Strasbourg. Kalachnikov, grenades : un trafic d’armes démantelé au Neuhof : onze interpellations
Le 12 octobre 2026, onze personnes étaient interpellées sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy, dans le cadre d’un important dossier de trafic d’armes.
Les investigations avaient débuté suite à la découverte par une patrouille de police, dans une cave du quartier du Neuhof à Strasbourg, de plusieurs armes, dont un fusil d’assaut de type Kalachnikov, un pistolet-mitrailleur, plusieurs centaines de cartouches de tout calibre, ainsi que des produits stupéfiants.
La direction de l'enquête était confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée du service interdépartementale de police judiciaire de Strasbourg, avec l’assistance du GIR de Strasbourg. Une information judiciaire était initialement ouverte au tribunal judiciaire. Au vu de la grande complexité des faits, le magistrat instructeur strasbourgeois se dessaisissait au profit de la JIRS de Nancy.
Fusils d’assaut et grenades
Les investigations ont mis en évidence de nombreux achats d’armes à l'étranger, à destination de l’agglomération strasbourgeoise.
Une partie étaient revendues à des individus déjà condamnés, en particulier pour des faits de trafic de stupéfiants. Le 12 octobre 2026, une vaste opération de police judiciaire était menée par 70 personnels des DCOS de Strasbourg et de Mulhouse, du GIR de Strasbourg, des BRI du Bas-Rhin et de la Moselle et du RAID, assistés par des démineurs et en présence d’experts en armes des laboratoires de police scientifique de Lille (Nord) et d’Écully (Rhône).
Neuf individus de 26 à 74 ans présentés au juge
Il était procédé à onze interpellations et à de nombreuses perquisitions. Les personnes interpellées étaient suspectées d’avoir pris part au trafic d’armes, en tant qu’importateurs, acheteurs ou revendeurs, pour partie sous couvert d’une activité légale.
Les perquisitions conduisaient à la saisie de stocks d’armes et de munitions particulièrement importants, notamment des armes de poing et d’épaule de toutes catégories ainsi que de grenades. Une partie de ces armes avait été acquise par un individu sans antécédent judiciaire. D’après les premières investigations et ses propres déclarations, ces armes n’avaient pas vocation à être revendues.
À l’issue des gardes à vue, neuf hommes, âgés de 26 ans à 74 ans, étaient présentés au juge d’instruction et mis en examen des chefs notamment d’importation en bande organisée d’armes de catégorie A, d’acquisition et cession en réunion d’armes de catégorie A et B, de blanchiment aggravé et de participation à une association de malfaiteurs. Six ont été placés en détention provisoire et trois sous contrôle judiciaire.