Suarez sort un nouvel album et sera en concert à Mons le 5 novembre 2026 : "J'ai envie que les gens dansent tout de suite"
Marc Pinilla n'arrête jamais. Entre ses créations personnelles et celles avec son groupe Suarez, le chanteur belge affiche un beau palmarès. Après son EP, "Reset", sous le nom de Sennen Bay, sorti en février 2006, il revient avec Suarez pour un nouvel album.
"Pour la première fois, il n'y a pas une chanson que je n'aime pas dans un disque qu'on fait. Dans tous les autres, il y avait un compromis. Ici, aucun." Marc Pinilla, chanteur de Suarez, est fier du sixième album de son groupe qui fêtera bientôt ses 20 ans.
Marc Pinilla, chanteur de Suarez, se réinvente en anglais avec Sennen Bay: "De 15 à 27 ans, je chantais uniquement en anglais"Suarez propose 10 chansons au format pop taillé pour la radio
D'amour et d'aléas sortira ce vendredi 11 septembre. Au menu : dix chansons dont la moitié ne dépasse pas les trois minutes. Un format pop taillé pour la radio, pour un disque qui vous promène à travers un kaléidoscope de genres musicaux chers à Suarez.
Un disque qui met aussi fin à une longue période de silence – ou presque – puisque le précédent opus du groupe date de… la pandémie.
Il a mis du temps à arriver ce nouvel album…
"Cinq ans, oui. Mais en cinq ans, il y a quand même eu des singles chaque année. On n'a pas arrêté. Cependant, il était temps de faire un album d'une dizaine de chansons qui raconte une vraie histoire. Un album, c'est quand même indispensable même si on vit à une époque où on consomme les titres un à un. Ça donne plus de consistance au projet et c'est nécessaire pour faire du live, pour nous renouveler. En ajoutant au répertoire une chanson par an, on finit par tourner en rond. Dix nouveaux titres dans un répertoire, ça bouscule toutes les habitudes. Ça nécessite du travail, de se remettre en question, de trouver des nouveaux sons. On se réinvente."
Le Fernel'Music Festival s'installe au château de Fernelmont ces vendredi 28 août et samedi 29 aoûtCe disque de Suarez n'interfère pas avec ton projet solo Sennen Bay qui n'a qu'un an ?
"Mon projet solo n'est pas mort, je joue encore avec. Il me permet de respirer un peu. Parce que Suarez, ce sont beaucoup de paramètres : je coordonne, il y a une équipe, le live, le spectacle, de nombreux fans, des commandes d'albums… En fait, c'est une petite entreprise. Sennen Bay aussi, mais en mode petit épicier du coin. C'est plus cool."

Quel a été le déclic pour ce nouvel album de Suarez ?
"Le déclic est récent et Sennen Bay en fait partie. Il s'agissait, avec ce projet solo, de faire la musique que j'aime avant de chercher à faire de la musique efficace, formatée ou un copier-coller de ce qui a marché. C'est une démarche pulsionnelle, juste le plaisir de faire. Avec Suarez, on en est arrivé à un stade où après cinq albums, on a des automatismes. On se dit 'qu'est-ce qui marche à la radio ?', parce qu'on a grandi avec la radio. Il faut faire une chanson où il y a un kick (coup de grosse caisse, NdlR) sur le temps, où ça tape, avec du tempo, un gros refrain, etc. Sennen Bay m'a fait prendre conscience qu'on peut prendre vachement plus de plaisir à ne pas penser comme ça et juste faire des chansons qui nous font vibrer."
Surprise à Saint-Georges: 350 spectateurs ont pu découvrir le nouvel album de Suarez lors d'un show case privé… et nous y étions (photos)C'est-à-dire ?
"On a commencé un autre processus de création : faire de la chanson française en se faisant vibrer sur la musique et sur le texte. Les chansons sont venues comme ça, une à une. On a retrouvé d'anciennes chansons qui ne nous faisaient pas vibrer il y a quatre ou cinq ans et qui, finalement, aujourd'hui, nous parlent. On a construit un album autour d'une thématique précise qui est l'amour. Mais l'amour qui est bousculé. Par le passé, c'était souvent : 'je t'aime, je suis passionné. Et puis, 'je te quitte'. Ici, c'est plus complexe. C'est l'amour cabossé, mais l'amour quand même et qu'on a envie de vivre."
Vous vous êtes adjoint un fameux casting de paroliers !
"Barcela, c'est le copain de toujours. Il y a aussi Vincha qui a écrit 'Dingue' et 'D'amours et d'aléas. On avait fait 'La vie devant' avec lui, il y a quatre ou cinq ans. C'était avant qu'Helena n'explose. C'est Quentin Mosimann qui me l'avait présenté. Je lui avais demandé s'il ne connaissait pas quelqu'un de la nouvelle génération, mais qui avait mon âge et avec qui on pourrait travailler. Il y a aussi Bensé qui est un chanteur qui a un gros tube. Quand on a démarré, il y a 18 ans, il était dans la même maison de disques que nous. On a écrit une chanson qui est ma préférée de l'album, 'Elle court'."
Quels concerts aux Wallo 2026 à Namur? Mustii, Puggy, Fatal Bazooka parmi les têtes d'afficheIl y a aussi la présence de TeddyBear, le talent qui explose en ce moment. Belle pioche !
"Oui, je sais. Sauf que TeddyBear, pour moi, c'est Jules qui, il y a six ans, habitait à 2 km de chez moi et dont le père est mon meilleur ami. Avec Jules, on a écrit la chanson quand il commençait à griffonner des textes sur des bouts de papier. Il vient chez moi et je lui dis 'Si tu veux, écris pour Suarez et je vais t'apprendre comment moi je procède dans l'écriture'. 'Sequoïa', c'est le fruit d'une séance d'exercice encadré de Jules qui n'était pas encore TeddyBear."
Quel flair…
"Non, je connais mes limites et je rencontre des gens qui ont la capacité de faire des choses vachement mieux que moi. Je n'ai pas la prétention d'être le meilleur dans tous les domaines. Dans l'écriture, certaines personnes ont des fulgurances que je n'ai pas. C'est le cas de Jules, de Vincha. Je trouve ça tellement riche de pouvoir collaborer avec des gens qui te font rêver."
Cet album est très court, à peine plus d'une demi-heure. Pourquoi ?
"Suarez a toujours écrit pour la radio. Est-ce un bien ou un mal, je n'en sais rien. On écrit des chansons courtes. Et moi, mon cerveau a été lobotomisé par ce format. J'ai grandi avec la radio qui me faisait rêver quand j'étais ado. J'attends le refrain avec impatience. C'est comme sur scène, j'ai envie que les gens dansent tout de suite. Peut-être que cette urgence se calmera avec le temps…"

Ce nouvel album existe parce que vous voulez vous produire sur scène, c'est sa raison d'être ?
"Il n'y a que sur scène que tu te rends compte que tes chansons parlent aux gens. De chez toi tu ne peux pas savoir. Tu reçois des petits cœurs, 'j'adore cette chanson', 'merci pour cet album'. C'est cool mais ce ne sont que des messages, tu ne vis pas la sensation de l'autre, il n'y a pas le partage. J'ai un souvenir imprimé dans ma tête. C'était lorsqu'on a sorti notre deuxième album, L'indécideur. À l'époque, je ne me rendais pas encore compte du phénomène qu'il représentait. Il a été le switch entre 'on est un groupe qui marche bien' vers un groupe qui fait un disque d'or. Une semaine après la sortie du disque, on fait l'Ancienne Belgique qui est pleine à craquer. Je monte sur scène et on a décidé de commencer par une petite ballade de l'album, une chanson anecdotique, le dixième titre sur le disque. Mais toute la salle connaissait les paroles. Là, je me suis dit que les gens vivaient avec ce disque, qu'ils avaient une relation avec lui, qu'ils l'ont écouté et qu'ils en connaissent déjà les paroles. J'ai la vidéo de ce moment chez moi, je ne l'ai jamais publiée nulle part."
Autre particularité de votre nouvel album : il n'y a pas de reprises, contrairement aux disques précédents. Pourquoi ?
"Il n'y en a pas parce que je n'ai pas trouvé qui s'imposait. Il me plaît tellement comme ça cet album que je n'ai pas trouvé la reprise qui donnerait un sens supplémentaire ou une valeur ajoutée à quelque chose que je trouvais abouti."
Suarez en concert : le 5 novembre au Théâtre Royal de Mons, le 7 novembre à l'OM à Liège et le 8 novembre au Whalll à Woluwe-St-Pierre.
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