TÉMOIGNAGE. "La vie d’avant n’existe plus" : après deux cancers du sein, Carine fait défiler des femmes touchées avant 40 ans
l'essentiel Deux ans après avoir raconté dans nos colonnes son combat contre le cancer du sein, Carine, installée à Aubiet dans le Gers, poursuit sa reconstruction en aidant d’autres femmes touchées par la maladie. Ce samedi 3 octobre, de 15 heures à 17h30, elle organise sur la place du Capitole, à Toulouse, un défilé réunissant des femmes ayant affronté un cancer avant 40 ans, avec un objectif : les aider à se réapproprier leur image et mettre en lumière l’après-maladie.
Deux cancers du sein en quelques années, des traitements lourds et des séquelles qui persistent encore aujourd’hui. Lorsque Carine témoignait dans nos colonnes il y a deux ans, elle racontait déjà un parcours marqué par la maladie. Aujourd’hui installée à Aubiet, dans le Gers, elle tente de transformer cette épreuve en moteur pour les autres. Avec son association, Toutes des Wonder Woman, elle accompagne des femmes touchées par le cancer et s’apprête à porter son plus important projet, un défilé organisé ce samedi 3 octobre, de 15 heures à environ 17h30, sur la place du Capitole, à Toulouse.
Son histoire débute à 36 ans, en plein confinement. En mars 2020, Carine sent une boule dans son sein. Mais, raconte-t-elle, son âge conduit d’abord son médecin généraliste à écarter la nécessité d’une mammographie. "Je n’ai pas été écoutée, donc je me suis battue pour mon diagnostic", se souvient-elle. Après plusieurs mois, elle est finalement prise en charge en urgence en décembre 2020. Commence alors une succession de traitements, notamment des chimiothérapies qu’elle décrit comme particulièrement difficiles à supporter.
Dans cette période, Carine peut compter sur ses proches. Une présence qu’elle juge essentielle et qu’elle tient désormais à rappeler lorsqu’elle évoque la maladie. "On emmène tout notre petit monde avec nous dans la maladie et dans toutes les épreuves", insiste-t-elle. Parents, conjoint, famille, "sans eux, on ne pourrait pas faire grand-chose."
"La vie d’avant n’existe plus"
Quelques années plus tard, une nouvelle forme de maladie survient. Lors d’un examen de contrôle, des microcalcifications sont découvertes dans son autre sein. Carine raconte avoir de nouveau insisté pour obtenir des examens supplémentaires, malgré un premier avis qui se voulait rassurant. Une intervention est finalement programmée et une tumeur de deux centimètres est découverte.
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"J’étais au fond du seau parce que la deuxième fois, c’est plus difficile. La première fois, on découvre. Mais la deuxième, on n’a vraiment pas envie d’y retourner parce qu’on sait où on va", confie-t-elle.
Aujourd’hui encore, la Gersoise vit avec les conséquences de ses traitements. Elle souffre notamment de douleurs neuropathiques et reste suivie par un centre antidouleur. Pour elle, c’est aussi l’un des aspects les moins visibles de l’après-cancer. "Une fois qu’on a terminé les traitements, les gens pensent que ça y est, c’est derrière nous. On reprend notre vie comme avant. Mais en fait, la vie ne sera plus jamais comme avant. La vie d’avant n’existe plus."
C’est justement cet "après" qu’elle veut désormais accompagner. En juin 2023, entre ses deux cancers, elle crée son association. L’une de ses premières initiatives consiste à confectionner des "soutiens box", des pochons contenant différents produits destinés à apporter une aide précieuse aux patientes. Avec l'aide du club des aînés de son village, de marques, de pharmacies et d'autres partenaires, une cinquantaine ont notamment été distribuées dans un service de chimiothérapie. Et aujourd'hui, cette association lui a même permis d'organiser un défilé sur la place du Capitole, à Toulouse. Sur le podium, des femmes ayant été touchées par un cancer avant leurs 40 ans.
"Pouvoir se sentir belle, c’est hyper important"
Contactée par nos soins, l’Assurance Maladie rappelle que les perruques et certains accessoires capillaires peuvent être pris en charge pour les adultes et les enfants ayant perdu leurs cheveux temporairement ou définitivement en raison d’une maladie ou de son traitement. Depuis le 1er janvier 2026, quatre classes de perruques totales ont notamment été créées, avec des prix limites de vente définis. Certaines prothèses capillaires partielles et certains bonnets capillaires figurent également parmi les dispositifs pouvant être pris en charge.
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Concernant d’autres produits de confort, comme certains cosmétiques ou vernis au silicium utilisés pendant les traitements, l’Assurance Maladie précise qu’ils ne bénéficient pas d’un remboursement direct par le régime obligatoire. Les décisions en matière de prise en charge sont établies au niveau national, selon une procédure encadrée, et ne relèvent donc pas des caisses locales.
Cette question de l’image a conduit Carine à s’interroger sur la prise en charge des accessoires capillaires. Forte de son expérience et des échanges avec d’autres patientes, elle estime que certaines femmes se sentent plus à l’aise avec des turbans ou des franges qu’avec une perruque. "Pouvoir quand même se sentir belle, c’est hyper important, mais les perruques sont souvent moins prisés que les franges et turbans, plus simples à porter", souligne-t-elle, plaidant pour une prise en charge davantage adaptée, selon elle, aux besoins exprimés par les patientes. Un témoignage qui résonne particulièrement en ce début d’Octobre rose, alors que plusieurs marches et trails sont organisés dans le parc du conseil départemental du Gers.