Stationnement payant à l'hôpital : des tarifs trop élevés pour les patients et leurs familles, une aubaine financière pour les CHU

l'essentiel Comme d'autres hôpitaux avant lui, l'hôpital de Brive (Corrèze) va mettre en place un stationnement payant sur un de ses parkings. Les établissements de soins veulent rendre l'accès plus facile pour les patients mais aussi engranger de nouvelles recettes.

Pour venir se faire soigner, il faut payer. De plus en plus d'hôpitaux mettent en place un stationnement payant pour les patients et leurs familles. La mesure, qui peut choquer pour un établissement public, s'étend en France depuis plusieurs années. L'hôpital de Brive (Corrrèze) va céder à son tour aux sirènes du parking payant.

"On ne pouvait pas continuer comme ça", asssure à La Montagne la directrice délégué de l'hôpital Sandrine Berger. La mise en place du parking doit favoriser la rotation des véhicules, éloigner les voitures ventouses et libérer des places à proximité immédiate des services de soins. Quel que soit l'hôpital, le discours est à chaque fois le même. L'hôpital de Brive a investi 90 000 euros pour aménager les bornes de paiement et les barrières qui seront mises en service courant septembre. Sur les 646 places de stationnement que compte l'hôpital, 109 vont devenir payantes.

Caisse automatique du CHU Purpan à Toulouse.
Caisse automatique du CHU Purpan à Toulouse. DDM archives

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Le stationnement payant s'étend

Le CHU Pellegrin de Bordeaux a été le premier CHU en France à mettre en place un stationnement payant en 2012. D'autres CHU ont suivi : Toulouse dès 2017 à Purpan et 2022 à Rangueil, Montpellier, Nîmes, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Brest, Nancy, Dijon... Puis des hôpitaux ont suivi la tendance comme Avignon, Epinal, Cambrai, Lorient ou Le Mans par exemple. Néanmoins, un quart des CHU et près des trois-quarts des centres hospitaliers proposent un parking totalement gratuit, selon la Conférence dees directeurs généraux de CHU.

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Un prix qui peut vite devenir salé

Les prix de stationnement varient d'une ville à l'autre. A Bordeaux, où la société privée Indigo les a augmentés le 1er janvier 2026, la première demi-heure est gratuite, l'heure est facturée 4 euros, la journée 17,40 euros. A Toulouse, où le CHU a repris la main sur ses parkings en 2023, les patients ont un tarif unique de 1,80 euro. Pour les visiteurs, la première heure est gratuite, puis 1 euro par tranche de 10 mn avec un plafond de 30 euros par jour. Des forfaits spéciaux existent en cas de venue régulière. A Brive, les deux premières heures seront gratuites puis seront facturées 40 centimes toutes les 20 minutes.

Une loi pour encadrer le parking payant à l'hôpital 

Début 2026, une proposition de loi socialiste a suggéré d'imposer la gratuité des parkings des établissements publics de santé pour les patients et les personnels hospitaliers, et une période de gratuité pour leurs visiteurs : au moins 2 heures gratuites et un tarif de 15 euros maximum par jour. La proposition de loi a été adoptée en première lecture. Elle a ensuite été déposée au Sénat le 3 avril dernier et poursuit son parcours législatif. Aura-t-elle le temps d'être proclamée avant la fin du quinquennat en 2027 ?