TEMOIGNAGE. Violences policières à Carcassonne : "Il voulait juste récupérer son téléphone portable et a été balancé au sol comme un sac"... Le frère de la victime sort du silence

l'essentiel Hamza, le frère de Youssef, 29 ans, violemment plaqué au sol par un policier lors de la Fête de la musique, à Carcassonne (Aude), se dit très choqué par les images virales qui tournent sur internet. Bien que le décès ultérieur de Youssef ne soit pas lié à cet incident, les proches de la victime réclament des sanctions pour faire en sorte que cessent ces violences. Une enquête IGPN est en cours.

Comment réagissez-vous à ces images de votre frère qui ont fait le tour des réseaux sociaux ?

Hamza : J'ai découvert ces images sur les réseaux sociaux, en même temps que tout le monde entre ce vendredi 11 et samedi 12 septembre. C'est extrêmement choquant pour notre famille. Nous sommes aujourd'hui sept frères et sœurs, une famille unie et tout le monde est sous le choc. Quelques jours après cette scène, le 21 juin 2026, notre frère Youssef, 29 ans, nous avait parlé de ces violences qu'il avait subies. Lors d'un repas de famille, il nous avait dit qu'il avait été bousculé par un policier. Mais il ne voulait pas nous inquiéter. Il a minimisé.

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Quel était le contexte au moment des faits ?

Lorsqu'il est balancé au sol, mon frère ne représente pas de menace. Il n'est pas excité ni énervé, ni armé. Toutes les personnes sur place à ce moment-là disent la même chose sur le contexte. C'est la Fête de la musique, une personne se plaint du bruit ou du tapage, lors d'une belle journée vers 15 heures, à l'extérieur.

Les violences ont eu lieu vers 19 h 30. Ils étaient chez un ami, il y avait une enceinte pour la musique. Des policiers sont arrivés par rapport à des nuisances sonores. Les syndicats de police disent que mon frère a été violent avant la séquence filmée. Or mon frère n'était pas un violent, il fait 50 kg, il était alcoolisé ce jour-là.

Des violences non légitimes selon vous ?

En fait, les policiers nationaux veulent faire cesser la musique et éteindre l'enceinte. Mon frère demande à une policière, devant lui, s'il peut récupérer son téléphone portable qui est branché à l'enceinte. La policière lui aurait répondu par l'affirmative. Il s'avance, sans démarche agressive mais avec une allure un peu chaloupée. Un policier se dirige vers lui et se jette sur mon frère pour le plaquer violemment au sol, sans aucune raison. J'ai déposé une plainte au commissariat de Carcassonne. Juste avant cette scène, la compagne de mon frère criait et il l'avait calmée après avoir été lui-même violenté par ce policier.

"Mon frère n'était pas toxicomane, ni SDF"

Votre frère est mort quelques jours plus tard, mais le parquet de Carcassonne n'établit aucun lien avec cette scène, qu'en pensez-vous ?

Il n'y a aucun lien entre le décès de mon frère, quelques semaines plus tard, et cette scène. L'autopsie a révélé un arrêt cardiaque pour cause indéterminée. Mon frère n'était pas toxicomane, ni SDF. Mes parents vivent dans un petit village, non loin de Carcassonne et dans cette maison mon frère avait sa chambre. Il était domicilié chez ma sœur, à Carcassonne, mais il vivait un peu en marge tout en gardant le contact avec nous. Il est décédé lors d'une partie de pêche, dans un camping. Le lendemain, il ne s'est pas réveillé. Il avait soigné une addiction à l'alcool.

Qu'attendez-vous de la justice aujourd'hui ?

On espère que ce policier national soit sanctionné pour ces violences. Et que cela serve de leçon pour ne pas que cela se reproduise. Toutes ces violences doivent cesser. On ne demande pas que ce policier aille en prison car cela ne changera rien et cela ne ramènera pas notre frère en vie. Et cela va peut-être priver des enfants de voir leur père. La justice fera son travail.