traumatique, là, des balades champêtres et des énigmes qui auraient toute leur place dans un spin-off hors des murs de Raccoon City. Toutefois, sans doute pour des raisons de budget, Hellraiser : Revival tend aussi à trop recycler ses effets, et la principale victime s'avère être le « Chatterer », ce Cénobite sans visage aux gencives trop prononcées. Au début, ses séquences de poursuite dans le labyrinthe du Léviathan sont terrifiantes, notamment grâce au sound design, car ses claquements de dents résonnent en permanence dans nos oreilles. Mais après la quatrième poursuite qui repose exactement sur les mêmes ficelles, l'impact est très largement moindre, et l'on a un peu l'impression de se faire courser par un intermittent du spectacle dans un escape game tant on voit les faiblesses de la formule.
Saber Interactive a pourtant bien planché sur les Cénobites pour leur donner toute leur macabre splendeur. Comme d'habitude, c'est le quatuor du premier film qui est mis en avant, et Hellraiser : Revival met un remarquable point d'honneur à tous leur donner une bonne scène, même si l'auguste tête d'épingles Pinhead reste le meneur de la bande, et ainsi, sa figure de proue. Quant aux antagonistes inventés pour les besoins de l'intrigue, Saber s'en sort assez bien. Nous n'évitons pas les poncifs sur la libération de la chair par l'hédonisme et autres tropes élimés de la saga, mais les designs sont plutôt inspirés, et les quelques éléments de lore apportés viennent servir l'intrigue sans nécessairement démystifier l'univers. D'ailleurs, la conclusion — bien qu'un peu raide — use d'un procédé bien cradingue qui conclut le périple sur une « bonne note » (ça dépend vraiment du point de vue).
Hellraiser : Revival souligne surtout le potentiel de Saber Serbia. Déjà au charbon sur une nouvelle franchise culte au budget AAA selon le site officiel, le studio n'est certes pas très solide sur les appuis, mais il avance, à tâtons parfois, il progresse, et témoigne d'un excellent regard sur la direction artistique qui ne demande qu'à être valorisé par une boucle de gameplay plus ambitieuse et mieux peaufinée. Peut-être avons-nous là les prémices du nouveau Teyon (RoboCop : Rogue City), qui s'était aussi cherché au fil de quelques adaptations avant de bien trouver son rythme et son assise.
Ça vous a intéressé ? En voilà encore !
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