Sortie ciné. Oklahoma Honey : de miel et de fiel dans un western déjanté

Andrew Patterson change l’or en miel et s’en va butiner du côté du western, avec un soupçon de film noir sans sucre, pour dégainer son Oklahoma Honey, pas piqué des hannetons.

Au début, ça berne, ça chante, ça joue des coudes de l’amitié et de la musique, quelque part dans le sud profond de l’Oklahoma, jamais loin du folklore et du pittoresque. Matthew McConaughey, redneck rustre plein d'énergie et de sympathie, nom de personnage Amziah King, apiculteur et musicien dans un groupe de bluegrass de campagne, joue de la mandoline et du banjo, avec un groupe d’amis et voisins.

Concert sans cadre sur le parking d’un fast-food, qui vous fait taper des pieds. C’est chouette, vachement sympa, joyeux et insouciant comme une soirée à la belle étoile, et l’acteur du Texas épatant ne fait pas semblant, à l’aise en vrai musicien. D’autres séquences musicales, comme improvisées, donnent des envies de sauter dans l‘écran de la fiction.

McConaughey épatant

C’est bien beau, la musique, mais le miel s’en mêle, se vole, se trafique, les truands fondent dessus comme des abeilles affamées dans un guêpier en or massif. L’oseille, c’est connu, ça fait perdre la tête et parfois, même, la vie. Bref, fini de chanter à la cool, le scénario sort les flingues et dézingue la raison, braque du côté du thriller méchant, du film de casse, avant de se ranger (curieusement) dans un tout autre registre, finalement plus sentimental et nostalgique.

Il fait, il faut bien le dire, retomber la sauce saignante qui baignait l’histoire d’une férocité jubilatoire. Comme si Andrew Patterson d’un seul coup avait changé d’avis, renoncé à la folie meurtrière des cupides, à son scénario burlesque. Il se range sur un chemin plus convenu, en envisageant les retrouvailles d’Amziah avec une gamine qu’il avait accueillie chez lui quand elle était enfant placée en famille d’accueil (Angelina LookingGlass, très bien par ailleurs). C’est charmant, touchant, mais quand même bien moins marrant.

Reste Kurt Russell dans le rôle du roi de l’apicole, magnat du miel, son pétrole doré à lui, pour nous faire divertir encore avec un personnage qu’on aurait très bien pu croiser dans la galerie des zozos déglingués, bas du front, du cinéma des frères Coen. L’acteur sous le Stetson du retors Dob McCoy, vieille canaille décontractée et dangereuse, crapule corrompue, machiavélique, redonne du fil à retordre au scénario et enfin, du chaos qui tue.

Oklahoma Honey d’Andrew Patterson, en salle dès ce mercredi 19 août. Durée : 2 h 10