TDAH : malgré la hausse des prescriptions de Ritaline, ce trouble reste sous-diagnostiqué en France
L'Assurance maladie tire la sonnette d'alarme : en Île-de-France, les prescriptions de méthylphénidate ont explosé ces 4 dernières années. Plus connu sous le nom de Ritaline, ce médicament est prescrit aux personnes atteintes d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Par Victor Dhollande Publié le vendredi 16 octobre 2026 à 13:30
La France a longtemps été réfractaire à l'utilisation de la Ritaline. Si le recours à ce médicament est aujourd'hui en forte hausse, c'est aussi parce que l'on partait de très bas. Dans un courrier adressé aux médecins, l'Assurance maladie explique que le nombre de patients traités par méthylphénidate, plus connu sous le nom de Ritaline, a bondit de 122 % en quatre ans en Île-de-France, et même de 142 % chez les adultes.
Pour Anna Boctor, pédiatre à Vence (Alpes-Maritimes), la hausse des prescriptions de méthylphénidate ne signifie pas nécessairement que le traitement est trop utilisé. Cela est surtout dû à un meilleur repérage de ce trouble du neurodéveloppement, longtemps sous-diagnostiqué en France. "Il y a une vraie problématique de sous-prescription de la Ritaline, alors que pourtant, dans les recommandations pratiques et dans les données de la science, le méthylphénidate fait partie du traitement de première intention du TDAH", souligne la présidente du syndicat des jeunes médecins.
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Le méthylphénidate, commercialisé notamment sous le nom de Ritaline, est un psychostimulant qui agit sur le cerveau pour aider les personnes atteintes d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) à mieux se concentrer. "C'est quelque chose qu'on connaît pas encore très bien, la recherche avance énormément, [...] donc on est assez humble vis-à-vis de ces troubles, en tout cas ce qu'on peut constater, c'est que beaucoup de gens en souffrent, et malheureusement la prise en charge n'est pas encore adéquate en France", explique Anna Boctor.
Le manque de professionnels formés au diagnostic
En principe, la première prescription doit être établie par un médecin spécialiste, comme un pédiatre, un neurologue ou un psychiatre. Or, l'Assurance maladie relève que, dans un cas sur cinq, la Ritaline n'est pas prescrite par l'un de ces spécialistes. Pourquoi ? Selon Anna Boctor, le principal obstacle reste le manque de professionnels formés au diagnostic et à la prise en charge de ces troubles. Les difficultés d'accès aux spécialistes, mais aussi les idées reçues et les craintes entourant le traitement, contribuent à laisser certains patients sans réponse adaptée.
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La pédiatre rappelle que la prévalence du TDAH est estimée à environ 5 % chez les enfants et à 3 % chez les adultes, avec un risque de sous-diagnostic particulièrement important chez ces derniers. « Quand on part de rien, 122 % de rien, ce n'est pas non plus énorme », résume-t-elle.