Test du DJI Romo P2 : la deuxième génération qui transforme l’essai
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03 septembre 202603/09/2026 • 14:01
Cela fait un an que le DJI Romo P première génération sillonne ma maison, je le compare à tous les aspirateurs robots testés depuis (et j’en teste 1 à 2 par mois). Notre test l’avait consacré au point de lui décerner le titre de meilleur robot aspirateur de l’année : une navigation impeccable, héritée de l’univers des drones, et un entretien réduit à presque rien. Une entrée en matière très impressionnante pour un constructeur qui n’avait jamais touché au ménage.

Tout n’était pas parfait pour autant. Le logiciel sentait la bêta : des fonctions manquaient au lancement et sont arrivées au compte-goutte, mise à jour après mise à jour, tout au long de l’année. Et la puissance d’aspiration, correcte, restait en retrait face aux fleurons du marché. Avec le Romo 2, DJI veut transformer son entrée dans le secteur en victoire durable. Nous avons testé la version P2, la plus complète, pendant plusieurs semaines.
Fiche technique
| Robot | |
|---|---|
| Puissance d’aspiration annoncée | 36 000 Pa, plaque de pression abaissable sur tapis |
| Lavage | Deux tampons de serpillière rotatifs, bras oscillant de 123° guidé par LiDAR (portée étendue de 7,8 cm) |
| Brosses | Brosse rouleau en caoutchouc souple, double brosse latérale DualSweep anti-emmêlement |
| Navigation et obstacles | Détection Obstacle Sensing 2.0 : LiDAR, 3D ToF avant, latéral et arrière, deux caméras RGB, objectifs fisheye binoculaires, lampe révélatrice de poussière |
| Caméra | Vue à distance et pilotage manuel via l’application, flux vidéo chiffré protégé par mot de passe |
| Franchissement annoncé | 4 cm en marche simple, jusqu’à 8,5 cm en double marche grâce aux jambes robotisées |
| Recharge | Charge rapide 55 W, charge complète en 2 h 30 annoncée |
| Assistant vocal | « OK ROMO » embarqué |
| Station de base | |
| Fonctions | Autovidange, lavage des tampons à haute température, quatre jets haute pression, surface nanocristalline anti-taches, séchage complet, désodorisant pour sol (P2), lampe UV sur le sac, séchage du bac du robot |
| Entretien annoncé | Jusqu’à 365 jours sans maintenance de la station |
| Versions | Réservoir à eau ou raccordement à la plomberie (remplissage et vidange automatiques) |
| Autres | |
| Application | DJI Home, mode Données locales annoncé pour fin 2026 |
| Prix | 1 299 € (Romo P2), 1 199 € (Romo A2), 1 349 € (bundle Clean More) |
Quoi de neuf face au Romo P ? Le comparatif
Avant de plonger dans le test, on change nos habitudes, regardons ce qui change sur le Romo P2 : chaque poste critiqué sur la première génération a été repris, à commencer par la puissance.
| DJI Romo P | DJI Romo P2 | Évolution | |
|---|---|---|---|
| Aspiration annoncée | 25 000 Pa | 36 000 Pa, plaque de pression sur tapis | +44 % |
| Bras de lavage | Double bras robotisé pour les bords et coins | Bras oscillant de 123°, portée étendue de 7,8 cm | +30 % d’efficacité annoncée sur la maison entière |
| Franchissement | 2,5 cm | 4 cm en marche simple, 8,5 cm en double marche | +240 % |
| Détection d’obstacles | Détection millimétrique issue des drones | Obstacle Sensing 2.0, objets transparents compris | Nouveauté majeure |
| Entretien de la station | Jets haute pression, 200 jours annoncés | Haute température, surface nanocristalline, 365 jours annoncés | +82,5 % |
| Réduction du bruit | 80 % d’énergie sonore en moins | 85 % d’énergie sonore en moins, 38 dB(A) en lavage seul annoncés | En progrès |
| Hygiène | Solution de nettoyage, séchage du bac du robot | Idem, plus désodorisant pour sol et lampe UV sur le sac | Complété |
Trois nouveautés retiennent particulièrement mon attention. Le bras de lavage d’abord : DJI abandonne le double bras de la première génération au profit d’un unique bras oscillant à très grande amplitude, 123° contre 68°, guidé par son propre capteur LiDAR pour éviter collisions et coincements.
Sa portée gagne 7,8 cm et il glisse la serpillière 4,5 cm plus loin sous les meubles surélevés. Le débattement total du bras passe ainsi de 4,6 cm sur l’ancien système à 12,4 cm. Les jambes robotisées ensuite, qui soulèvent le châssis pour enjamber jusqu’à 8,5 cm sur une double marche.
Et la plaque de pression enfin, qui s’abaisse sur les tapis pour créer une semi-étanchéité avec le sol et concentrer l’aspiration au cœur des fibres. Le principe est tout bête : en réduisant le volume d’air qui s’engouffre sur les côtés, la dépression grimpe dans la cavité d’aspiration, exactement comme lorsqu’on plaque la paume sur l’embout d’un aspirateur. Voyons ce que tout cela donne en vrai.
Design : la transparence assumée, encore et toujours
Le Romo 2 reprend la signature esthétique de son aîné : un corps semi-transparent qui dévoile la mécanique interne, sur le robot comme sur la station. C’est unique sur le marché, et nous, on adore : le robot devient presque un objet de décoration, qui n’a pas besoin d’être caché derrière un canapé. Nous comprenons toutefois que ce parti pris ne fasse pas l’unanimité ; on aime ou on déteste, il n’y a pas d’entre-deux.
Notez que de la buée ou quelques particules peuvent apparaître à l’intérieur du capot transparent, un phénomène normal selon DJI, que nous avons effectivement constaté sans aucune conséquence.

D’ailleurs, petite remarque au passage, en un an, ce design « transparent » n’a pas donné l’impression d’être plus sale qu’un design classique. C’était une des craintes récurrentes lors du lancement de la première itération.

Sous le capot, l’artillerie de capteurs impressionne : LiDAR, capteurs 3D ToF à l’avant, sur les côtés et à l’arrière, deux caméras RGB, objectifs fisheye binoculaires et une lampe révélatrice de poussière qui projette un faisceau doux et uniforme au ras du sol, couvrant jusqu’à 2 000 cm². Un mot sur le ToF (time of flight) : le capteur mesure les distances en chronométrant l’aller-retour d’une impulsion lumineuse, la même recette que sur les drones de la marque. Les deux objectifs fisheye offrent quant à eux une vision stéréoscopique, donc une vraie perception du relief, là où beaucoup de concurrents se contentent d’une caméra unique. La lampe, elle, aide le robot à repérer la saleté fine et à naviguer dans la pénombre, sans éblouir ni déranger les animaux.


Dessous, la brosse rouleau en caoutchouc souple est désormais épaulée par deux brosses latérales à double touffe, décalées de 120° et chevauchant la brosse centrale, un dispositif baptisé DualSweep pensé contre l’enchevêtrement des cheveux. L’idée derrière ce chevauchement : la brosse centrale récupère au passage les fibres qui s’accrochent aux extrémités des brosses latérales, au lieu de les laisser s’enrouler.

La base : l’objectif d’un an sans y toucher
La station du Romo P2 assure la recharge rapide à 55 W, la puissance d’un chargeur d’ordinateur portable compact, l’autovidange du bac, le remplissage du réservoir du robot, le dosage de la solution de nettoyage et du désodorisant pour sol, ainsi que le lavage des tampons à haute température. La planche de lavage adopte une surface nanocristalline, une couche cristalline dense à l’échelle nanométrique qui empêche les taches de pénétrer la matière, rincée par quatre jets haute pression vers un large orifice d’évacuation de 16 mm, sans filtre à démonter. Résultat annoncé : jusqu’à 365 jours sans entretien de la station, contre 200 sur la première génération.

Après un an à vivre avec le Romo P, dont la station tenait déjà largement ses promesses de tranquillité, nous sommes enclins à y croire : sur notre période de test du P2, la planche de lavage est restée impeccable sans la moindre intervention, là où la concurrence réclame un coup de brosse régulier. Ajoutez le séchage complet de la station, la lampe UV qui traite le sac à poussière et le séchage du bac du robot, et vous obtenez la base la plus autonome que nous ayons utilisée.

La charge complète en 2 h 30 annoncée, couplée à une recharge d’appoint à chaque lavage des serpillières, efface presque la question de l’autonomie au quotidien : le robot regagne de précieux pourcents pendant un temps de toute façon immobilisé.

Deux versions existent : réservoir à eau classique, ou raccordement direct à la plomberie avec remplissage et vidange automatiques.
Application et gestion : le logiciel a enfin rattrapé le matériel
C’était notre principal grief contre le Romo P : un logiciel en retard sur son matériel, complété au fil de l’eau pendant un an. Bonne nouvelle, le Romo 2 arrive avec une application DJI Home mûre dès le lancement. Tâches de nettoyage prédéfinies, réglages par pièce de la puissance et de la méthode, zones à la volée, rapport de nettoyage détaillé, planifications : tout est là, dans une interface fluide et bien organisée, sans le sentiment de chantier permanent de la première année.
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La grande nouveauté logicielle, c’est l’intelligence multi-scénarios. Le robot identifie ce qu’il a devant lui et adapte seul sa stratégie : il ralentit et réduit la vitesse de la brosse latérale face aux particules pour ne pas les éparpiller, aspire d’abord puis lave ensuite dans les zones très poussiéreuses, contourne les liquides en les traitant par l’extérieur pour éviter de rouler dedans et d’en étaler partout, et insiste en frottant plus fort sur les taches tenaces. DJI annonce 99 % de précision d’identification ; nous ne pouvons pas vérifier ce chiffre, mais à l’usage, les bons réflexes se déclenchent au bon moment, sans configuration de notre part.
Une fonction reste en revanche sur la liste d’attente, et l’histoire du Romo P nous a appris la patience. L’assistant vocal embarqué « OK ROMO », qui permet de piloter le robot sans passer par l’application, n’est pas disponible dans tous les pays au lancement, ce n’est pas le cas en français, et attend une mise à jour du firmware.

Caméra et sécurité : bien plus qu’un gadget
Le Romo P2 peut se transformer en caméra de surveillance mobile. Depuis l’application DJI Home, il est possible de voir en direct ce que voit le robot et de le piloter manuellement dans le logement, pièce par pièce, l’éclairage d’appoint prenant le relais dans la pénombre. Contrairement à une caméra fixe, le robot va là où on lui demande d’aller, y compris sous les meubles.
Et ce n’est pas un gadget. Il y a trois semaines, en pilotant le robot à distance, nous avons constaté que notre chienne Shiba avait fait tomber la bouteille de javel, ce qui nous a permis de faire intervenir quelqu’un immédiatement. Cette caméra lui a peut-être sauvé la vie. Depuis, je regarde cette fonction d’un tout autre œil.
Pour aller plus loin
Mon aspirateur robot a peut-être sauvé ma chienne, voilà comment
Une caméra accessible à distance, c’est aussi une porte d’entrée potentielle, et DJI est bien placé pour le savoir. En début d’année, quelques mois après le lancement de la première génération, un développeur a accédé par accident à environ 7 000 Romo dans le monde. En voulant simplement piloter son propre robot avec une manette PlayStation, il a découvert que les serveurs de DJI acceptaient le jeton d’authentification d’un seul appareil pour accéder à tous les autres. La faille a été corrigée en quelques jours par deux mises à jour, mais l’épisode a laissé des traces.

DJI semble avoir appris la leçon. Sur le Romo 2, l’accès à la vidéo à distance exige désormais un mot de passe de chiffrement obligatoire, défini par l’utilisateur : sans lui, le flux ne sort tout simplement pas du robot. Ce mot de passe sert de clé de chiffrement, ce qui signifie que même les serveurs qui relaient le flux ne peuvent pas le lire. Ajoutez le voyant bleu qui s’allume sur le robot dès qu’une vidéo à distance est en cours, et la transparence est plutôt bien gérée.

Dernière brique à venir, le mode Données locales, une excellente idée héritée des drones DJI : il coupe toute connexion à Internet pour garantir qu’aucune image ne quitte le domicile, la caméra et le micro pouvant par ailleurs être désactivés à tout moment. DJI l’annonce pour fin 2026. Sur le papier, c’est une réponse sérieuse aux inquiétudes légitimes sur les robots à caméra ; en attendant, il faudra croire le constructeur sur parole.
Usages : la navigation des drones, appliquée au salon
Cartographie et évitement d’obstacles
C’était la force du premier Romo, c’est encore celle du second : en matière de cartographie et d’évitement d’obstacles, DJI survole toujours la concurrence. L’héritage des drones se sent à chaque déplacement.
La carte initiale est générée rapidement, avec un découpage des pièces d’une justesse rare, et le robot évolue ensuite avec une fluidité désarmante : trajectoires nettes, virages anticipés, aucun de ces petits arrêts hésitants qui trahissent les algorithmes moins aboutis. La recette technique est celle des drones : la fusion de capteurs, où LiDAR, ToF et caméras stéréo se corrigent mutuellement en temps réel au lieu de fonctionner chacun dans leur coin. Après un an avec le Romo P et des semaines avec le P2, nous n’avons tout simplement jamais eu à porter secours à l’un ou à l’autre.

La détection Obstacle Sensing 2.0 ajoute une corde inédite à son arc : les objets transparents. Portes vitrées, vases, miroirs, sacs plastique, autant de pièges classiques que le P2 identifie et contourne désormais en anticipant sa trajectoire. C’est un vrai défi technique : le verre laisse passer la lumière des capteurs optiques classiques, qui voient littéralement au travers ; il faut croiser les indices de plusieurs capteurs et de l’algorithme pour le deviner.

Les câbles fins, jusqu’à 2 mm selon DJI, sont enjambés ou évités avec une constance que nous n’avons prise en défaut à aucun moment du test. Même les objets inédits, jamais croisés auparavant, sont traités avec prudence : le système généralise ce qu’il a appris au lieu de foncer dans l’inconnu. C’est, de loin, le meilleur évitement d’obstacles que nous ayons observé sur un robot aspirateur.
Franchissement : les jambes qui changent le quotidien
Les jambes robotisées sont l’autre attraction du Romo 2. Le robot détecte les seuils à l’avance, se soulève en douceur et enjambe jusqu’à 4 cm sur une marche simple, et jusqu’à 8,5 cm sur une double marche, contre 2,5 cm tout court sur la première génération. Précision utile : pour le franchissement en double marche, chaque marche ne doit pas dépasser 4,5 cm et la première doit offrir une profondeur de 20 à 22 cm pour que le robot puisse y prendre appui. Concrètement, les seuils de balcon, les rails de baie vitrée et les petites marches qui condamnaient des pièces entières au Romo P ne sont plus un sujet. J’ai pu le constater directement chez moi, peu d’aspirateurs robots réussissent ce test, et encore moins si facilement.

Astuce appréciable, deux modes de franchissement sont proposés : un enjambement jambe par jambe, plus silencieux, ou un passage des deux jambes en simultané, plus efficace.
Sur les tapis, le robot soulève même son arrière-train pour éviter de traîner et de froisser le textile. C’est malin, et surtout ça fonctionne.
Aspiration et lavage : le manque de puissance, c’est terminé
Aspiration
Le manque de puissance était notre second reproche au Romo P. DJI a répondu sans détour : 36 000 Pa annoncés, soit 44 % de mieux. Petit rappel au passage : le pascal mesure la dépression générée par le moteur, donc la capacité à décoller la poussière du sol, et cette valeur constructeur se mesure en laboratoire, embout obstrué. C’est justement là que la fameuse plaque de pression entre en jeu : en s’abaissant sur les tapis pour plaquer la zone d’aspiration contre les fibres, elle recrée en conditions réelles une partie de cette dépression théorique. La différence est flagrante là où la première génération peinait : sur les tapis épais, le P2 extrait la poussière incrustée en un passage là où son aîné en réclamait plusieurs, sans toujours convaincre. Les rainures de parquet, autre point faible historique des robots, ressortent nettement plus propres, la combinaison de la puissance et de la lampe révélatrice de poussière faisant ici un vrai travail de fond. Les brosses DualSweep tiennent leur promesse anti-emmêlement : aucun cheveu à couper sur notre période de test.

Le tout reste remarquablement discret. DJI annonce 85 % d’énergie sonore en moins grâce à 32 matériaux d’insonorisation répartis du moteur à la sortie d’air, et jusqu’à 38 dB(A) en lavage seul, soit à peine plus qu’un chuchotement (environ 30 dB). J’ai mesuré en moyenne 50 dB(A) à 1 mètre, et un pic à 56,3 dB(A). C’est très correct, on a même pu manger aux côtés du robot quand il se lavait. Une fois la première phase de nettoyage passée, qui dure 10 à 15 minutes, le robot continue de sécher les pantins, mais il est très silencieux sur cette étape qui dure bien plus longtemps.
À l’oreille, le P2 est aussi feutré que son prédécesseur, dont la discrétion nous avait déjà conquis : on peut le laisser travailler dans la pièce voisine pendant une sieste sans y penser.
Lavage des sols
Le bras oscillant de 123° transforme le lavage. Guidé par son LiDAR dédié, qui surveille en permanence la distance aux obstacles pour éviter tout coincement, il déploie la serpillière 7,8 cm plus loin que l’ancien système et va la glisser 4,5 cm plus profondément sous les meubles surélevés : le dessous de nos armoires de cuisine et le pied de notre canapé, zones oubliées depuis toujours, sont enfin traités.

Le long des murs et des pieds de table, le tampon frôle les surfaces à quelques millimètres sans jamais les toucher. Et comme l’amplitude couvre plus large à chaque passe, les cycles complets sont sensiblement plus rapides qu’avec le Romo P, à couverture égale.

Sur les taches incrustées, le progrès est net, et c’est peut-être ce qui nous a le plus frappés au quotidien. Café séché, traces de sauce, marques de pas : le robot les identifie, ralentit, accentue la pression et repasse en frottant à haute fréquence jusqu’à disparition, avec un mode dégraissant pensé pour la cuisine. Là où le Romo P laissait parfois une auréole à reprendre à la main, le P2 finit le travail seul. Face aux liquides renversés, sa chorégraphie en carré, qui traite la flaque par l’extérieur sans rouler dedans, évite l’erreur classique du robot qui étale le désastre dans trois pièces.
Les patins rotatifs, cela aurait pu être un point faible
Une petite réflexion… sur les patins rotatifs. Vous connaissez und es débats du monde des aspirateurs robots : Patins rotatifs, serpillière vibrante ou rouleau lavant : c’est quoi le mieux pour un aspirateur robot laveur ? Sur une tache incrustée, trois facteurs comptent : la pression exercée, la vitesse de frottement et l’état du média qui frotte. Le rouleau gagne sur les trois. Pourquoi ?
D’abord la pression. Un rouleau concentre sa force d’appui sur une ligne de contact très étroite, quelques millimètres de large sur toute sa longueur. Les 15 N du Anker Eufy Omni S2 répartis sur cette ligne donnent une pression surfacique bien supérieure à celle de deux patins qui étalent le même effort sur deux disques entiers. C’est la différence entre appuyer avec la tranche de la main et appuyer avec la paume : même force, mais le résultat est différent sur une tache sèche.
Ensuite la vitesse de frottement. Un rouleau tourne vite et frotte uniformément sur toute sa largeur. Un patin rotatif a une vitesse périphérique correcte sur son bord extérieur, mais quasi nulle en son centre : une partie du disque caresse plus qu’elle ne frotte. Sur du café séché, ça se voit.
Enfin, et c’est peut-être le plus important, l’état du média. Le rouleau de l’Omni S2 ou du T90 est rincé à l’eau propre en continu pendant qu’il travaille, l’eau sale partant dans un circuit séparé : il attaque chaque tache avec une surface propre et bien humide, ce qui dissout au lieu d’étaler. Les patins, eux, se chargent progressivement entre deux retours à la station, en fin de zone, ils frottent avec un textile déjà sale et à moitié essoré.
Cela dit, ce test du Romo P2 montre justement comment un système à patins comble l’écart : par le logiciel. Détection des taches, ralentissement, pression accrue, repassages à haute fréquence, mode dégraissant. Il coupe bien l’aspiration à ce moment-là, et peut même décider d’aller nettoyer les patins pour reprendre son travail derrière.
DJI compense la mécanique par l’acharnement, et le résultat que j’ai observé (l’auréole que le Romo P laissait et que le P2 finit seul) prouve que ça marche sur les taches du quotidien. Mais sur une vieille tache grasse ou sucrée bien sèche, à nombre de passages égal, le rouleau garde l’avantage structurel.
Entretien : toujours la référence
L’entretien nickel était l’une des raisons de notre titre de meilleur robot de l’année pour le Romo P, et le P2 pousse le curseur encore plus loin.

La station s’occupe de tout : lavage des tampons à haute température avec solution de nettoyage, séchage complet, désodorisation, traitement UV du sac à poussière et même séchage du bac du robot pour éviter les odeurs d’humidité. La planche de lavage nanocristalline, rincée sous pression, n’a réclamé aucune intervention pendant notre test, et l’absence de filtre à démonter dans la station simplifie encore les choses.

Restent les consommables du robot, dont l’application suit l’état et rappelle les échéances : DJI annonce le remplacement de la brosse rouleau toutes les 300 heures d’utilisation, du filtre haute efficacité et de la brosse latérale toutes les 180 heures, des tampons de serpillière toutes les 120 heures et du sac à poussière toutes les 60 heures.

Des cycles dans la norme du marché, qui se traduisent, par quelques minutes de manipulation tous les deux ou trois mois. Après un an avec la première génération, nous pouvons en témoigner : la promesse du robot qui se fait oublier est, chez DJI, autre chose qu’un slogan.

Prix et disponibilité
La gamme DJI Romo 2 est disponible à la commande à partir de septembre sur le store DJI et chez les revendeurs agréés, dont certainement la Fnac, Darty, Boulanger et Amazon. Comptez 1 299 € pour le Romo P2 en version réservoir à eau, notre modèle de test, 1 199 € pour le Romo A2, qui fait l’impasse sur le désodorisant pour sol et la lampe UV, et 1 349 € pour le bundle Clean More. C’est un positionnement clairement premium, au niveau des haut de gamme de notre guide des meilleurs aspirateurs robots, que le P2 affronte cette fois sans complexe sur la puissance.
Si votre budget est plus serré, le DJI Romo P première génération reste une excellente affaire à surveiller en promotion (actuellement à 899 €), à condition d’accepter son déficit de puissance sur les tapis.
Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs aspirateurs robots laveurs de 2026 ? Notre sélection
Produits alternatifs
DJI Romo P2
9 /10
9 /10
Note finale du test
10 /10
Avec le Romo P, DJI avait signé la meilleure première itération que nous ayons vue sur ce marché. Avec le Romo P2, la marque transforme son arrivée dans le secteur en démonstration de force. Les deux reproches que nous formulions il y a un an ont été traités en une génération : la puissance rejoint le sommet du marché, avec des tapis épais, des rainures de parquet et des taches incrustées enfin dominés, et le logiciel arrive mûr dès le lancement au lieu de se construire sous nos yeux. Le reste, cartographie, évitement d'obstacles, fluidité, silence, entretien quasi nul, était déjà la référence et le demeure, avec en prime des jambes robotisées et un bras de lavage qui vont chercher la saleté là où aucun de nos précédents robots n'était allé.
Certaines réserves ne changent pas : un tarif de 1 299 € réservé aux budgets confortables, un design transparent qui divisera toujours, et deux fonctions attendues, l'assistant vocal et le mode Données locales, qui rappellent que DJI aime encore livrer certaines promesses par mise à jour. Rien qui n'entame notre conclusion : après un an de vie commune avec la première génération et ce test de la seconde, le Romo P2 est, à nos yeux, le robot aspirateur-laveur le plus abouti du moment. Le titre de l'an dernier n'a jamais semblé aussi bien parti pour être conservé.
Aucun robot testé dans nos colonnes n'avait encore réuni ce niveau de navigation, de nettoyage et de tranquillité au quotidien : ses rares manques relèvent du détail, pas du défaut, et pour nous, cela mérite la note maximale.
Points positifs du DJI Romo P2
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Cartographie et évitement d'obstacles toujours au sommet, objets transparents et câbles fins compris
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La puissance enfin au niveau : tapis épais, rainures de parquet et taches incrustées maîtrisés
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Des jambes robotisées qui franchissent jusqu'à 8,5 cm, du jamais vu chez nous
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Le bras oscillant de 123° qui lave sous les meubles et au ras des plinthes
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Une station annoncée pour un an sans entretien, et un silence remarquable
Points négatifs du DJI Romo P2
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Un tarif premium de 1 299 € qui réserve le P2 à une minorité
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Le design transparent, que nous adorons, ne fera pas l'unanimité
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L'assistant vocal « OK ROMO » indisponible dans certains pays au lancement
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Le mode Données locales seulement annoncé pour fin 2026
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L'historique logiciel de la première génération nous incite à rester vigilant sur les promesses de mises à jour