Test de la Paperslate Pro : une tablette E-Ink prometteuse mais freinée par ses propres lenteurs
La Paperslate Pro est un bloc-notes numérique à encre électronique, pensé pour remplacer le bon vieux carnet papier, sans les distractions d’une tablette classique. Nous l’avons mise à l’épreuve : que vaut cette proposition sur un marché très concurrentiel ?

Sur le marché des bloc-notes à encre électronique, deux marques reviennent toujours : reMarkable et Kindle d’Amazon. La Paperslate Pro, elle, est française, et joue une carte que ses rivales n’ont pas : elle tourne sous un OS tiré d’Android, avec donc le Google Play Store. On peut ainsi y installer ses propres applications, en plus de celles implantées nativement. Elle est aussi étanche, une caractéristique bien rare sur ce marché.
La Paperslate Pro est une tablette de 10 pouces à écran e-ink monochrome. Rien à voir avec un écran de tablette classique : l’encre électronique ne fatigue pas les yeux et se lit même en plein soleil. La marque Paperslate la vend à 429,95 euros, contre 349,95 euros pour la version standard, un peu moins bien équipée. Nous avons pu tester la Paperslate Pro. Tient-elle toutes ses promesses ?
Fiche technique
| Modèle | Paperslate Pro |
|---|---|
| Dimensions | 168,2 mm x 6 mm |
| DPI | 203 ppp |
| Stockage extensible | microSD |
| Mémoire interne | 64 Go |
| Autonomie (selon constructeur) | 7 jours |
| Type de connecteur | USB Type-C |
| Poids | 430 g |
| Couleur | Noir |
| Apparence | Metal |
| Indice de protection | IPx8 |
| Fiche produit |
L’exemplaire de ce test nous a été prêté par la marque.
Design
La Paperslate Pro arbore un châssis en aluminium intégralement noir, pour un poids de 430 grammes. Au bout du bras, elle se fait clairement sentir. Si les finitions sont bonnes et le design sobre, la tablette manque un peu… d’élégance. Ceci est peut-être dû aux larges bordures qui encadrent l’écran. Elle mesure 23,3 mm de longueur, 16,2 mm de largeur et 6 mm d’épaisseur

Mais en dehors de ça, on ne peut pas vraiment lui faire de reproches. Elle est suffisamment fine, et les boutons sont bien placés. Pour une tablette e-ink, c’est tout à fait classique.

Sur la tranche supérieure se trouvent tous les ports et boutons : le port USB-C pour la recharge, un slot pour une carte microSD, le haut-parleur, et le bouton de déverrouillage.

La tablette vient avec un stylet, qui m’a pour le moins surprise. À mon sens, il fait malheureusement un peu cheap car le plastique est de piètre qualité. Cette impression est renforcée par son format réduit et sa grande légèreté en main : autant de points qui font qu’il n’inspire guère la solidité et ressemble plus à un jouet.
Paperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
Le stylet à côté d’un stylo classique et du stylet reMarkablePaperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
Ce stylet gère 4096 niveaux de pression. Il est vendu avec une mine inusable et une mine souple (3 mois d’utilisation). On apprécie en revanche la présence d’une gomme (un bouton en plastique au sommet du stylet) et d’un bouton sur le corps pour surligner, ainsi qu’un clip. En effet, ce stylet ne dispose pas de batterie et ne s’aimante pas sur le bord de la tablette. La housse (ou le clip !) est donc indispensable pour ne pas le perdre.
Toujours côté châssis et design, la Paperslate Pro a quelque chose que ses concurrentes n’ont pas : une certification IPX8 qui la rend étanche.
Écran
L’écran est bien blanc, les contrastes sont plutôt bons, rendant la lecture agréable. Ses points forts s’arrêtent malheureusement là. Si la définition en elle-même est de 1600 x 1200 pixels, la Paperslate dispose d’une résolution de 200 DPI, ce qui est, il faut le dire, peu élevé pour une tablette de ce type. Généralement, on est plutôt sur du 300 DPI. Le rendu s’en ressent : crénelage visible sur les traits droits quand on utilise le stylet, et textes peu définis dès que l’on zoome un peu.

Le point qui m’a le plus gênée est la rémanence de l’écran. L’actualisation de l’affichage est réglable au choix, soit désactivée, soit rafraîchie toutes les 1, 5, 10, 15 ou 20 actions. Comme la rémanence est très forte (c’est-à-dire que vous voyez en filigrane la page que vous venez de quitter sous l’actuelle), on est tenté de régler cela à une action. Sauf que l’actualisation fait clignoter l’écran en négatif, ce qui est pénible à l’œil si cela intervient toutes les secondes…
Dernier point, positif celui-ci : le rétroéclairage, qui est très réussi et fin, et qu’il faut saluer. Vous pouvez en effet choisir d’ajouter via deux réglettes du rétroéclairage chaud ou froid, très précisément.
Eclairage chaud sur la Paperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
Eclairage froid sur la Paperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
Stylet
Bien que léger en main, le stylet fournit de bonnes sensations d’écriture. Le revêtement de l’écran est bien lisse, la glisse de la mine est bien fluide. La mine souple est la plus agréable pour écrire, mais la mine inusable est honnêtement tout à fait utilisable aussi. La réactivité est plutôt bonne, la prise de notes est ainsi agréable. Pas grand-chose à redire de ce côté.
Performances et fonctionnalités
La Paperslate Pro, tout comme sa petite sœur, est munie de 2 Go de RAM DDR4 et d’un processeur RK3566 (1,8 GHz). 64 Go de stockage sont disponibles, extensibles via carte microSD.
Côté fonctionnalités sans fil, elle est plutôt bien munie, compatible avec le Wi-Fi 2,4 GHz et 5 GHz, ainsi que le Bluetooth 5.0. On note la présence surprenante d’un haut-parleur : une exception sur le marché des carnets numériques.
Un haut-parleur, oui. Mais où sont les boutons + et – pour régler le niveau sonore ? Ou à défaut, la réglette de son logicielle dans le menu rapide ? Absolument rien n’existe pour régler le son.
Ayant installé l’application de livre audio Audible, j’en ai lancé un pour tester ce fameux haut-parleur. Ça fonctionne, sauf que le niveau sonore est si faible qu’il est très difficile d’entendre quoi que ce soit. Et en l’absence de réglage sur la tablette, ni sur l’app Audible, c’est tout simplement inutilisable. On conseillera de connecter des écouteurs en Bluetooth…
Logiciel
C’est le gros point fort différenciant de ce bloc-notes numérique : il tourne sous Android (dans sa version 11).
Vous avez ainsi accès au Play Store. C’est notamment pratique pour accéder à l’ensemble de la suite Google, notamment Google Docs, Drive, Agenda, etc. Le navigateur de base fonctionne bien, j’ai également installé Opera Mini. Si les chargements sont certes lents, ce qui n’a rien d’étonnant, cela dépanne et permet par exemple de lire des articles de presse.
Paperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
Paperslate Pro // Source : J.R. pour Frandroid
En revanche, si vous pouvez effectivement installer la majorité des applications du Play Store, ça ne veut pas dire pour autant qu’elles vont fonctionner correctement. Ainsi, YouTube et Spotify ont planté à chaque fois au bout de 20 secondes d’utilisation : impossible de lire une vidéo ou une musique. Cela arrive aussi parfois au Play Store.
Ce type d’événement illustre le souci majeur de la Paperslate Pro : sa lenteur, due à son manque de puissance. Si la navigation de base dans la tablette est déjà peu fluide, les choses se compliquent encore lorsque l’on veut utiliser une application. L’appareil souffre de nombreux ralentissements, voire de bugs, tant et si bien qu’il faut vraiment s’armer de patience par moments.
Il vous sera en outre difficile d’utiliser une autre application de notes que celle intégrée nativement. JNotes et Sketchbook, respectivement pour la prise de notes et le dessin, sont tout simplement inutilisables. Il se passe en effet une bonne seconde entre le moment où vous tracez un trait et celui où il s’affiche à l’écran. Dommage pour une tablette qui met en avant la possibilité d’utiliser les applications de son choix.
Prises de notes et fonctions IA
La tablette permet de prendre des notes très simplement, via l’onglet « Note » du menu en bas de l’écran. Là, vous pouvez créer vos carnets et les organiser.
Si vous créez une nouvelle note, un document s’ouvre. Vous avez le choix entre le feutre, le stylo, le crayon et le surligneur, ainsi qu’entre du jaune, du vert, du bleu et du rouge en plus du noir. Bien sûr, l’écran n’étant pas en couleurs, ces dernières ne se verront qu’à l’exportation. L’épaisseur du trait se règle quant à elle via une réglette précise.

Ensuite, vous pouvez exporter votre note sous trois formats différents au choix : en manuscrit PDF, ou bien en retranscription numérique (via IA), aussi bien en PDF qu’au format Word. Pour avoir testé avec plusieurs textes, la transcription IA de l’écriture manuscrite vers dactylographiée est très efficace : je n’ai relevé aucune erreur. Notez que l’IA peut aussi transcrire des formules mathématiques, ou encore des diagrammes.
Fonctions liseuse
Vous pouvez aussi consulter des PDF, ainsi que des ebooks. Le format ePub est notamment pris en charge. L’application FBReader est installée nativement et vous permettra de lire vos différents fichiers. La navigation entre les pages se fait sans trop de lenteur. Bien pratique aussi, la possibilité d’installer Google Docs et donc d’avoir accès à vos fichiers textes synchronisés entre tous vos appareils.

Autonomie
La tablette dispose d’une batterie de 3 200 mAh. La promesse de la marque est d’une semaine, donc moins que ses principaux concurrents. Cela s’explique facilement par l’utilisation d’Android, un OS bien plus énergivore que KindleOS et reMarkableOS. Si l’autonomie en soi est respectée (entre 5 et 7 jours) et honnête, la Paperslate souffre d’un petit problème : la perte de batterie en veille. Ainsi, si vous ne l’utilisez pas pendant une ou deux semaines, il y a de fortes chances pour que vous la retrouviez complètement à plat.
Côté recharge, la tablette a mis 2h30 pour passer de 0 à 100 % avec un chargeur de 20 W.
Prix et disponibilité
La Paperslate Pro est disponible à 429,95 euros, uniquement en coloris noir.
La Paperslate classique (non étanche, pas de rétroéclairage, mémoire de 32 Go) se vend quant à elle 349,95 euros.