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  • 2026-07-24 05:10:00 +0000 UTC

    Jul 24, 2026

    Témoignage. « Le camping était méconnaissable » : leurs vacances basculent dans le chaos après un orage de grêle

    Ce qui devait être une agréable semaine de vacances en famille au bord du lac de Garde, en Italie, s’est transformée en cauchemar. En juillet 2023, Nastassia, habitante de Chens-sur-Léman (Haute-Savoie), séjourne avec son mari et leurs deux filles, âgées de cinq et huit ans, dans un camping de Peschiera del Garda. La famille s'y trouve depuis deux jours lorsqu’un violent orage de grêle s’abat : « Vers 23 heures, les premiers grêlons ont commencé à tomber, puis ils sont rapidement devenus énormes, certains avaient la taille d’une balle de tennis », se souvient-elle. À l’intérieur du mobil-home, le vacarme est assourdissant. « Je me souviens encore du tout premier impact. À cet instant, j’ai compris que ce n’était pas un orage comme les autres. Ce bruit est resté gravé dans ma mémoire. »

    Très vite, les cris des autres vacanciers se mêlent au fracas de la grêle : « J’entendais des hurlements dehors. Je n’ai jamais su exactement ce qui se passait, mais ces cris résonnent encore dans ma tête aujourd’hui. » Prise de panique, la mère de famille pense immédiatement à ses enfants : « L’une de mes filles dormait juste sous une fenêtre. Je l’ai prise dans mes bras et avec mon mari nous nous sommes tous les quatre réfugiés sous un lit superposé. J’étais terrorisée », raconte-t-elle. Lorsque l’orage cesse enfin, le spectacle est saisissant : « Le paysage était irréel. Des centaines de voitures étaient dévastées, les pare-brise pulvérisés, les carrosseries criblées d’impacts. Certains mobil-homes avaient leurs vitres brisées et le camping était méconnaissable. » Son mari se rend à la réception du camping pour faire le point sur la situation. Il découvre que plusieurs vacanciers ont été blessés.

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    « Le visage en sang »

    « Certains avaient le visage en sang. Plusieurs étaient sous tente lorsque la grêle est tombée et n’avaient eu aucun abri pour se protéger. En réalisant cela, j’ai pris conscience que la situation avait été encore plus dramatique pour d’autres », se remémore Nastasia. Pour la famille, pas de blessures mais des dégâts matériels : sa voiture, achetée seulement six mois plus tôt, est gravement endommagée. « La vitre arrière avait explosé, le pare-brise était entièrement fissuré, les rétroviseurs cassés. Des grêlons avaient traversé l’habitacle et il y avait des éclats de verre partout. »

    Les impacts des grêlons ont détruit la voiture de la famille. Photos DR

    Les impacts des grêlons ont détruit la voiture de la famille. Photos DR

    Mais au-delà des dégâts matériels, c’est surtout le sentiment d’impuissance qui marque encore Nastassia, encore plus dans un pays étranger, dont elle ne parle pas la langue. « Le camping était complètement dépassé. Il n’y avait pratiquement aucun matériel à disposition, pas même un aspirateur pour retirer les morceaux de verre pour que nos filles puissent voyager sans risque de se couper. » La famille improvise des réparations de fortune.

    Un traumatisme encore présent

    L’aide viendra finalement… d’autres vacanciers. « Des familles néerlandaises nous ont prêté du gros ruban adhésif, des sacs-poubelle très épais et même un aspirateur. Je n’ai jamais oublié cette solidarité. » Une pensée continue encore aujourd’hui de la hanter. « Quelques heures auparavant, nous étions en voiture avec nos filles en rentrant du zoo. Si l’orage avait éclaté à ce moment-là, nous aurions été sur la route » et les conséquences auraient pu être encore plus dramatiques.

    Les vacances ont pris fin cette nuit-là. Les jours suivants, la famille les consacre aux démarches administratives, aux appels à l’assurance et à l’organisation d’un retour compliqué vers la France. « Nous ne savions même pas si nous pouvions reprendre la route avec un pare-brise dans cet état, sans vitre arrière et avec les rétroviseurs maintenus par du ruban adhésif », détaille-t-elle. Le trajet durera près du double du temps prévu.

    Près de trois ans après les faits, le traumatisme reste intact. « Ce n’est pas seulement la violence de l’orage qui m’a marquée, c’est aussi ce sentiment d’être loin de chez soi, démunis, avec deux jeunes enfants, sans savoir comment nous allions pouvoir rentrer en France. » Désormais, chaque alerte à la grêle ravive les souvenirs de cette nuit. « Le bruit du premier grêlon sur le toit du mobil-home, les cris entendus dans le camping, la peur pour mes filles, les voitures détruites et l’incertitude des jours qui ont suivi sont des souvenirs qui ne m’ont jamais quittée », résume Nastassia. Lorsqu'un orage se pointe, elle prend toutes les précautions possibles. Depuis, la famille n’a jamais repassé de vacances dans un camping.

    2026-07-24 05:10:00 +0000 UTC